‹ Histoire des albigeoisChapitre 335 sur 442 · D. Vaisselle V. XXI · texte numérisé non relu

D. Vaisselle V. XXI

HISTOIRB DBS ALBIGEOIS. I38

Liers, qu'il lui sera facile, non seulement de garder ses conquêtes, mais de subjuguer le pays tout entier sar les hérétiques, excepté Toulouse. Toutefois , il convient qae TÉglise, dont il fait les affaires, contribue aux dépenses de la guerre. Il lui faut de grands secours pour contenir tant de villes, deux cents chàteaux-forts, et le vicomte de Béziers, chef des hérétiques, dans les fers, et pour achever la conquête des terres cathares*. Ils paraissent ne tenir aucun compte des 250,000 pédailles et rihaudailles venus du nord, à moins que le soleil, la fatigue^ la débauche, les vendanges, les pluies d'automne et les flôchesdes faidits des forêts n'en eussent jonché les torrents, comme de cadavres de sauterelles.

Le jeune Ramon-Roger, depuis trois mois, était tenu enchatué dans une basse-fosse du château vicomtal de Carcassonne. Sa vie pesait au légat et à Idontfort. U était un obstacle à la reconnaissance du chef croisé. L'usurpateur n'osait s'éloigner un instant de la cité frémissante. Si le captif se fftt échappé, toute la Septimanie se serait insurgée autour du héros-martyr, sorti comme de son tombeau. « Le comte à cœur de lion demeure à la garde de son prisonnier. » Bientôt après, le vicomte mourut, et de méchants vauriens, qui ne savent ce qui est ni ce qui n'est pas, vont disant qu*il fut occis de nuit par trahison. Mais, ajoute le troubadour contemporain, < pour chose qui soit au monde, le comte ne l'aurait pas souffert, non» par le CSirist du Tonnerre. » Le poète ajoute mélan-

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