‹ Histoire des Albigeois (volume 5)Chapitre 221 sur 323 · Bardini chronica · texte numérisé non relu

Bardini chronica

M) LES ALBIGEMS BT L'INQUISITION

sespéré de Toulouse, de l'Aquitaine» de la nationa* lité romane ; lamentation séculaire qui s'élève des forêts, des cavernes, des sépulcres, des oubliettes de l'inquisition, et des abîmes mêmes des Immurati qui font entendre. lejir plainte étouffée, montant des entrailles de la terre aux portes du Gastel-Karbonnais, aux pieds mêmes du roi capétien.

Philippe donne audience aux orateurs des cités : ce sont Délicios, Patris, Garcia, Probi, Fransa, Gastanet, Estèbe, juge royal d'Albi ^ Le vidame d'Amiens les introduit, et commence Texorde de cette accusation et de cette plainte nationale. Mais Guillaume de Peyre, ancien chapelain du roi, et maintenant provincial de l'inquisition de Toulouse, récuse Pecquigny comme excommunié. Probi s'avance alors ; il plaide pour Albi, il accuse Bernard de Gastanet en lutte avec les consuls, en lutte avec les citoyens. En trois mois, cet évêque rapace a fait incarcérer trente notables comme hérétiques, bien que parfaitement orthodoxes. Leur hérésie était uniquement le refus de redevances illégales à ce tyran sacerdotal. — Au renfort de l'àpre orateur s'élance Garcia, syndic d'Albi. De l'évéque il passe aux inquisiteurs. Il décrit les tortures des captifs. Aux tortures ils ajoutent les calomnies. Ils calomnient les victimes, innocentent les traîtres, trompent le monarque. Délicios était derrière le courageux syndic, et tout à coup l'interrompant : Maître Arnaud, s'écria-t-il, nommez le calomniateur. Dites au roi : G'est frère Nicolas, votre oonfes-

Page 1