Baziège
:l. De garric, chône, cliênuie.
de Pons et de Bertran d'Alaman, de Pierre de Got, de Ramon Escot, les noms les plus glorieux *.
Alors (les Thébaïdes sauvages florissaient de chevalerie, d'indépendance, de sainteté. Les buissons y germaient les roses du pur amour, etlesgenôts, les lis de la chasteté; leur horreur se parfumait des vertus et des grâces platoniques Le Bien-aimé s'était enfui (lans Ifs antres des lions et des léopards. Maintenant ces édens sont des enfers, on n'y entend que le«î abois des chiens qui chassent des chrétiens, les sifflets stridents et sinistres des traqueurs de cathares qui se répondent de distance en distance sous les bois, et les fanfares féroces des veneurs du comte quand ils ont découvert un repaire de Saints, une tanière de Consolés qui, à travers les insultes et les blasphèmes, marchent paisiblement à la mort, en soupirant: i4u commencerait/ était le Verbe, il était la lumièie^ il était la vie.
Détournons un instant nos regards de ces horreurs sauvages pour les reposer sur un des centres pacifiques de la samteté johannite. Après le Mas, après -\vignonet, après Laurac et Fanjaus, une des métropoles du catharisme en Lauragais c'était Montesquieu. Montesquieu était le berceau des Villèle; ils étaient cinq frères, tous aIl)igeois, ainsi que Ava, leur mère, et leurs femmes* Elis, Irlanda, Lombarda. Bernard de Montesquieu, l'aîné, rece-' vait dans son manoir féodal les évoques et les diacres les plus renommés, B. de la Motte, Bertrand d'Eii-Marti, Bonafos. Bernard mourut entre leurs
t. Uist, (U( Lang.. n 11. cl noies, liv. XXV, pag. 16.
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mains et fut enseveli dans leur cimetière. Na Elis sa veuve continua de s'entourer des Amis de Dieu; elle en cacha un trois ans dans ses tours ; à la fin le frisson du bûcher saisit B. Bru qui résolut de se rendre à l'inquisition. Na Elis, connaissant que ces déserteurs devenaient autant de délateurs entre les mains des dominicains, fit poignarder l'apostat. L'énergique Na Élis et Bernard de Montesquieu, fils de son mari, furent incarcérés à Toulouse *.
Montesquieu était comme un phalanstère albigeois. Les cathares y avaient un cimetière, un temple, des ouvroirs: on y comptait au moins six maisons d'hérétiques , mélange de l'oratoire, de l'école et de l'atelier. Arnauld Caboset et Pons de Grasac tenaient un magasin de cordonnerie. Ils fabriquaient et vendaient des chaussures, et tout en coupant leurs cuirs, ils faisaient de la morale et de la théologie. C'est probablement à cause de la puanteur des peaux que l'un d'eux soutint que Dieu n'avait pas fait cette corruption, et que l'incorruplibilité était le caractère de Tœuvre de Dieu ^.
C'est Pierre Picot ou Pegot d'Avignonet, un de leurs ouvriers, qui raconte ce fait. Ce Picot était un des guides habituels des Amis de Dieu. Béren- .i^ère de Gavarret partait pour être brûlée à Toulouse. La pauvre mère envoya ce messager vers sa fille, qui demeurait à Montgiscard, pour qu'elle vînt à son passage recevoir le baiser d*adieu. Je ne voulus pas la voir, dit aux inquisiteurs cette