‹ Histoire des Albigeois (volume 5)Chapitre 237 sur 323 · Mahui, cart. de Garcas · texte numérisé non relu

Mahui, cart. de Garcas

3i0 LES ALBIGEOIS ET L'LVQUISITION

vautours aux potences royales de Carcassonne * ? Pendant que Patris était attaché au gibet, son ami, le vidame d'Amiens, expirait en Calabre. Pecquigny, nous l'avons vu, était allé en Italie dans le dessein d'en appeler au pape. Les inquisiteurs de Toulouse l'y suivirent pour l'accuser devant Benoît XL Ce Pontife, banni de Rome, résidait à Pérouse. Le vidame arriva dans cette ville avec ses calomniateurs. Le jour de la Pentecôte, il voulut assister, dans la cathédrale, à la messe pontificale. Benoit XI était sur son trône sacerdotal. Piétro de Braïda, son maréchal, assistait le Pontife. Dès que Pecquigny entra dans la basilique, le vieux pape l'aperçut et, furieux, s'adressant à Braïda : « Chassez, s'écnia-t-il, ce patarini »Le vidame est expulsé de l'église ; il sortit de Pérouse, et traîna de ville en ville l'anathème pontifical. Il se réfugia dans le royaume de Naples où régnait une dynastie consanguine et vassale de la France. Dans son exil il apprit la mort de Benoît XI, son juge, et celle de son accusateur, Guillaume de Peyre. Mais la vacance du saint-siége retardant sa réhabilitation, accéléra sa mort. Il n'eut pas le temps d'attendre l'élection d'un pape aquitain. Il mourut de désespoir en Calabre, martyr de la justice et de l'humanité. La nouvelle de sa mort arriva en Languedoc le lendemain du supplice des consuls (29 septembre). Il fut comme le quinzième martyr de Carcassonne. Le

1. Libertés et coutumes de la ville de Limous. Deux or» donnances de Philippe le Bel , datées de Poissy, 15 août

peuple le pleura ; les franciscains d'Albi célébrèrent une messe pour l'infortuné baron, et Bernard fit son oraison funèbre aux cordeliers de Paris. Jehan de Pecquigny, dit un contemporain, était un chevalier sage^ loyal et très-gentil j expert dam la foi catholique. Mais son catholicisme, ennemi de Dominique, était de la nuance de Johan d'Olive et de Délicios. Les dominicains s'acharnèrent sur sa mémoire. Us dirent que le noble excommunié était mort sans prêtre, sans sacrement, et comme un maudit. Quoi qu'il en soit, son hérésie fut l'humanité, sa sympathie pour la grande infortune romane. Voilà pourquoi nous inscrivons son nom dans le martyrologe du Paraclet. Que notre hommage attendri soit doux à ses généreuses cendres, exilées aux confins de l'Italie, dont le sépulcre est ignoré, mais qui furent probablement recueillies dans quelque monastère de Joachim de Flore *.

OÉLICIOS, SEd DBBNIÈRES LOTTES, SA CONDAMNATION, SA MOIT.

Toutes les colères de Philippe et de Clément V se réunirent alors sur la tête de Délicios, le dernier survivant de la conjuration romane. Au mois de novembre, pendant le supplice des consuls de limons, le grand captif fut conduit à Lyon pour que

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