Dom VaiMette, V
m HISTOIRE DES ALBIGEOIS
alloDS reproduire le compte renda de la première dont elle ne fut sans doute que la répétition. Le roi demanda à Simorra « 8'il croyait à un seul Dieu toutpuissant, créateur des choses visibles et invisibles, auteur de" la Loi de Moïse et du Nouveau Testament. » Les hérétiques, « après plusieurs sublerfageSy auraient répondu par un blasphème horrible qu'ils reconnaissaient trois Dieux, et même an plus grand nombre, dont l'un, qui était le mauvais, était le créateor des choses visibles et Tantear de la Loi de Moïse. Qoe Jésus n'était qa'nn par homme né d'an homme et d'une femme, Qa'ils avaient nié le sacrement de l'autel et* la résurrection générale, et protesté que la Vierge Marie n'était pas née selon la chair de parents charnels. » Les deux légats les ayant réfuté®, le roi d'Aragon les condamna en pré- • sence de^l'évôque de Carcassonne^
Le roi d'Aragon était nn grand théologien de l'empire d'amour, mais il est douteux que ce hril« lant et chevaleresque prince fut aussi compétent en matière de gnose alezandrine. Le secrétaire de la conférence de Garcassonne n'a pas mieux compris que le scnhe du colloque de Vertfeuil. Il est impos* sible qae les cathares aient dit qu'ils reconnaissaient trois Dieux et même un plus grand nombrcy puisqu'ils confessaient un dieu un, unique, universel, infini, une seule essence divine et une seule substance universelle. Us n'ont pas pu dire que Jésus n'était qu'an homme, puisqu'ils n'admettaient qu'un
i, Pierre de Yaox-Cenuij.
HISTOIRE DBS ALBIOlOlS m
Christ lamineax et éthéré. Mais ils oot pu dire que la mère du Verbe n'était pas Marie, mais Mani» TEsprit, une Vierge oôleeto. Ils ont pu soutenir que l'Archange décha arait produit les formes des. cho86B dont le fonds appartenait an Christ, et que ce principe producteor de la matière l'était ao8Bi.de la loi matérielle des jtdfe comme des cnltès idolâtriquesdes gentils. Par la même raison logique, ils ont nié le sacrement de Tautel et la résurrection des morts.
Mais la conférence la plus célèbre fut celle de Montréal. Ce bourg est construit sur un monticule, Té^^lise à Test, le château à Touest, les maisons sur la déclivité du sud. Le châtelain s'appelait Améric de.Lajarac, très dévoué au catharisme. C'est dans son manoir qne s'engagea la dispute en présence des peuples et des seignenrs dn Rasez et du Lauragais, Les tenants cathares forent &ailiabert de Castres, archidiacre de FanjaSs ; Bénoit de Termes, diacre de Limoox; Pons Jordan, diacre de Vertfeoil, et Ar* naold Hot, diacre de Cab-Aret, dans la Montagne- Noire. Ou s'en remit des deux côtés à l'arbitrage de quatre laïques, Bernard de Villeneuve et Bernard d'Arsens, chevaliers; Bernard de Goth et Arnauld de la Rivière, bourgeois. La discussion roula sur la véritable Éi^lise. L'évôque d'Osma prétendit que l'Église romaine était l'épouse de Jésus-Christ. Ilot répondit qu'elle était la Babylone de l'Apocalypse, enivrée du sang des martyrs; que Tordination catholique n'était ni bonne, ni sainte, ni établie par le Christ; enfin, que la messe n'avait été institoée ni par le Christ ni par les apôtras. L'éyéqoe d'Osma se
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chargea de prouver la foi catholique d'après le Nouveau Testament. Sa thèse n'était pas facile. Pendant quinze jours on débattit le caractère de l'Église sur la hiérarchie et sur les sacrements que les johan- '
* nites réduisaient au seul GODSolament ou baptême de FEsprit. On écrivait les argaments, et tous les soirs les résultats apqois étaient remis aux jnges laïques. « 0 donlenr, s'écrie nn contemporain, que l'Église catholique fat déchue à ce point, parmi les chrétiens, qa*on ne pnt répondre ft tant dWrages que sons le jo^
' gement des laïques! » Les conférences closes, \ei arbitres prétendirent qu'ils avaient à délibérer sur la discussion générale. Ils étaient favorables aux cathares et redoutaient la vengeance des légats pontificaux, de sorte qu'on se sé{:)ara sans qu'ils aient rendu le jugement. Mais leur silence môme fut le triomphe des cathares. Plus tard ils prétendirent que les pièces du procès s'étaient perdues dans le tamulte et le tourbillon de la croisade. Les catholiques se con* solaient en inToqnant la oonTersion inyraisemblable de cent cinquante hérétiqaes. Ils racontaient encore un mirade de Dôminiqne. Ce missionnaire» après la discQssion, rédigea les argnments qu'il avait mis en œuvre et donna la cédnle, pour qu'il la réfutât» à l'un de ses advei^aires. L'Albigeois montra le document à ses compagnons assemblés. Ils s'écrièrent qu'il fallait le jeter au feu, et que s'il brûlait leur foi serait .véritable. 0 merveille, la cédule, jetée une fois, deux fois, trois fois dans le brasier, sortit constamment intacte du sein des flammes. Pourtant, ajoute naïvement le moine, ils ne se convertirent pas. Ils défendirent qa*on divolguM le miracle^ mai8.iincho*
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Talier le révéla dans le monde» et Dominique le raconta Ini-méme an chroniqnenr P. de Vanx-Gemaj.
Or, sans parler de ces hérétiques se chauffant pendant les chaleurs, au lieu d'aspirer, sous un ciel brûlant, la fraîcheur des neiges des Pyrénées, les cathares étaient trop intelligents et trop religieux pour soumettre leur conversion à l'épreuve du feu. Cette anecdote monastique montre néanmoins la supériorité de leur raison sur la crédulité superstitieuse de Dominiqae et de Pierre de Vaux-Gernay ^ (Mai i2ff7.)