‹ Histoire des albigeoisChapitre 96 sur 442 · Nicétas. Nikita. Niquinta · texte numérisé non relu

Nicétas. Nikita. Niquinta

liO HISTOIHË UKS ALBIGEOIS

coalent dans le même lit, mais sans môler lears eanx, comme le Pénée ot le Titarèse, ces fleuves

homériques.

Nous avons raconté les origines des léonistes des Alpes et des Pyivnées'. Nous avons montré Pierre de Hrueys, Ilonri <le Lausanne, Arnaldo de lirescia expirant sur leurs Lùclu^rs ; Al)ailard et la noble Uéloïse agonisant lentement sur les brasiers de leurs cœurs. Dix ans après le supplice d'Ai-nallo, le péirobruséisme a pour chef Pierre Valdo, marchand de Lyon, venu des Alpes. Il donne ses biens aux pauvres et mène la vie apostolique. Il a deux disciples, Etienne de Auza et Bernard d'Ydros. Ils traduisent la Bible. Valdo prêche vingt ans à Lyon et dans les vallées du Rhône et de la Saône. C'est une sorte de Francklin, l'apôlre des bourgeois, l'orateur des canuts. iVoscrit par Estienne de Bellesmains, archevê(jue de Lvon, eundanjué au concile de Vérone par le pape Lucius lli (1181), il se réfugie en France, passe en Allen)ap:ne et, lonp^eant le Danube, il va se perdre parmi les Slaves de Bob me, où il aura pour descendants lointains tluss etZiska^. Valdo est le troisième patriarche du léonisme aquitain. A sa mort, son Eglise, obscure mais yivace, se trouve répandue dans tout rOccident, et partout mêlée au eatharisme, qui Téclipse et Tentralne dans sou tourbillon rotenlissant. Du Paraclet de France,

1 • Hist. de Vigilance et des réformateurs du xu* siècle.

Pn cnrHeni's* de IIiiss «n BoIhmih-. (\mrad de WaUIhau8»en, MiliirU do Kiviiisi<*r. etc. Kev. do Tiicoi. dti Moatauban, juillet 187U.

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OÙ uous avons fait halte auprès d'un tombeau douloureux, nous allons passer, pour ne plus le quitter, au Paraclet d'Aquitaine et d'Orient.

Le manéisrae* on TEglise du Paraclet existait

depuis mille ans dans les Goules. Marc de Memphis rintroduisit en Espagne et Priscillien dWvila le transmit eu Aquitaine (380). Il se per[»étua chez les Basques, lutta contre le catholicisme impérial de Cbarlemagne et l'écarta pendant cinq cents aus du pied des Pyrénées. Les Capétiens le combattirent; des bûchers s'allumèrent à Toulouse et à Orléans (1008) I c'est le dragon qui épouvanta Gommenges. Maintenant, Eon de TEtoile prêche dans les forêts de Bretagne, et Pons dans les bois et les rochers du Périgord. Le catharisme descend, avec la Garonne et la Dordogue, jusqu'aux plages de l'Océan^.

11 se multiplia dans le lacis des marais qui brodent

de leurs arabesques de sel les côtes de TAtlantique.

Gomme le calvinisme futur, il trouvait un refuge

inexpugnable dans ce labyrinthe de canaux, de

sables stériles, de récifs déserts. 11 y régnait si puis-

sa rament, et d'allures si menaçantes, qu'on le com*

' pare à une comète. Hugues, archevéqae de Rouen,

et Albéric, légat pontifical, arrêtés sur le pont de *

Nantes, virent un de ces astres chevelus se précipiter

1 . I)(> Mani, tutias, esprit. Le maaichéisiae est le luauéisme iii<>(iiii<- par Manès.

2. l'ii village, à rembouchuiN} d« la Seudre, porte encoi't; le nom «les BoHthommes^

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vei-s le couchant. « C'est l'hérésie qui tombe, » dirent les deux sombres prélats en regardant le météore s'éteindre dans la mer. L'année suivante, en effet, fut signalée par le supplice d'Eon de l'Etoile. Son bûcher attrista la forôt enchantée que, selon les poètes bretons, habitait Merlin, l'antique et fabuleuse Brocéliande*.

Toulouse est toujours le foyer central d'où le catharisme se répandit non seulement dans toute la Gaule, mais encore en Espagne, en Italie, en Allemagne et jusque dans les Iles Britanniques. En Irlande, où il fut porté par les Grecs, il s'organisait, selon l'usage des Celtes, en clans cénobitiques, hostiles à l'épiscopat romain. 11 a laissé son empreinte sur Colomba de Luxeuil, sur Colomba d'Iona et sur ce brillant esprit, Jean Erigène. Un concile fut convoqué pour le combattre en IIGO à Oxford, sur la tombe môme de ce hardi scolarque, dont la cendre jetait un tluide lumineux.

On avait découvert des hérétiques en Angleterre. Ils s'appelaient publicains, c'est-A-dire pauliciens. Ils étaient Allemands, mais leurs pores venaient de Gascogne. C'était donc un rameau du catharisme pyrénéen. Ils étaient une trentaine des deux sexes. Leur chef se nommait Gérard. Arrêtés, jetés en prison, puis traduits devant le concile, ils comparurent avec fermeté. Gérard répondit pour ses compagnons :

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