‹ Histoire des Albigeois (volume 5)Chapitre 41 sur 323 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

raient que de ûuît, et rentraient avant Taube dans leurs forts inconnus. Quand les cors sinistres» les aboiements des limiers , les vociférations des traqneurs retentissaient sous les bois, les johannites éperdus se blottissaient dans les entrailles de la terre. Cette tempête aboyante qui passait sur leur tdte prenait dans leur imagination un caractère fantastique. Elle se confondait avec quelque souvenir druidique, et le pâtre des Pyrénées croit entendre encore des hurlements de chiens dans les vents d'hiver et les fanfares farouches des chas- 5;eurs traquant des âmes plaintives dans les nuées. Il appelle cela les chasses du roi N'Artus, mêlant à la légende fabuleuse du monarque celte cette histoire trop réelle de Ramon VII, prince proscrit aussi, dépouillé, indiciblement malheureux, mais éternellement cher à son peuple dont il partage le mystérieux martyre*.

Une autre tradition populaire se rattache sans doute aux mômes événements. Il paraît qu'on fit nettoyerles bois, arracher les broussailles, pour ôter aux faidits et aux cathares leurs repaires dans leurs inextracables fourrés d'épines. Cette besogne fut confiée à un certain Bernard, probablement le chasseur du comte qui, dans ses nouvelles fonctions, gagna le surnom de YEspinasser, ou coupeur de buissons. Les proscrits dont il détruisait les derniers refuges, ajoutèrent à son titre une sorte de gloire patibulaire, et ceignant son front d'une couronne de ronces, firent de leur bourreau Me

Page 1