Bardini chronica
SeO LES ALBIGEOIS ET L'INQOlSlTIONv
rébellion ou de félonie. Tel est l'arrêt sévère dont Philippe inaugura cette abbaye de Poissy; ôblation royale envers la papauté que Nogaret tâchait aussi de fléchir en mettant sa tombe chez les Jacobins de Paris *. •
Barravi et du Verger retournent à Toulouse. Les trois Ordres sont convoqués pour délibérer sur les volontés du roi. Trois commissaires royaux représenteront le monarque à cette assemblée qui va décider de la résistance ou de la soumission du Languedoc. Amanieu d'Armagnac , archevêque d'Auch, et Bernard de Farges, primat de Narbonne, présidaient la chambre du clergé. Améric, vicomte de Narbonne, et Béraud de Mercœur présidaient la chambre des barons. Guilhem du Moulin et Améric deCastelnau présidaient la chambre des bourgeois. L'archevêque était un de ces Armagnacs qui avaient lutté contre Philippe le Hardi. Amanieu, tout ré* cemment encore, avait recueilli Pons de Boussac et les consuls rebelles de Toulouse : le Président dominait la chambre ecclésiastique. Le vicomte de Narbonne avait dans le cœur toutes les lâchetés et versatilités de son trop célèbre bisaïeul ; mais son vice-président Béraud, de la poétique et chevaleresque maison à^ Mercœur, était un baron patriote dont rénergique indépendance entraînait la chambre nobiliaire. Enfin Gastelnau et du Moulin ^talent deux tribuns parfaitement secondés par les instincts séditieux de la chambre plébéienne. Rien d'étonnant, ajoute le chroniqueur, si, accablé par