LES DISCOURS AU PALAIS
On y entrevoit de quelles ressources disposait ce grand avocat. « Qui plaida mieux que Du Gabé en cour d'assises? Qui fut à la fois plus adroit devant le jury, plus impétueux, plus caressant, plus moqueur et plus maître dans Fart de passionner les faits? Qui savait plus sûrement jeter un mot dans le débat, comme une lueur mystérieuse, afin d'éveiller l'attention, de l'attacher et de la surprendre? Qui eut le trait plus rapide et la réplique plus brillante ' ? »
Il y a surtout les procès de presse, les affaires d'élection qui fournirent à Du Gabé de fréquentes occasions de manifester ses ressources d'avocat et d'orateur, tels que le procès de presse contre Y Intérêt public de Tarbes (voir ce journal, juin, juillet 1853); l'affaire électorale portée au tribunal de première instance de Bagnères-de-Bigorre (voir Y Écho des vallées du 20 décembre 1861) dans laquelle Du Gabé lutta contre M. Depeyre ; les débats au tribunal de simple police de Toulouse, en 1863, à cause des sifflets et des cris qui avaient eu lieu au théâtre des Variétés pour la représentation du Fils de Giboyer 2 ; la plaidoirie pour le Conservateur de l'Ariège, contre M. Laborde ; et, enfin, la défense de la Gazette du Languedoc à propos de nombreux procès qui se voient dans les journaux de l'époque.
La plaidoirie en faveur du Conservateur, qui fut la dernière du grand avocat (il mourut presque au sortir de l'audience), et où il s'agissait d'une polémique de journal, a fait dire que Du Gabé défendit le journal de sa voix moqueuse et plus vive que jamais, semblable aux clartés des flammes près de s'éteindre.
Ainsi Du Gabé resta jeune jusqu'à son dernier jour.