‹ Histoire des archevêques de Malines [microform]Chapitre 139 sur 181 · IV. JACqUES BOONBN. — APPBNŒICB · texte numérisé non relu

IV. JACqUES BOONBN. — APPBNŒICB

d'one lettre écrite par le P. Quarré le l"' novembre 1641 :. Cum quolquot sumus in nosira Congregaiione théologie prius ewlutU pêne omnibus D. Augusôini libris, elaboratUêimum Janêenii librum legerimuê, hoc unanimi consensn fatemur omnes, in Jansenio nos Auguêtinum invenire, c'est-à-dire que lous les OratorieDs ont lu l'excellent ouvrage de Janséuius^ après avoir lu presque tout saint Augustin, et que tons, à l'unanimité, doivent reconnaître qu'ils retrouvent Augustin dans Jansenius. S'il en est ainsi, il faut avouer que l'archevêque Boonen a fait, sans doute à son insu, un malheureux choix en appellant les prêtres de l'Oratoire français dans son diocèse. Aussi, les événements l'ont prouvé, ce sont ces Pères qui l'ont poussé et maintenu trop longtemps dans la funeste voie où nous l'avons vu s'engager, mais dont il est chrétiennement sorti.

YIII.

Notices iur divers personnages orthodoxes.

De Mol.

Antoine De Mol, né à Malines, vers l'an 1554, élevé à la prêtrise en 1578, successivement curé de l'hôpital Sainte- Elisabeth et de Sainte-Catherine à Malines, doyen de chrétienté pour la ville et le district, chanoine gradué de la métropolitaine en 1596, succéda en 1617 à Jacques Boonen dans U dignité de doyen du chapitre. Il fut frappé de mort subite au chœur même de Saint-Bombaut, le 28 décembre 1635. La mémoire de ce saint prêtre est demeurée en bénédiction, dit van Helmont, tant que le premier chapitre métropolitain fut debout. Il avait joui de l'affection de l'archevêque Boonen et de la confiance de tout le clergé. Sur sa tombe, dans le chœur, on lisait autrefois cette belle inscription :

« D. 0. H. ET ME&IORIiB R. D. ÂNTHONII De MoL, QUEM PIBTAS AIN CAMONICUM , PRUDENTIA IN DEGANUM , AUSTERITAS VTTiE IN

» EXEMPLUir, YIRTUS IN SPECtJLUX PROPOSUIT. JEtKS ILLI LCSTRO- » RUM SKDEG1M, GANONICATUS LUSTRORCM OCTO, DECANATUS FBRB

» QUATUOR. DEVixiT A^' HDC.XXXV, V Kal. Januar. Pax SIT » PUS ossiBUs. »

DlSlCB DB BrIAICONT.

Disme d0 Brianumt^ issa d'uue famille du pays de Liège, naqait à Matines en 1574. Ordonné prêtre et proclamé licencié en théologie en 1599, chanoine gradné en 1602, pénitencier en 1683, il fonda le chapitre de la collégiale de Notre-Dame an-delà de là Dyle en 1643, et mourut le 25 juin 1652. Dans l'église métropolitaine, il avait établi et doté les fétcs du Bon-Larron (saint Bismas), de saint Libert et de saint Boch ; à Notre-Dame, il renouvela la confrérie de Notre-Dame des Sepi-Douleurs, et contribua largement de sa bourse poor l'achèvement de l'abside du chœur de cette magnifique église.

DiSMB CORTEN.

Disme Corien, fils de Jacques qui était le frère utérin de Disme de Briamont, né à Malines en 1629, licencié en droit, chanoine de Notre-Dame au-delà de la Dyle en 1652, ordonné prêtre en 1654, chanoine gradué de Saint-Bombaat en 1684, prévôt du chapitre de Notre-Dame, après la mort de son frère Adrien en 1685, prévôt du chapitre de Saint-Bombant en 1695, mourut le 25 février 1696.

Si nous consacrons ces quelques lignes à ces deux person* nages, c'est qu'ils furent, l'un et l'autre, de généreux bienfaiteurs de nos églises et que leur vie exemplaire releva le mérite de leur zèle inépuisable pour la gloire de la maison de Dieu. Saint-Bombant et Notre-Dame renferment des monuments qui rappellent leur souvenir.

ANDRÉ CRUESEN

TBANSFÊBÉ DE BURBKOVDB.

Dbtisb : F ictrix fortunoé Sapieniia,

ff Heureux les peuples qui n'ont pas d'histoire, » a dit un grand écrivain, et nous sommes tenté d'ajouter : Heureux leurs chefs temporels et spirituels dont l'histoire n'offre pas à la postérité une grande somme d'intérêt. Il en est ainsi d'André Cruesen. Toute son histoire peut, en effet, se résumer en ce peu de mots : il fut un pontife laborieux, d'une piété exemplaire , d'une charité inépuisable, d'un zèle éclairé pour la conservation de la foi et pour l'ordre de la discipline, dans les deux diocèses qu'il a successivement gouvernés. Nous résumerons brièvement sa vie.

André Cruesen portait d'or à trois pals de gueules^ du chef de sinople chargé de trois tourtaux d argent^ rangés en cîief. Légende : Vidrix fortunae Sapientia^ la sagesse est supérieure à la fortune.

886 PREHIÂRB FÉBIODE.

André Cruesen ou Creusen vit le jour à Maestricht, en 1591, et appartenait à nne famille distinguée et vertueuse. Son père, Hubert Cruesen, était l'un des échevins de cette ville ; sa mère, Marguerite Vaes, était la fille du premier magistrat de Tongres. Nulle particularité ne nous est connue sur les premières années de sa vie, si ce n'est qu'assez jeune encore il put se rendre àBome où il fit de brillantes études au Collège Germanique de St- Apollinaire et entra dans les saints ordres. Invité par le cardinal-évêque Melchior Klésel à venir demeurer à Vienne, il y reçut le diplôme du doctorat en théologie.

Le comte d'Ognate, qui représentait la cour de Madrid dans la capitale de l'Autriche, le fit nommer son vicaire-général pour les armées de Bucquoy en Allemagne et en Hongrie.

L'empereur Ferdinand H fit investir le docteur Cruesen d'un canonicat à l'église métropolitaine de Cambrai, et le grand archevêque Henri-François Van der Burch, dont le nom s'est déjà rencontré sous notre plume, lui confia les fonctions d'écolàtre. En 1631, Cruesen fut dépêché à Rome pour demander au Saint- Siège la confirmation du concile provincial de Cambrai. Dix ans plus tard, il devint archidiacre de Brabant, grand-maître du chapitre métropolitain et assesseur des États de Cambrésis. Les rares qualités et les vertus dont il fit preuve, attirèrent les regards de l'archiduc Léopold, gouverneur des Pays-Bas, qui le désigna au roi pour le siège de Ruremonde, vacant depuis

Y. ANDRÉ CRUSSEN. SS7

près de douze ans. Après que 1 élu eût reçu de Rome 868 bulles d'iustitution caucnique, il fut consacré à Brages, le 21 juillet 1651, par les mains de Tévèque de Gand, Antoine Triest, en même temps que Charles Van den Bosch, évêque de Bruges. Les évéques qui concoururent à ce double sacre, furent Gaspar Némius, évêque d'Anvers, désigné pour le siège de Cambrai, et Jacques de la Torre, archevêque d'Ephèse in parti- 6us, vicaire-apostolique dans les Provinces-Unies.

André Gruesen siégea à Ruremonde pendant six années (1651-1657) et j remplit avec grand zèle les devoirs multipliés de Tépiscopat. Tout son temps était partagé entre la prière, Tétude et les affaires (i). Son zèle pastoral aplanit la voie à Eugène-Albert d'Allamont qui devint son successeur en 1659.

Philippe IV donna à Mgr Gruesen une nouvelle preuve de sa confiance, en le transférant au premier siège de la Belgique par lettres-patentes du 10 mars 1657. La nomination royale ayant été sanctionnée par le pape Alexandre VII, le nouvel archevêque reçut le paUium à Bruxelles des mains de Jacques de la Torre et fut solennellement intronisé dans la basilique de Saint-Rombaut le 25 juin suivant.

Plus haut nous avons fait allusion aux dix-huit Lettres écrites par Louis de Montalte à un Provincial de ses amis et aiux) RJR. Pères Jésuites^ plus connues sous le titre de Provinciales de Pascal. Le célèbre écrivain s'y

(1) Voir Enippeziberg, ffitioria ducatui Oelrim,

SS8 PEEMIÈBB PÉRIOPS.

attaque sans pitié et sans merci à la casuistique des théologiens jésuites et nie franchement l'infaillibilité du Pape dans les faits doctrinaux (i). Cette satire mé* chante fut aussitôt mise en latin et enrichie de notes théolôgiques par Guillaume Wendrock, docteur de l'Université de Salzbourg. Wendrock était le pseudonyme de Pierre Nicole, de la Sorbonne.

Un décret du pape Alexandre VII (6 septembre 1657), porta défense des Lettres de Montalte et de \ plusieurs écrits du janséniste Arnauld. En publiant à

Bruxelles (24 octobre) le décret apostolique dont Tinternonce lui avait donné communication, Tarchevèque constatait avec douleur que ces Lettres se répandaient aussi dans son diocèse, que des femmelettes les distribuaient clandestinement et que plusieurs fidèles, plus avides de choses nouvelles que soucieux de leur conscience, s'en permettaient la lecture. Cette défense fut renouvelée le 18 février 1660, preuve qu'il y avait encore bien des personnes qui ne se faisaient point scrupule de lire le recueil des élégants et habiles mensonges de Port-Royal.

(1) Les ProvineiaUê étaient adressées à M. Perrier, du parlement de CIcrmont, natif de la Provence, — Un écrivain qui n'est pas fort saspect de jéiuititn^, dit : • On tentait tontes les voies de rendre les jésuite» odieux ; Pascal fit plus, il les rendit ridicules. Ses Lettres provineielei qui paraissaient alors, étaient un modèle d'éloquence et de plaisanterie. Il est vrai que tout le livre portait sur un fondement faux. On attribuait adroitement à toute la Société les opinions extravagantes de plusieurs jésuites espagnols et flamands... On tâchait dans cen lettres de prouver qu'ils avaient un dessein formé de corrompre les mœurs des hommes, dessein qu'aucune secte, aucune société n'a jamais eu et ne peut avoir. Mais il ne s'agissait pas d'avoir raison, il s'agissait de divertir le public.* Voltaire, Siècle de Loftie Xfr, chap. XXXVII.

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