Dom Vaissette, t. VI, pr. 142, p
ment rendu une partie de leurs domaines du Lauragais, non-seulement à P. Roger de Mirepois, mais encore à Isam de Faujaus, son cousin, et à Othon de Lille (de Fanjaus), frère de Guilhem, ce pieux et vaillant chevalier tué devant Montségur. Bernard de Durfort, héritier de son frère Âdhémar, était encore seigneur de Rodeilla, de Ganté, d'Unzent, et partageait le domaine de Saverdun avec les fils du fameux Ârnauld de Villamur.
Le chef de l'antique maison de Bélissen laissa plusieurs fils, nés à Montségur. Pierre-Roger l'aîné lui succéda dans ses domaines des alentours deFoix. Esquiou le second fit la guerre en Espagne. Un troisième hérita du nom et des terres de son grandoncle Isarn deFanjaus. Il épousa Miléta, fiUè uni* que de Guilhem d'Asnava, dans le Sabartez. Us avaient encore de vastes domaines dans le Nébousan (Haute-Garonne). Isarn n'eut qu'une fille, et mourut probablement cathare vers la fin du siècle. Il n'est du moins pas question de lui dans le legs que fit Miléta, pour le salut de son âme et de celles de son père, de sa mère et de sa fille, aux dominicains, dans le couvent desquels elle avait choisi sa sépulture à Saint-Gaudens. Leurs domaines passèrent à Ramon Arnauld d'Aspel, de la maison de Commenges *. Pierre-Roger de Mirepois avait encore un fils ou filleul connu sous le nom enfantin de Pérou,
1. Dom Vaissette, t. VII, add. de Du Mége. Pierre sépulxrale de Miléta. Miléta par sa mère était nièce dlUonora, femme de Loup de Foix.
iU LES ALBIGEOIS BT L'iSIQUÎ^ITION
diminutif oaressant de Rocaféra. Férôu parait avoir été le même que Pierre de Mirepois, seigneur de Gabrespina. La roi lui confisqua, ses deux château, Cabrespina et Rocaféra. Féroa Técut en faidit, d'abord à Montségur, puis dans la Mon^ tagne-Noire. Enfin, il transigea avee le roi; mais il demeura fidèle au. Paraclet. Il expira, tenant ses mains jointes entre lea mains des ministres cathares qui murmuraient sur la tête du moribond : Au commencement était le Verbe * I (1 284.)
Plus d'un quart deaiède après la chute de Montségur, nous trouvons encore cet acte relatif à l'un de ses plus vieux et plus illustres faidits^ : « Sachent tous que nous, frère Etienne de Vartines, de l'Ordre des Prédicateurs , inquisiteur de la méohan* ceté hérétiquei député par Tautorité apostolique dans la province de Narbonne, attendu l'utilité du passage de la Terre sainte, nous absolvons par ces présentes, et tenons quitte Ramon Saodie de Rabat, dsuialeSabartez, diocèse de Toulouse de tous les pèlerinages, visitations et passage d'outre^mer, excepté Tunique Visitation à saint Antoain de Ramiers qu'il sera tenu de faire annuellement, le jour de la £âte de ce martyr ; donné pour sa libération; trente livres tournois, à l'illustre roi de France, assignées en secours pour la Terre sainte. Quant aux autres pénitences imposées audit Ramon Sanche de Rabat, nous n'y changeons rien par la concession de ces présentes , scellées de notre
i. Doali. t. XXVI, p. 241. DéposiUon de Thérin, nolaive du Cubardez.
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sceau. Donné à Garcassonne, dans les calendes de mai 1270 ^ » Ramon Sanche était probablement le père de Guirauld et d'Arnauld de Rabat. Pris à Montségur avec ses fils il fut incarcéré à Garcassonne. Mais Arnauld» moins dangereux,, fut élargi trois ans après (1247) avec un chevalier nommé Guilhem de Larnac Ramenés à Pamiers, leur commutation oâioielle , par le ministère de Bernard de Gancio et de Jehan de Saint-Pierre, inquisiteurs, eut lieu dans l'église du Mercadal, en présence des abbés de Saint-Antonin et de Saint- Volusien et de maître Arnauld de Gamprahan, le docteur pris pour arbitre, quarante ans auparavant, entre les cathares et les catholiques, aux conférences du Gastellar. Ramon Sanche ne fut, à notre avis, libéré que bien plus tard et longtemps après la mort de Ramon de Pérelha (1270). Quand on vit que le vieux faidit ne pouvait mourir dans sa tour, on le relâcha; mais on commua son immuration perpétuelle en ua perpétuel pèlerlaage, et pendant dix ans encore il usa ses pieds sur tous les chemins de l'Europe. Enfin» plus qu'octogénaire, le farouche pèlerin rentra dans ses montagnes ; il avait perdu ses terres de Laurac et de Mirepois» mais il lui restait son manoir de Rabat sur une cime voisine de Tarascon. L'éternel vieillard n'eut plus qu'à descendre de son donjon, la poitrine et le dos marqués d'une gigantesque croix, et pénitent incorrigé, il se montrait tous les ans aux moines de Pamiers^ qu'il rançonnait et qu'il épou-