‹ Histoire des Albigeois (volume 5)Chapitre 66 sur 323 · Hist, du Lang,, t. VI, pr · texte numérisé non relu

Hist, du Lang,, t. VI, pr

90 LES ALBIGEOIS kT L'INQUISITION

VOIT D8 BLAXCBE DE CASTILLB. ^ LK8 FAIDITS D OlIENT. — RETOUft DD 101. — L« FRANCISCAIN d'iSiÈIIBS. — tlIQOÈTB SOI LU BIK9I8 COXFIS- Q0É8 DES VAID TS. — k6V0I.1I DBS iTÈflOIS D'ALBI.

La vieille Blanche de Gastille mourat entre le retour d'Alphonse et celuî^uroî*, reine superbe, femme virile, mère dominatrice, épouse incertaine, parente inhumaine, chrétienne effroyable, mais dignede son siècle. Elle continua Philippe-Auguste, suppléaet supplanta Louis YIII, éleva, remplaça, absorba saint Louis, domina la maison royale, dompta la révolte des barons de France, poussa le royaume jusqu'aux Pyrénées, dépouilla les comtes de Toulouse et de Garcassonne, étouffa la nationalité romane, rÉglise cathare , et la dynastie de Saint- Gélis, et sur cet amas de décombres fumants fonda solidement la grandeur française. Aucun monarque capétien n'a fait pour la France autant que cette Castillane qui figure à merveille dans le groupe sombre et Tœuvre sanglante de ses contemporains. Elle est la sœur de Dominique, Montfort, Innocent III, Grégoire IX, et la patronne cruelle de l'Inquisition. La mort donne le secret de la vie et notre plus éloquent symbole c'est notre tombeau. Blanche mourante échangea son manteau fleurdelisé contre la robe de (Mteaux. Elle mourut tranquille, à ce

i. Joi ri ville.

qu'il paraît, dans ce pâle suaire, avec la croix rouge sur sou cœuf , teinte du sang d'un peuple. Elle avait fixé sa tombe, non pas à Saint-Denis, mais dans Tabbaye de Maubuisson , et finit ainsi en reine, en nonne et en Espagnole *.

Les comtes de Toulouse et de Provence, Alphonse, doué de la douceur de son père, et Charles, pétri de la dureté farouche de sa mère, gouvernèrent le royaume. Ils mandèrent la triste nouvelle au roi qui depuis cinq ans continuait sa laborieuse et stérile croisade en Orient. Les derniers mois de son séjour en Syrie sont signalés par les exploits des faidits pyrénéens. Comme le roi marchait d'Acre sur Sidon, il résolut de prendre la ville de Bélinas, assise au pied de T Anti-Liban, avec son château de Subeibe, sur le mont Panion, à l'endroit même où d'une grotte jaillit, comme de son urne, la source visible du Jourdain. Une portion de l'ost français, en gravissant la rampe hérissée de roches du donjon, fut presque enveloppée par les Turcs. Olivier de Termes dégagea ses compagnons qu'on .croyaitperdus en simulant une fuite vers Damas, et en attirant de ce côté les Sarrasins. Puis éperonnant vers la cité, et coupant sur le bord du fleuve des roseaux dont on fait des flûtes , il en remplit les tubes de feu, et regagna le camp latin en incendiant les blés et les repaires des Musulmans. Joinville, que, l'on croyait mort et qui ne dut la vie qu'à cet ingénieux stratagème, loue vivement cette prouesse chevaleresque d'Olivier de Termes ^. C'est à Sidon

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