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594 L'ARIÈGE, IVe PARTIE {suite et fin), CHAP. IX.
nistrations d'où sortent les princes de la finance. Mais rien n'aboutit sans une volonté opiniâtre, sans travail et sans un certain génie.
Les papiers que nous avons recueillis de l'héritage de Xavier Durrieu renferment la preuve des efforts et des combats de la deuxième période de sa vie, combats pacifiques, mais qui impliquèrent, sous une forme différente, une incroyable dose de force morale et de puissance d'application mentale. Il se multipliait pour agir à la fois à Paris, à Londres, à Madrid, et créer une concentration en vue de son idéal financier. Sa correspondance de 1854 avec le directeur de Y Office du Courrier de l'Europe, à Londres, atteste la conflagration de sa tête à cette heure. Le mouvement politique qui venait de surgir en Espagne en 1854, et auquel Espartero fut mêlé, ne le déconcerte pas; il fait proposer une affaire de mines et de minerais à des Anglais opulents, par l'intermédiaire de M. Joseph Thomas1, le libraire de Catherine street, Strand, à Londres; et, d'après les lettres de ce correspondant anglais, la canalisation de ÏEbre préoccupe déjà notre émigré.
Xavier Durrieu conquit, dans le monde financier espagnol, une haute situation2, qui non seulement fit beaucoup de bruit en France, mais qui devint un point de mire pour les proscrits français réfugiés à Londres, à Genève, à Jersey et ailleurs, si bien que, devant son influence, cette formule, « Vous êtes maintenant financier, tant mieux » , lui
li Le libraire anglais qui édita V Histoire du coup d) État, et qui paraissait admirateur d'Espartero, regardait le duc de la Victoire, comme un honnête homme, an honest man, « the noblest work of God » comme dit Pope.
2. « Il n'est bruit ici, cher Durrieu, lui écrit de Paris M. V. Couailhac, que de vos succès financiers. » (Paris, 28 novembre, rue des Batignolles)i