‹ Histoire des albigeoisChapitre 207 sur 442 · La mcàn» de llontradon · texte numérisé non relu

La mcàn» de llontradon

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châtelaine de Pontevez, Tane et Tautre d*aDe trôs grande beaotô et d'ane singaliôre valear. ÂladaXâ, mdigiiée,cha88a de sa courle poète coupable d'inconstance ou de sensualité» deox crimes irrémissibles dans la législation da pur amour. Dans son déses* poir, il se retira la cour de Montpellier, où régnait Eudoxie, femme du comte Guilhem VIII, et fille de Manuel Gomnèiie empereur d'Orient, et qu'à cause de sa naissance on appelait Vimpératrice. La Despœna byzantine tâcha de consoler le poète qui lui consacra le dernier parfum de ses vers. De la belle et noble Aladaïs, il était tombé à cette princesse laide, maladive, délaissée de son mari, pour toute béroïne. Il touchait au terme de sa jeunesse et de sa mélodie. Ënûo, il se maria; cbute profonde, irréparable naufrage! Le yoilft noyé pour tovyonrs» par ce saut de Leucade conjugal ^

Hais Foulques était une nature babile, yîvace et

remontante. Tombé par Tamour, il allait se relever par la religion et la guerre, en attendant les massacres. Le Miramolin de Maroc envahit l'Espagne. Alphonse, roi deCastille, est vaincu à la bataille de Galatrava. Ce monarque, dans sa détresse, implore le secours du pape et des princes d'Occident. Foulques, vaillamment, se fait le clairon de cette croisade. 11 parcourt l'Aquitaine en chantant la guerre sainte. Le troubadour eut le bonheur de conduire au roi, son amiyun grand renfort de cbevaliers. Ils repoussèrent l'invasion africaine. Cependant Alada& de Roca*

i. NoftnâamiM, poètes prov., p. 53.

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martina était morte. Le Yicomte Barrai, remarié à Marie de Montpellier, moamt ausBi bientôt après» Le comte Ramon V de Toaloose, le roi Alphonse d'Aragon, le roi Richard d'Angleterre descendent tour à tonr an tombeau. Le troubadour se TÎt seul • sur la terre. Son cœur fut pris d*une profonde mélancolie. Le cloître était le refuge des troubadours vieillissants. Mais Foulques, jeune encore, esprit inquiet, caractère turbulent, c'est l'ambilion mondaine et non le dégoût du siècle qui l'entraînait vers la clôture monastique. Il avait probablement connu saint Dominique en Gastille. A Montpellier, métropole catholique, il avait rencontré les légats romains. En renonçant au monde on arrivait à tout dans le monde. Poussant devant lui sa femme et ses deux fils adolescents, il entra dans Tordre de Giteaux, vers la fin du siècle. Bientôt il fut élu prieur du monastère de Floréja dont le poétique nom convenait à ce troubadour cénobite, et, cinq ans après, il fut appelé, sur la désignation des légats, au siège épiscopal de Toulouse. Son esprit d'intrigue qui l'avait avancé auprès des princes, l'éleva non moins rapidement auprès des légats, les rois de ce siècle. Foulques évidemment fut la créature d'Arnauld-AmalriCy le fiurottche abbé de Giteaux ^.

Pierre de Gastelnau, malade à Vienne, était couché dans son lit lorsqu'il apprit l'élection de Foulques. Il leva les mains au ciel et s'écria : < Tout

1. BiUiotli. nai. Manascrits 2701 et 7285. — Pftraaase oçoitmieit. — Httt. du La&g., t. V, 1. xsi, p. 91.

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BISTOIAE DES ALBIGEOIS

est flaavé puisse Diea donne an tel homme à régllse •deToalonse. » Pierré et Raoul le firent sacrer, non

par Bérenger, archevêque de Narbonne, son sapérieur hiérarchique, mais par l'archevôque d'Arles. Bérenger s'en plaignit au pape ; mais Innocent III, tout en reconnaissant la suprématie de Narbonne, confirma réiection de Foulques, candidat direct du saiot-siège. Le nouvel évéque entra dans Toulouse, le jonr de Sainte-Agathe (ô fév. 1206). C'était an dimanche; il monta en chaire etprôcha sur l'évangile da jour, la parabole de la semence. Il la tronva bien mdlée dans Toolonse. Tonte la ville était remplie de Vandois qu'on appelait ariens, et d'Albigeois qu'on appelait mamichéens, bien qu'ils ne fassent les disciples ni de Manôs ni d^ Anus. Ramon deRabastens était aimé du peuple comme indigène et patriote. Foulques, par son ori«^ine, son élection irrégulière, et ses intempérances de langage et de conduite, fut tout d'abord impopulaire. L'évéché était endetté : Tcx-troubadour prétendait que c'était rœuvre de son prédécesseur; mais les créanciers, qui laissaient Ramon en repos, traduisirent Foulques devant les capitouls. 11 n'osait se montrer en publie ni mÔme envoyer ses quatre mulets à l'abreuvoir de la Garonne. Le comte cependantessaja de vivre avec l'homme qui devait bouleverser sa maison et son peuple. L'Italie lui envoyait cet adversaire; un plus implacable encore, allait» vm le même temps, surgir de l'Espagne ^

1. Bibl. nat. Manuscrits 2701 et 732â« — Pierre de Vm- Gernay. — OuU. de Fuilaurena.

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