‹ Histoire des Albigeois (volume 5)Chapitre 53 sur 323 · Montfaucon, t. II, pi · texte numérisé non relu

Montfaucon, t. II, pi

mente, un drame effrayent. G'eet, comme dans la tragédie antique, une chasse : on entend les abois, le son des cors. Mais c'est une chasse à l'homme et à Tesprit humain, ordonnée par Rome ivre, exé* entée par un prince effaré, dont son propre peuple est la proie, déchiré lui-même par ses chiens, et qui perdu dans la nuit, égaré dans la tempête, meurt fou, entouré de donjons remplis, de sépulcres vides, de bûchers flambants, et de spectres errants dans cette réverbération de l'enfer. Quel horrible et pathétique drame I C'est la vision funèbre du vieil Alighieri. Des hauteurs de ce siècle, Dante crut, dans son épouvante, entrevoir les cercles lugubres des royaumes sans soleil et sans espérance. La même horreur saisit l'historien qui parcourt, après six cents ans, ces orbes de douleurs, ces spirales de désespoir. Plus d'un lecteur qui s'aventure avec nous dans ce martyrologe ressentira ce généreux frisson. « Toi qui veux me suivre, endurcis ton cœur, c'est nécessaire », dit le magnanime historien de l'inquisition espagnole au xvi^ siècle ^

1. Obdurescat ergo.,. JiHmannm cor... necesse est. « Inquisîtionis hispaaics&artes. •— A Beginaldo Gonsalvio Montano.

— Maixiti, in sedibus Lâetilias opfus miBstissimum excusum.

— Ouvrage iniinituent précieux que je dois à l'obligeance de M. le pasteur Nogaret, de Bayonue.

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