‹ Histoire des Albigeois (volume 5)Chapitre 79 sur 323 · îbid · texte numérisé non relu

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rond très-nombreux, on trouve Sioard de Boissezon, héritier légitime de Lombers, et qui dans cette insurrection avait sans doute espéré de recouvrer son poétique manoir. Enfin voici les transactions de révoque et du roi. L'évêque eut la haute justice d'Albi ; le roi partagea la basse avec l'évêque. Le roi et l'évêque eurent par moitié les confiscations. Ainsi saint Louis mit la main sur une large part des trésors accumulés par Durand. Il reprit à Tévêque de Garcassonne la forêt de la Loubatière sur la Montagne-Noire. Il arracha, nous l'avons vu, plusieurs châteaux à l'archevêque de Narbonne. Nous allons voir ses démêlés avec l'évêque de Rhodez.

LIS CAPTIFS DE MONTSÉOCR. — LES fOÊTES NATIOffAUX. — l'IERRE CARD^AL.

C'est ainsi que saint Louis exécuta la recommandation du moine d'Hyères : Fais droit à ton peuple l II fit rendre gorge k Tépiscopat, mais au profit de la royauté. Il seconda toujours l'inquisition *. Il ne rendit rien, ou que des débris insignifiants, de ses vastes larcins. Il ne restitua ni Termes, ni Minerbe, ni Cabaret, ni Mirepois. Il garda l'immense spoliation de Carcassonne. Il n'éprouva aucun remords de l'indigence des Trencabel, de la destruction de

1. Ibid., pr. 115. Inquisitoribus... curetis... Opus carceruiu... faciatis.

la maison de Toulouse. Rome, sa complice, en répondait devant Dieu. C'est ainsi que l'àme la plus pure, la plus tendre, la plus candide, la plus religieuse, gardait son angélique sérénité parmi toutes ces horreurs, effroyablement perverti par la complicité tacite de son intérêt royal dans les sanglantes exécutions de la théocratie romaine. Et l'on conçoit que le moine provençal n'ait pas voulu se charger de la conscience pieusement ppoliatrice et saintement meurtrière du monarque capétien.

Mais si le roi de France ne rendit rien des domaines confisqués, il rappela pourtant les fugitifs non coupables, et même relâcha les détenus non dangereux. L'inquisition ordonnait toujours la construction de nouveaux murs, de plus vastes tours, de plus immenses forteresses. Mais la pierre manquait au nombre des prisons, et les cachots à la multitude des captifs. Force était de renvoyer les enfants, les femmes, les vieillards, non par miséricorde, mais par nécessité. C'est ainsi que nous pensons que furent enfin relâchés les survivants des faidits de Montségur. Ils gémissaient depuis quinze ans dans les tours de Garcassonne. Ramon de Perelha , Berenger de Lavelanet, Arnauld-Roger de Mirepois étaient morts certainement dans les basses-fosses de la Mura. Mais leurs filles, leurs gendres, leurs écuyers, leurs serviteurs vivaient encore pour la plupart. Un jour, ils virent s'ouvrir les portes de leurs tours ^ On les conduisit dans l'église de Saint-Nazaire, et après

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