II ADDITION A LA PRÉFACE
<c historiens modernes, sans se douter qu'ils étaient la « dupe d'un faussaire, ont copié fort naïvement tous ces « mensonges, qu'ils ont jnême quelquefois laissé leur « maître en arrière... [Ibid., p. viii.) n Je lus ensuite dans le corps de l'ouvrage : «Qu'il faut donnera Conde « le nom d'imposteur et de faussaire... (p. 30), qu'il <i a l'ignorance d'un faussaire malhabile... (p. 219) <« que MM. Aschbach, Rosseuw Saint-Hilaire et Romey « ont copié toutes ces absurdités,... ont cru à ces « pitoyables bêtises... (p. 38), que ce que Ton trouve sur a ce sujet (l'Histoire de Valence) chez Conde, M. Romey « et tutti quanti, n est qu'un tissu de malentendus et de « mensonges... (p. 308), que Masdeu est un épicier « (p. 428), M. Romey un plagiaire (p. 604), M. Asch- « bach un barbouilleur (td.), et que cela écrit pourtant « des histoires d'Espagne 1 etc., etc. r>
En voyant tomber un tel anathème sur la tête des historiens mes devanciers et mes collègues,^ je crus qu'il ne me restait plus qu'une chose à faire : jeter au feu sur-lechamp toutes mes feuilles imprimées et toutes mes feuilles manuscrites, comme complices d'imposture et de faux. J'étais prêt à cet héroïque suicide, lorsque, peu à peu, la lecture entière du livre de l'orientaliste hollandais me remit, suivant l'expression familière, un peu de cœur au ventre. Je m'aperçus bientôt que, comme au temps de la peste des animaux, de simples peceadilles
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étaient jugées des cas pendabkf. Ces aceasations terribles, ces reproches outrageants ne s'adressaient guère, en définitive, qu'à de petits méfiiits, dignes seulement de réprimande : une date iautiTe, une phrase mal traduite, une médaille mal déchiffrée, quelque méprise» quelque bévue, consistant à prendre le fils pour le ne* veu , le cousin pour l'oncle, tout au plus le nom if un fort pour un nom i homme , el ne s'appliquant ( sauf la biographie du Gid ) , ni aux grands événements , ni aux grands personnages de Thistoire. Alors je me demandai s'il était bien nécessaire de faire une telle dé* pense de temps et de travail, d'étaler un tel luxe d* érudition , d entasser un tel amas de textes en toutes les langues, pour écraser des erreurs qu'un seul mol, le plus souvent, suffisait à corriger ; et si ce n'était point l'histoire de r Homme i la puce
Qui, pour tuer cette hydre au printemps revenue,
voulait obliger
Les dieux à lui prêter leur foudre et leur massue.
Je me demandai encore si les écrivains qui ont commis ces erreurs, involontairement et de bonne foi, tout au plus par étourderie ou par ignorance, méritaient qu'on leur dit de gros mots et qu'on invoquât contre eux les articles du Code pénal. Supposons, me disais-je, qu'un archisavant, juré priseur de diphthongues ^ vienne à braquer