Frédéric Soullé
renfermaient les grottes de Gabanac, cellules cathares, le château de Dun, séjour de la pieuse comtesse Philippa, et du diacre Peyrota de Clermonti et enfin Peyréla qui donnait son nom au châtelain célèbre de Montségur. Le diacre Peyrota était probablement de la maison de Peyréla ; Peyréla semble une branche illustre du clan duPeyrat, et le Peyrat formait l'extrémité orientale de TAcarnaguès, le pays des rochers. Ce nom peint admirablement ce petit territoire agricole et pastoral, pittoresquement jeté au pied des grandes montagnes et des forêts. C'est de là que nos pères furent expulsés par la croisade. On les retrouve au xiv* siècle à Tarascon, au XV* à Mazères, au xvi* au Carla-le-Comte, au xvii« dans la vallée de TArise. Voilà les haltes de leur migration. Ces exilés s'éloignèrent sans doute en pleurant, car ils donnèrent le nom du sol natal au coteau du Caria qui regarde Montségur. Ce champ de faidits a son histoire. Il passa par une femme dans la maison de Bruguière,' d'une famille capitulaire, branche des Joanis de Toulouse. Jeanne de Bruguière le porta en dot au ministre Bayle. Il devint ainsi l'héritage d'un autre grand proscrit, Pierre Bayle, l'illustre philosophe, l'Érasme du Refuge. Joseph, son plus jeune frère, reçut le surnom de ce champ maternel et de notre antique et commun berceau de l'Olmès*. Nous disions avec le psalmiste : Advcna ego sum apud
1. Joseph Bayle(duPeyrat)mourutàParis(1684) précepteur des jeunes Dusson^ ûls du marquis de Bon nac^ descendant d'Esclarmonlé d'Alion, ami de Racine etprotecteurde Jean-