HUYGHENS
Ôommaire Buygkens, né à Lierre le 27 février I6S1, second dans la faculté des arts à Louvain en 1648, docteur en théologie en 1668, professeur de théologie, ^président do collège du Pape en 1677, chanoine de Saint-Pierre en 1682, docteurrégent en 1687, fut un prêtre pieux et de grand talent, mais donnant dans les doctrines de YAugusiinus et lear écarts du rigorisme. Il rencontra, à l'Université, un adversaire digne de lui, le docteur Martin Steyaert, dont nous dirons quelques mots plus loin (2), Un édit royal l'éloigna de l'enseignement. Hujrghens mourut le 27 octobre 1702 et fut enterré dans la
(1) Voir l'appendice à la ?ie de Thomas -Philippe.
(2) • Babebalur Hujghenius schol» théologie» decus ; in proponendis argumentis et resolvendis difficultatibus adeo erat 'acutus, tit nihii co tempore jucundius videretur quam attâite in disputatiouibua acad^micis Huyghenium disputantem et SleyaeEtaam prasidentem , quoeum illi fuerunt contioua qaoad doctrinam 4e gratim dia«idML -• P. F. X^ De Baro, De laudibui quibm veUru Lovanienium tAeok^i , ^firri paummi (Louvain 1848), p. 124.
Vn. ALPHONSE DE BEEGHE8. — APPENDICE. 385
chapelle du collège. Son épitaphe le nommait : Ingénia aummu8y doctrina eipietaie eximius, laboriàua in Ecelesia inde/essua, pro veritate /ortis et eonstans , inier perseeutionee invictue, Toat est faux dans cet éloge, excepté ingénia eummuê, etpietate eximius; au lieu i'invietua, il faudrait lire pertincue. Plusieurs écrits de Gommaire Huyghens ont été mis à Tindex ; nommons uniquement son Methaduê retinendi et abaalvendi peeeata. Nous avons vu que ce docteur fut l'un de ceux qui exploitèrent le caractère confiant d'Alphonse de Bei^hes, archevêque.
Lacman,
Jean Laenum^ né à Tournai en 1629, vint à Louvain en 1647 et conquit la seconde place au concours général des Artiens enl64i9. Chanoine de Saint-Pierre en 1662, il prit les insignes du doctorat en théologie avec Steyaert en 1676, Appelé par Farchevêque Alphonse de Berghes à la présidence du séminaire de Malines (1679), il n'occupa ce poste que durant quinze mois et retourna à Louvain où il fut mis à la tête du collège d'Arras (1681). Toutefois il ne tarda pas à revenir à Malines et reprit la direction du séminaire. — Sous sa présidence, nous trouvons dans cet établissement le professeur François Yan den Yliet, licencié en théologie et chanoine gradué de Saint-Bombaut ; en février et en juin 1682, il y défendit sur le aigiUum ean/easianis des thèses audacieuses et conformes à l'esprit du jansénisme; le Saint-Siège les réprouva, le 10 novembre de la même année. Cette affaire faillit devenir fatale au docteur Lacman, que la voix publique disait suspect d'hétérodoxie. Celui-ci s'était mis sur les rangs pour obtenir la stalle de chanoine gradué théologal ; mais il rencontra de l'opposition, surtout à cause de la thèse défendue au séminaire sous ses auspices. H se vit obligé de se justifier dans une requête adressée, en avril 1683, au gouverneur-général du pays : il y #/ dénie d*avoir oncques soutenu publiquement I. 25
886 PREinÂBB PÉRIODE.
OU en particalier qaelqae dogmes maxime oa proposition qa ne soit conforme an sentiment de ^Église ; et pour ce qni est de la thèse en question^ il représente qu'il n'a audit séminaire autre intendance et authorité que touchant le temporel et les mœurs des disciples^ et non touchant les scholastiques et renseignement d'iceux dont la charge est privatirement corn* mise à deux lecteurs ordinaires (1). ## Lacman gagna sa cause et obtint la prébende. Il devint même (1686) archidiacre^ examinateur des livres et juge synodal(2). Il décéda à Malines, le 19 septembre 1704. Il a laissé un opuscule théologique : Concertatio triplex de mente S. Thomœ Aquinatis circa obU^atùh nem referendi omnea actus in Deum, et un opuscule ascétique : Pensées chrétiennes entremêlées de plmsieurs affections et ^tribuées pour chaque jour de divers mois lesquelles montrent aux chrétiens le chemin assuré du paradis et son savoureux avants goût dès en ce monde, 1^ édition 1675^ 4^ édition 1686. Cet opuscule n'a pas été condamné par le Saint-Siège ; mais il renferme plus d'un passage dont la tendance est jansénis tique. L'auteur de Vlmago primi sœculi Jansenistarum^ tom. DI, pag. 121-126^ prouve que Lacman, dans son acte public pour le doctorat, pencha assez ouvertement vers la nouvelle béréste, en s' écriant : Si Angustinus pro nobi», quia contra nos? Il reproduit aussi cet éloge scandaleux que Lacman a.vait donné à Arnauld : » Un des yeux du corps mystique de Jésus-Christ, n dont l'Église se sert très-avantageusement depuis tant d'an* // nées, soit pour réfuter les erreurs des hérétiques, ou pour M découvrir celles où tombent ses enfants par un trop grand " attachement à leur propre lumière et à leurs penséesu "
(1) Imago primi êoetUi Janseniêtarum, t. III, pag. 31-38, et a^^ndice, p. 11-16.
(2) Paqaot, Mémoirea, t. XV, p. 242-246.
vii. alphonse de bebghbs. — appendice. s87
Chbishanus Lttpus.
Le p. CArUtianus Lupus (Wolf)^ né à Ipres en 1612, ermite de Saint-Augustin, fut l'une des sommités scientifiques de son ordre. Ses rares talents lui acquirent l^estime de Fabio Chigi (plus tard Alexandre Vil), nonce en Allemagne lors des négociations pour la paix de Westphalie. Le 4 février 1653, le P. Chrétien Lupus reçut à Louvain le bonnet doctoral avec le plus brillant succès. Après un séjour de cinq ans à Borne, il revint aux Plays*Bas où il fut honoré successivement des diverses dignités de Tordre. Iki 1677, VAlna Mater le députa à Rome avec Fr. Van Viancn et Steyaert, pour y solliciter la censure de 65 propositions de morale relâchée. Il mourut le 10 juillet 1681. Tous ses ouvrages ont été recueillis par le P. Thomas Philippinî et édités à Vetiise en 17 24, en 6 vol. in< folio. Nous avons nommé plus haut son écrit : Lissertatio deSS. Sacramenti eispoèUiane et de aacrie procesmnibuB (Liège 1681) ; il y défend la coutume des réguliers contre un décret de Tarchevéque Alphonse de Berghes.
Neesen et Neebcassbl.
Le séminaire archiépiscopal, fondé par Mathias Hovius, eut pour premiers présidents : Michel ScAaemelaert , natif de Malines, de 1603 à 1606 ; Jean Fan de Slu^ê, également Malinois, mort en 1633, et Nicolas Lanckvelt, d'Enghien, bachelier en théologie, mort en 1639. Celui-ci eut pour successeur Laurent Neeêen, né à Saint-Trond vers 1611, licencié en théologie de Louvain. Laurent Neesen fut appelé à la présidence en 1639 par Mgr Jacques Boonen. Il s'est fait un nom par ses connaissances théologiques, son zèle pour l'avancement des élèves et sa générosité pour l'embellissement des bâtiments du séminair e. Malheureusement il ne sut pas se préserver entièrement des préjugés puisés dans ses relations
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avec les adhérents de Jansénias. En léguant tons ses biens à rétablissement qu'il dirigeait^ il ajonta une clanse au moins étrange, savoir que les professeurs ne pourraient jamais être pris dans des ordres religieux. Ses écrits renferment quelques assertions qui sentent le jansénisme (1). Il mourut le %2 mai ] 679, après avoir dirigé le séminaire pendant plus de quarante ans. Son successeur fut le docteur Lacman, dont nous avons déjà parlé.
Sous la présidence de Neesen, les jeunes théologiens de Malines eurent quelque temps un midtre qui devait acquérir une lamentable célébrité, Jean Van Neercassel, né en 162S| à Grorcum. Entré à Paris dans l'Oratoire de BéruUe, il étudia la théologie à Saumur et revint en Belgique vers 1652. Le P. Quarré, son supérieur, lui confia la charge de directeur spirituel des Oratoriens dé Malines, et l'archevêque Boonen le chargea d'un cours de théologie au séminaire. Dès l'an 165S, Neercassel partit pour la Hollande pour y prendre part à l'administration de la Mission. Bientôt (1661) il devint vicaire-apostolique et évêque de Castorie inpariibus et favorisa puissamment les menées des jansénistes répandus dans l'ancien diocèse d'Utrecht. Il mourut à ZwoUe, le 6 juin 1686. Ce n'est pas ici le lieu de raconter sa déplorable histoire. L'auteur de y Imago primi sœeuli Jansenislarum, t. II, p. 481-488, montre le venin caché dans le livre Amor pœnitens qui est l'un des nombreux écrits de l'évêque de Castorie.
Van dbe Noot.
Messire Philippe-Erard Van der Noot, né à Bruxelles en 1688, devint archiprêtre de Malines en 1684, prévôt du chapitre métropolitain en 1689, vicaire capitulaire du diocèse de Malines après la mort d'Alphonse de BergheSj nommé et
(1) Ydr Paquet» Mémoires, t. XVI, p, 890-405 •
Vn, ALPHONSE Dfi BEBGHSS. -« APPENDICE. 889
institué évéqae de Ghind en 1694f. Il cessa de vivre en février 1730. Cest l'un des hommes les pins remarquables qui aient honoré les deux diocèses mentionnés. H appartient à Thistorien futur des Evéques de Oand de décrire hi longue et kborieuse cairière de Yan der Noot,
Yan Yianen (les deux frères).
Mathieu Yan Yianen, né à Bruxelles en 1623, licencié en théologie de Louvain, trépassa au collège du Pape, le 16 novembre 1663. Homme laborieux et désintéressé, il avait joui de Festime de Mgr Jacques Boonen et donné une réponse aux attaques contre la ProMbitùm du livre de Caramuel faite par cet archevêque en 1655 (pag, 307).
Son frère, François Yan Yianen, né à Bruxelles en 1615, fnt docteur en théologie et exerça pendant quelque temps la présidence du collège du Pape, En 1677, l'Université le chargea d'aller à Some, avec Le Dron, Steyaert et le P. Chrétien Lupus, pour 7 déférer des propositions de morale relâchée qui furent en effet condamnées en 1679, Il mourut à Louvain le 5 septembre 1693. On a de lui un gros livre in~8<>. De ùfâineamoris (Louvain 1685). Le traité De gratia n'a pas été imprimé; mais il s'en est répandu de nombreuses copies, faites par les soins des jansénistes. Il avait été l'un des conseillers habituels de l'archevêque Alphonse de Berghes. Sans donner dans les grands écarts de l'hypocrisie sectaire de son temps, il se montra plutôt &vorable qu'hostile aux rigoristes.