Las Novas del Uéreige
N'oici les principaux chefs d'hérésie relevés par l'inquisiteur : 1° L'enseignement populaire; les hergers dogmatisent dans les bumons. — 2® Le l)aptôme spirituel, administré sans eau, sans sel ni chrême. — 3° La négation de l'Eucharistie, et du pouvoir du prêtre qui, même souillé de vice et de sang, peut, dit-il, d'une parole sainte, faire des- (îendre par force, le corps du Christ, tel qu'il s'offrit sur la croix. — 4® L'incompatibilité du mariage et de la perfection cathare, thèse qulsarn réfute sans s'apercevoir qu'il combat contre le célibat monastique. — 5® La spiritualité des corps dans le ciel : l'Albigeois n'admet pas la résurrection; mais il croit que Tâme prend une chair nouvelle, en quoi Sicard paraît moins éloigné qu'Isarn du corps spirituel dont parlé saint Paul. — (>' L'identité des âmes et des anges qui tomibèrent, dit-il, comme une pluie du ciel. — 7° Enfin, la formation de l'homme et de l'univers par le démon. Isarn, comme son collègue de Toulouse, confond le Siiiuu albigeois avec le Satan catholique. Prince et principe de la distinction, Lucibel est Tauteur des formes passagères, un agent, sur la terre, et bientôt dans le ciel un Ami de Dieu *.
Isaru est un poétastre et un théologastre de couvent. Il ne comprend pas cette haute et subtile théologie alexandrine. Cependant il cite saint Paul. le riche apôtre, et parle de saint Jean comme du premier évangéliste, celui qui vole le plus haut dans le ciel,
1. Lucibel n'est le formateur des cho.ses que voluntate et iiMfM DeL Art. Mongiscard.
Sa poésie est plate et brutale, une poésie de bourreau. Le tragique argumentateur insulte son adversaire, l'appelle menteur, larron, et lui montre le bûcher qui s'allume. Ce brasier apparaît toujours ii l'horizon de chaque strophe. Son poëme, dans sa platitude barbare, est néanmoins d'une très-grande valeur historique. Toutefois, il n'est pas impossible qu'il ne soit une fiction, une sorte de manuel en vers de conversion, et une espèce de roman de la torture et du bûcher. Il restera toujours incroyable que Sicard, un archidiacre ou évêque de l'Albigeois, s'avilisse jusqu'à solliciter le rôle de délateur anonyme, et de mouche obscure de l'inquisition, en face de cet éclatant spectacle des deux cents martyrs de Montségur. Quoi qu'il en soit, le vengeur du Figueyras de Castres, c'est le Figueyras dr Toulouse, dont nous entendons rugir l'ïambe immortel : Romat
Le fougueux frère Ferrier, inquisiteur de Carcassonne, vint en aide à ses collègues de Toulouse, et transféra son tribunal à Limons, un foyer de patriotisme, où il cita les peuples du Lauragais oriental *. C'est alors que périrent probablement Gérald de Caraman, évêque, et sa femme Géralda de la Tour, diaconesse, expulsés des manoirs hospitaliers des fils d'Inxpéria.