‹ Histoire des Arabes et des Mores d'Espagne, traitant de la constitution du peuple arabe-espagnol, de sa civilisation, de ses mœeurs et de son influence sur la civilisation moderneChapitre 8 sur 32 · TH · texte numérisé non relu

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aujourd'hui que la moitié des champs reste inculte. Les longues guerres civiles qui accompagnèrent la chute desOmméyades et le démembrement du khaly&t, puis la double conquête des Almoravides et des Âlmohades d'Afrique, enOn toutes les désastreuses circonstances de la destruction de l'empire arabe par les Mores, diminuèrent sensiblement la population mélangée sur laquelle avaient régné les khalyfes. Vint ensuite la reprise du pays par les Espagnols, depuis Pelage réfugié dans un coin des Àsturies, jusqu'aux rois catholiques faisant capituler Grenade. Cette conquête successive ne ressembla nullement à la rapide conquête des Arabes. Elle dura huit siècles; elle coûta trois mille sept cents combats ; et les chrétiens, moins tolérants et plus féroces, exterminèrent devant eux toutes les races infidèles. Ainsi furent prises, Tolède, par Alphonse VI (1085); Valence, par Jacques I" d'Aragon (1238); Cordoue et Séville, par saint Ferdinand (1236 et 1248). Les dévastations furent telles qu'à cette dernière époque, par exemple, il fallait nourrir les troupes laissées en Andalousie avec des vivres envoyés de Castille, et qu'on ne repeuplait les villes et les campagnes conquises, qu'en offrant de grands avantages à de nouveaux habitants. Ce fut l'origine de la plupart des fueros (privilèges et franchises) des communes espagnoles. Lorsque enfin la conquête s'étendit jusqu'au royaume de Grenade, lorsque la bannière de Castille et d'Aragon fut plantée sur les tours de l'Alhamrâ, une grande partie des trois millions de Mores entassés dans ce dernier asile passé* rent en Afrique avec leurs derniers rois, le Zagal et le Zaquir, en vertu de la capitulation. Ceux qui restèrent,

qu'on fit de force chrétiens, et qu'on nomma Moriscos, furent, comme on Fa vu, dispersés k travers la Péninsule, après quelques révoltes étouflfées dans le sang. Mais toute la puissance du gouvernement royal et tous l6B supplices de l'inquisition n'ayant pu les enchaîner complètement au christianisme, un décret de Philippe ni (1610), exécuté avec une incroyable rigueur, les bannit en masse de l'Espagne , dont ils étaient sans contredit la plus laborieuse et la plus industrieuse population. Précédemment (14192), un décret des rois catholiques en avait chassé tous les juifs. Il ne resta plus que les viem dfrétiens (') .

(^) Poifr donner plas d'intérêt à cette histoire de la population comparée «derEspegne, je crois devoir la continuer jusqu'à nos jours.

Ces émigrations entières de nations ne sont pas la principale cause du dépeuplement delà Péninsule. L'année même où tombait Grenade (i 492) , Christophe Colomb découvrait un nouveau monde, etM'asco de Gama, bientôt après (1497), pénétrait aux Indes orientales en doublant le cap des Tempêtes, devena le cap de Bonne-Espérance. A la nouvelle de leur succès, ce fut un délire universel. D'abord, quelques aventuriers conduits par les Cabrai, les Balboa, les Cortez, les Pizarro, s'ouvrirent un passage avec le fer et la flamme dans ce monde inconnu auquel le conteur Amérigo Vespucci donna son nom ; puis des peuples entiers d'émigrants y pénétrèrent sur leurs traces. , Pendant de longues années , les flottes d'Espagne et de Portugal portèrent sans cesse de nouveaux habitants à ces nouvelles contrées. En effet, après l'extermination des races indigènes, il fallait bien, pour utiliser ces conquêtes, que la métropole s'épuisât en colonies. Non cependant que les Espagnols et les Portugais allassent aux Indes travailler de leurs mains ; l'honneur de lapeaa blandie ne pouvait le permettre, et Ton tirait d'Afrique des bêtes de somme à formes humaines. Mais ils allaient honorablement s'enrichir de dépouilles, et rapportaient à leurs compatriote^, déjà tout disposés à cette ▼ie de paresse entreprenante, le goût des fortunes lointaines et rapides. L'Espagne acheta l'or de l'Amérique au prix de son industrie, de son agrieultnre, de sa population.

Voilà sans doute la caose principale de la misère et dn dépeuplement dont

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