‹ Histoire des Albigeois (volume 5)Chapitre 247 sur 323 · Viollet-Leduc · texte numérisé non relu

Viollet-Leduc

3i4 LES ALBIGEOIS ET L'LNQUISITION

espéré de Carcassonne, est mort. Les juges lèpressent, ils ne peuvent vaincre ses réticences, ils man- • dent l'official de Limous, Hugues de Badafeuille. et le chargent de mettre Bernard à la torture. L'official, toutefois, ne tortionnera pas le frêle vieillard jusqu'à lui rompre un Biiembre ou lui arracher l'âme. Délicios est emmené ; des greffiers le suivent; le tourmenteur instrumente; le vieillard disloqué reste muet. Mais le lendemain, ramené sur son banc, les os brisés^ Bernard fait de lui-même, avec simplicité, avec sérénité, le récit de la conjuration : son entretien à Nîmes avec don Fernand, son accord à Carcassonne avec Patris, son message vers l'infant à Pla-del-Cos. Il n'en est pas le chef, mais le mandataire tardif. Au surplus, il s'en est expliqué devant Philippe le Bel et Clément V. Il a été absous et par le monarque et par le pontife. Que prétend donc maintenant l'Inquisition *?

Quant au troisième chef d'accusation, l'empoisonnement de Benoît XI, Bernard le repousse avec indignation, avec horreur. Mis de nouveau à la torture, il n'avoua rien, ni avant, ni pendant, ni après * les tourments. Son plus âpre tourment ne fut ni la tortion, ni Textortion. Les témoins sont appelés : ce sont ses anciens amis ; les consuls, les syndics, les citoyens dont vingt ans il fut le chef et Toracle. Nous les connaissoQs tous : Garcia, Probi, Fransa, Delpech, Fenassa, Bauderia, Amat, les deux Marsend ; tous ses complices, sous la terreur, cherchent leur salut, en chargeant, hélas I le tribun et le mar-

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