‹ Histoire des albigeoisChapitre 165 sur 442 · CHAPITRE VllI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VllI

Innocont III. — Foulrpif"? de Nenîlly. <— Exconinuiniration tl»» Richard et du Ruuiou VI. — Mort de Richard Cœur de Lion.

— De Jehanne d* Angleterre. — D*Âlailal8 de Garcaaeoiuie.

— De Joaobim de Flore. — Bom [dans le doitre et dans Tenfer.

Trois mois après ces f^tes de Toulouse, Innocent III montait sur le trône pontifical. C'est ainsi qu'aiTivaiontcn présence le pontife qni devait déchaîner la croisade, et le monarque salué par l'enthousiasme méridional, roi d'Arles et généralissime de l'Aquitaine et de ralbigéismc. Au fond, cette croisade avait déjà commencé. L'expédition dévastatrice du cardinal d'Albano n'en était que le sanglant prélude, lllh? n'avait été suspendue que par la catastrophe de Jérusalem. Saladin, le vainqueur de Tibériade et de la yille sainte, n'était plus. Son immense empire masalman s'était fragmenté entre ses diz^pt âls et son frère Malec-Adel, Les discordes des Seldjoacides firent espérer aux chrétiens de reconquérir plus facilement Jérusalem et la Palestine. L'armement contre l'Aquitaine fut donc

HISTOIRE DBS ALBIGEOIS.

encore ajourné. Innocent III lit prêcher de noaTean la quatrième croisade contre Tlslani.

Foulques, curé de Neuilly-sur-Marne, en fut le saint Bernard. C'était nn homme scandaleux, devenu subitement nn prêtre riui lo; ignorant, mais d'une impétueuse et rustique éloquence, la voix la plus populaire des Gaules. 11 fut le clairon retentissant de la croisade et recn dans tout l'Occident comme un Ange de Dieu^, Richard , en quittant le port d'Acre^ avait promis, dans son héroïque émotion, de revenir bientôt délivrer la ville sainte. Foulques vint sommer le roi de tenir son vœu de pèlerin et de repasser la mer. Le monarque avait changé de sentiment. Pour lui, le champ de bataille n'était plus en Asie. Richard n'était plus le soldat de la croix, mais le champion de V Esprit, Sa politique se confondait avec la cause d'Arles, de Toulouse, de l'oitiers et du Paraclot. Son ennemi n'était pas Malec— Adel, mais Philippe- Au juste, mais Innocent III.

La croisade dont Foulques tâchait de rassembler si péniblement les éléments ne devait être qu'une aventure conquérante, un orage que le vent allait rouler sur le monde grec. Aussi, aux injonctions impérieuses de Foulques, le Cœur de Lion refusa-t-il avec fierté. Il avait assez fait pour Rome. L'alter^ cation s'irrita. « Sire roi, dit le courageux apôtre, je vous commande, de la part du Dieu tout-puissant, de marier au plas tôt trois méchantes filles que vous avez, de peur qu'il ne vous arrive pis. — Hippocrite, s'écria le prince, lu mens, je n'ai point de tille I

Page 1