‹ Histoire des albigeoisChapitre 262 sur 442 · LB FILS · texte numérisé non relu

LB FILS

1. Après 4,000 ans, enfin, paraît le Christ, lo L()i::os. Il n'est ])oint né d'une !< :tinie. S;i mére n'est point Marie, mais Ja Mani, la Rouah céie-le.

2. Il n'est point né dans une étabie. 6a crèche c'est l'Azur. Si une femme Tavaif cor.çn, il ne serait pas sorti des entrailles, mais de la tète, des lèvres. Non vuhay sed raha Verhi.

3. Mais non, le Fils du ciel <lescend d'astre en astre, avec la majesté d*un Dieu.

4. Pour vivre parmi les hommes, il revêt le voUe de la chair, et prend le nom et la tigure de Jésus, fils de Joseph.

5. Il aj)paraît sous Césnr-Au fruste, il vil sous Tibère, est condamné par Caïphe, llérode, Piiate, le vieux monde juif et romain.

6. Que vient-il faire? Un monde nouveau; un monde de justice, de vérité et d'amour.

7. II vient montrer la Voir perdue, rétablir la Vérité méconnue, ranimer la Ytie expirante du genre humain. (Jean XIV, 6.)

8. Il prôche, auit, Intto, souffre, pleure, guérit, ravive, agonise et meurt sur la croix.

9, Non, un immortel ne peut mourir. Il représente la grande tragédie humaine. 11 reste vainqueur du péché, de la mort, du sépulcre> et les traîne à son char triomphal.

l'esprit.

1. C'est la Roiiali. la Mani, la Mens. Spiritiifi est quod siiiratii,' ,'f a quo th'itur. Le Souille, l'Amour, qui unit le Père «'t 1<^ Fils dans le ciel, opère la fusir»n des ftmes dans 1(> monde.

2. Il est descendu, à la Pentecôte, sur les apôtres et principalement sur le Bien-aimé. Jean a fondé notre Eglise, Jean o'^t n otre patriarche; Pathmos est notre berceau, l'Apocalypse est notre Genèse.

3. Nous avons encore d'autres pères spirituels, le grand Origène, Marc de Mempbis, Priscillien d'Âvila, Pablos d'Arménie, Ërigône d'Irlande, Lisois d'Orléans, Nicétas de Constant inople.

4. Notre Eglise a les vertus du Paraclet. Elle est pure et purificatrice, sainte et sanctitiante, consolante et consolée dans l'exil du momie.

5. Elle est la consolation de l'univei-s. Elle dédaigne le monde, abhorre le sang, éteint l'enfer, convertit Satan, proclame le saiut universel des hommes et des anges.

6. Dieu est esprit et nous l'adorons en Esprit. Notre culte est immatériel. Point de pompes, point d'images, point d'hommes divinisés, point de rites

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de la mort, poiat de spectacles sacrés, ni de théâtres sacerdotaux.

T. Point de monacliisme ni do c^'■Ilobltisnne, point de légendes fabuleuses. L'Evangile pur, et la lleur de l'évangile du Boauerge. Point do villes saintes : ni Homes ni Meckes; surtout point de pontifes^ dieux. Nous abhorrons la théocratie.

8. Nous sommes l'antinomie de Rome. Son nom est Force ^ le nôtre est Charité. Pierre use de l'épée; Jean n'use que de la parole et de l'amour. Rome est l'empire romain sacerdotal ; sçs papes sont des Césars. Innocent 111 est l'antichrist.

0, Jean ne niarcln^ [»'.us avec Pierre. Son compagnon est i'aul. Nous ;iiinons les disciples de Paul do Tiirse, de Pierre de Brueys, d'Arnaud de Brescia. Ils luttent av^c nous dans la tempête. Nous les renfermons comme la nuée du désert contenait le Verbe de Jéhova*.

Telle est la triple ennéade qui compose le Décalogae du Thabor pyrénéen.

Donc, dit ensuite Gaucélis> manithéisnie est mo* nothéùt/ie» Puis, regardant en face ses adversaires^ il ajouta : C'est vous qui êtes dylliéistes et poly théis* tes. Vous adorez Thomme, et vous éternisez Satan. Vous élar^^issez incommeflsurablement l'enfer. Vous le transpurlcz sur Li Ici ro. Dans vos iètes de M(doeli, vous brûlez les A7ni6 de Dieu, Vous noircissez les

l. Vanx-Cernay, Muuiia» Rainériii.

purs et leB consolafcity^s pour les jeter dans les flammes. Toaloase, Orléans, Troye>!, Vézelai, Paris, famiBot encore de vos homicides bûchers. Et mainte* nant, nons le sayons, yons projetez Tembrasement d'un peuple, la conflagration de l'Aquitaine. Vous portez dans yos capuces les tonnerres du Vatican.

Rome, en effet, avait tonné. Innocent III venait do lancorur.o pbilippiqne furibonde contre Ramon VI (20 mai). I/abbé do Cîteaux, son léorar, était allé siiînifiGr i> Toulouso cet. ultimatum foudrovant. Arnauld-Amalric, après son message pontifical, rejoint la conférence dont il augmente les tempêtes. 11 arrive pour fulminer Tanathème. Le colloque se change en tribunal. Les catholiques vaincus s'érigent en juges el les cathares victorieux tomb^^nt au rang d'accusés. Ils sont les révoltés, les justiciables de la théocratie^. Amalric se lève, comme Fange du dernier jugement. Il dit : « An nom du Dieu tout-puissant, de la sainte Eglise romaine , et du bienheureux pontife Innocent, nous vous déclarons hérétiques. Nous vous ôlons le feu et l'eau, l'Eglise et la cité, la terre et le ciel! — Eh, que nous lai^^ez-vous donc? — Le bilclier et l'enfer! Vous êtes livrés au bras séculier. Le comte de Foix est sommi'' d'exécuter les sentences du S iinl-Su'go, sons poine d'ôtre livré, lui, ses peuples et ses terres, au roi de France.

Le prince bondit sur son trône. — Nous en appelons, dit-il, au pape Innocent. — Nous en appelons, dirent les cathares, an Christ, notre pontife, au Paraclet, notre céleste consolateur. — Et nous,

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