‹ Histoire des albigeoisChapitre 142 sur 442 · Roger ilo Iloveden · texte numérisé non relu

Roger ilo Iloveden

m HISTOIHB DES ALBIGEOIS

Joachim était né à Gélîco, dans la Calabre. Fils do la grande Grèce, il avait Tesprit mystique .de Pythagore. Jeune encore, il passa T Adriatique, et alla chercher le mysticisme en Gh*ôoe« le gnosticisme en Orient. 11 séjoania dans les monastères da mont Athos» dn Liban et du Sinal. Il en revint avec le goût de FEcritare, l'intelligence des prophéties, et le génie des antiques voyants d'IsradU Moine à Sambneeino, imis abbé dn monastère de Gnrazo, il fonda, dans les montagnes de la Calabre, l'abbaye de Flora, dont il devait rendre le nom immortel, où la règle de Citeaux se mariait au rite oriental. Ses couvents se répandirent sur les deux rives du détroit de Messine, et dans les îles de Lipari. L'objet éternel de ses méditations était l'apocalypse . Son génie s'enflamma sur les cimes de TËtna, des volcans éoliens, dans ses soliloques avec Taigle de Pathmos. 11 rêvait nn dernier kge de l'Église et dn monde, et Tépanonissementde l'Écriture dans nn suprême évangile, supérieur même à celui de Jean, qu'il appelait VÉvangtkéUfmeLJoMÏnm, pàle, ascétique, la robe en loque, avait tout l'aspect d'un voyant. Sa face blême s'enflammait dans l'oraison; à genoux, les mains et les yeux au ciel, il parlait à Jésus-Christ ; il semblait prendre son vol dans les splendeurs comme un séraphin ^*

Tel apparaissait Joachim à ses contemporains. Il se trouvait en Sicile, quand les rois arrivèrent à Messine, au mois de septembre 1190. Richard Coeur

Page 1