‹ Histoire des CampagnesChapitre 259 sur 267 · LIVRE XXI · texte numérisé non relu

LIVRE XXI

écarte le glaive et la balance , et ne voit dans Tuniversalité de son peuple que ses propres enfans.

Ainsi , après une longue oppression mêle'e d'une gloire perfide et de revers irréparables ; après toutes les calamités d'une invasion étrangère , les Français retrouvoient la paix sous l’égide d’un roi qui abjuroit le pouvoir absolu , et qui donnoit à son peuple une constitution politique où sembloit résider la perfection sociale par la balance des trois pouvoirs. La France respiroit enfin , et l’Europe étoit consolée.

Tout concouroit en apparence à nous faire jouir de cette liberté qui avoit servi pendant si long-temps de prétexte à nos dissensions, et que nous avions achetée au prix du sang le plus pur de la France.

Mais ces avantages inappréciables n’avoient encore ni bases ni solidité. Ce fragile bonheur ne fut pour ainsi dire qu'un songe : tous les élémens de troubles et de discorde s’agitèrent pour nous* le ravir. Au sein de la paix et de la félicité publiques , les destins conspirant contre la patrie , alloient attirer sur elle les plus affreuses calamités ; en un mot, la nation entière devoit expier cruellement , le

Soo CAMPAGNE DE 1814.

plus grand crimo,, qu’une poignée d’ambitieux et d’hommes pervers ait jamais pu méditer et commettre pour désoler le monde.

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