‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 30 sur 498 · AVANT-PROPOS. XLIII · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. XLIII

à qui nous avons déjà consacré de nombreuses pages dans un des chapitres sur les Historiens, et qui a dit un mot sur la science, sur la politique, l'archéologie et l'histoire.

On ne reprochera pas à cet écrivain de se perdre dans les nuages et d'aller chercher des textes de méditation et d'étude à mille lieues. La connaissance raisonnée de l'Ariège, la vulgarisation de ses antiquités, de la langue primitive du pays, excitent sa curiosité et mettent en activité sa plume déjà si exercée. Il se meut sans en sortir dans ce programme patriotique et filial. Ainsi, deux publications en vers languedociens, dans le dialecte saint-gironnais, sont sorties desaplumeen 1 886. Ony remarque une aisance de versification, un tour original d'imagination, un esprit inventif, qui convaincront MM. Mistral et Roumanille que la Provence n'a pas le monopole des essais sur la langue romane, mais que le Midi tout entier conserve l'idiome des aïeux. C'est : l° un Poèmo tragicO'Coumiquê dé doulzê cants (Excursiou scientifico et pittouresco à la grotto d'Enlèno, San- Girouns, imprimario A. Rivos), ouvrage couronné; on y vante la vie libre et indépendante dans un recoin de nos montagnes ; et 2° douze sonnets (Doutzê sounets en patouès dé Languedoc) dédiés aux félibres.

Dans le sonnet intitulé le Rossignol et le Moineau, le moineau demande au rossignol de lui enseigner son chant. Le rossignol répond que chacun a son lot dans ce monde, et que nous ne devons nous engager qu'en proportion de nos facultés constitutives :

Xl.IV A VA NT- PROPOS.

Lé qu'es neïchui parrat, quédeou mouriparrat*

Nous n'avons point parlé d'une brochure parue on 1878, intitulée le Coup de clairon, opuscule de quarante-huit pages que nous n'avons connu que trop tardivement. C'est une œuvre de controverse, débris d'une polémique oubliée, mais qui montre les vicissitudes de tout homme, surtout de tout ecclésiastique qui veut toucher aux questions politiques, quand un pays passe d'une forme gouvernementale à une forme nouvelle. On vit se mêler à la discussion, avec YAriégeois de Foix, plusieurs feuilles de Paris, la Eépubligue française^ XIXe Siècle, \& Presse,\e Pays, le Père Duchesne, etc. M. Cabibel fut tour à tour blâmé et félicité, ce qui semble inévitable lorsqu'on se hasarde sur un terrain brûlant.

Nous ne voulons aucunement réveiller des querelles éteintes, sur lesquelles bien des événements ont passé avec neuf années. Les rapports entre les croyants et les républicains non croyants ne sont pas tout à fait les mêmes qu'en 1878. Les doctrines athées et matérialistes ont-elles fait du progrès? C'est aux publicistes sagaces à se rendre compte des causes et des effets, à rappeler à la démocratie qu'elle doit plus qu'elle ne pense au christianisme, et à s'inquiéter aussi de ce que peuvent devenir la fraternité et la liberté sans la foi chrétienne. Il est sur que trois choses sont à cœur à M. Cabibel, comme à M. Thiers : « la liberté, le rang

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