Bibl, nftt., inaniisc. P. Vidal
HiSTOiaE DES ALBIGEOIS
tuteur du roi, et régent du royaume de Jérusalem, échappé de la bataille de Tibérlade, était mort de 868 blessures ou de sou désespoir, avant la prise de la cité sainte. Il n'avait point d'enfants, et fut le
quatrième et dernier successeur de Ramon de Saint- Gelis, en Orient. Il légua sa principauté à son filleul, Raraon d'Antioche, du sang de Toulouse et de Poitiers, et qui réunit Tripoli à l'héritage de Boôraond et de Tancrède. Richard y fut attiré par sa parenté royale, par son génie poétique et par les troubadours curieux de visiter cette Toulouse de l'Orient. L'armée se reposa de la mer dans cet Ëden d'orangers, de palmiers et de mjrthes, sous les fraîcheurs par* fumées descèdresde Salomon etdea neiges du Sannin. Ces pèlerins du tombeau de Guilhem et de Sermonda au pied du Ganigou, ne manquaient pas de visiter le poétique et douloureux sépulcre de Rudel et deMélissende, au pied du Liban, De ce nombre furent Pierre Vidal et le tendre PeyroP. Puis le roi continua sa route longeant les côtes d'Asie, et confiant dans l'oracle de Flore; et pourtant les promesses de victoire ne devaient pas s'accomplir contre Saladin. Le lion d'Aquitaine ne délivra pas Jérusalem; il éblouit seulement de sa gloire TOrient; il est vrai qu'il s'attira le courroux du ciel, en dévastant Tlle de Chypre, premier lambeau de la conquête de l'empire grec aimé du cénobite. Des prophéties de Joachim, la seule qui se réalisa, fut celle que contestaient le plus les évéques français. Aux yeux du mystique solitaire, la théocratie romaine qui matérialisait le
i. Sinr. hist.
christianisme, mettait le pied sur la nuque des rois, forgeait et brisait les sceptres^ armait les croisades contre les chrétiens, revendiquait Tempire de Tunivers, substituait le glaive à la parole, la haine à Tamour, la théocratie était l'antichristianisme et le Pontife qoi devait en dtre la personnification la plus snperbe, Lothaire de Gonti, déjà debout sqr les degrés dn siège romain et prêt à s'y asseoir tel qu'on Jupiter tondant, Lothaire, aux yeux de Joachim^ était l'Antéchrist.
On ne peut disconvenir que l'orbe du monde chrétien s'était renversé depuis mille ans ; que la théocratie juive qui avait crucifié le Christ, renaissait eu théocratie romaine qui crucifiait l'Esprit, Gaïfife était au zénith du ciel, et Jésus au Nadir, au tombeau, dans l'enfer^.