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Entreprises, Quelques Canadiens se Joignirent à lui, Il envoya tout son Monde en avant au
fort de Frontenac, où étaient les pères Gabriel de la Ribourde et Luc Buisset, récollets, et
où se rendirent en même temps les pères Louis Hennepin, Zénobe Membré et Melithon
Vatteaux, aussi récollets, Les religieux de cet ordre tendaient, comme Avant eux les jésuites,
à S'avancer Vers l'ouest, « et, dit le père Le Clercq, le sieur du Luth, homme d'esprit et : d'expérience, fit jour aux Missionnaires et à l'Evangile dans Plusieurs nations différentes, ” |
Laurent de Tonty, d'une famille italienne, inventeur des assurances sur la vie qui portent ‘ SON nom, avait pour un motif resté inconnu, été enfermé À la Bastille de 1669 à 1677, L'un de 5 ses fils, Alphonse, fut en 1717, Commandant au Détroit. Son autre fils, Henri, s'était enrôlé : dans la marine En 1668 et servait avec honneur au Moment où le prince de Conti le recom- ! Manda à La Salle comme son lieutenant. Delietto qui commanda aux Illinois était son Parent, ÿ
Aussitôt arrivé au fort Frontenac, l'automne de 1678, La Salle ENVOYa quinze hommes, avec Sept où huit mille livres de marchandises, Pour faire la traite et lui frayer Ja route Î du Mississipi Par la baie Verte et les Illinois, Le 18 novembre, Henry de Tonty, le |
père Hennepin, le Capitaine Pierre de Saint-Paul sieur de la Mothe-Lussière, et seize hommes Partirent de Frontenac et entrèrent, le 6 décembre, dans la rivière Niagara ; le 11, Tonty fixa son choix sur un terrain situé non loin du débouché du canal Erié aujourd'hui, et
| se mit à l'œuvre Pour y élever un fort qu'il baptisa qu nom, de Conti. Comme les Iroquois
Un nommé Joseph Louis dit Dulude figure au recénsement de 1666, (voir le présent Ouvrage, IV, 63).
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pouvaient ne pas aimer cette manière d'entrer dans leur pays, on leur dépêcha le père Hennepin et Lamothe, escortés par sept hommes, Ces ambassadeurs rencuntrerent chez les Tsonnontouans les pères jésuites Rafeix et Garnier, que Lamothe eut le tort de faire éloigner du conseil tenu (1er janvier 1679) avec les chefs iroquois, Il n'en fallait pas plus pour indisposer les sauvages contre le fort Conti. Vers la fin de janvier, La Salle visita son nouveau poste, apprit ce qui se passait du côté des Tsonnontouans, mit sur chantier la quille d'un navire, ordonna divers travaux et reprit le chemin de Frontenac, Pendant ce temps, ses créanciers faisaient vendre tout ce qu'il possédait à Québec, Peu d'hommes, même parmi les découvreurs et les traiteurs de ce siècle fécond en désastres et en coup de fortune, ont éprouvé autant de déboires que La Salle, Ses historiens attribuent ses malheurs aux cabales des factions ; d'autres s'en prennent à son caractère tout d'une pièce : les deux explications nous paraissent bonnes,
Le Griffon (les supports des armes de Frontenac étaient deux griffons) jaugeant quarante-cinq tonneaux, très orné, coûtant quarante mille francs, fut lancé dans la rivière Niagara, au-dessus des chûtes, le printemps de 1679. La Salle étant arrivé au fort Ccnti le 30 juillet, envoya Tonti en canot d'écorce l'attendre au Détroi, et le 7 août, il franchissait sur son vaisseau la barre du lac Erié, Trente-deux hommes montaient le Griffon, y compris trois récollets. Le 11, La Salle rejoignait Tonty au Détroit ; le 28 ils arrivaient ensemble à Michillimakinac, au grand étonnement des indigènes et des Français. Les persécutions suivaient La Salle à la piste, “ L'entreprise, qui devait être soutenue, dit le père Membré, par toutes les personnes bien intentionnées, pour la gloire de Dieu et pour le service du roi, avait produit des dispositions et des effets bien contraires, dont on avait déjà imprimé les sentiments aux Hurons, aux Outaouais de l'ile et aux nations voisines, pour leur causer de l'ombrage.” Une partie des hommes envoyés l'année précédente aux Illinois n'avaient pas dépassé Michillimakinac, tant on les y avait effrayé par le récit des dangers d'un pareil voyage. Quelques-uns de ces déserteurs s'étaient rendus au saut Sainte-Marie ; La Salle envoya Tonty pour les arrêter en même temps qu'il mettait aussi la main sur quatre d'entre eux restés à Michillimakinac, Le 2 septembre le Griffon entra dans le lac Dauphin ou Michigan et s'arrêta à la baie Verte, Un certain nombre des hommes envoyés aux Illinois, attendaient La Salle en ce lieu avec quantité de pelleteries. Le 18 septembre, le navire chargé de tout ce qu'on avait pu se procurer par la traite, mit à la voile pour Niagara. On ne sait ce qu'il devint, malgré les recherches faites à son sujet. Dans le même automne, un bâtiment qui apportait de France vingt-deux mille livres à La Salle, se perdit dans le Saint- Laurent,
Avec les hommes qui lui restaient, La Salle se dirigea vers le fond du lac Michigan et construisit (novembre 1679) un fort à l'entrée de la rivière des Miamis où Tonty arriva à son tour, le 20 novembre, venant du saut Sainte-Marie avec les déserteurs. Les pères de la Ribourde et Hennepin avaient partagé toutes les fatigues du pénible et long voyage de La
Salle et de ses compagnons. De ce point, La Salle, Tonty, de la Ribourde et Hennepin
remontèrent (S décembre) la rivière Saint-Joseph ou des Miamis, et descendirent celle des Illinois ; le 5 janvier (1680) ils étaient dans un camp de sauvages au lac Peoria, Pimedi ou Pimiteoui. C'est là que fut commencé (15 janvier) un fort auquel La Salie, abreuvé de mécomptes et d'épreuves en tous genres, donna le nom de Crèvecœur ; il y laissa Tonty pour commander, et parti le 2 mars pour retourner en Canada.
Le père Hennepin, du consentement de La Salle, s'était mis en route, le 29 février, avec Antoine Auzuelle dit Picard Duguay et Michel Accault, natif du Poitou, qui savait les langues sauvages. Le 8 murs ils entrèrent dans le Mississipi ; à la hauteur de la rivière Wisconsin, des Sioux les firen: prisonniers.
Daniel Greysolon Du Luth, parti de Montréal, le rer septembre 1678, avec des Français, parmi lesquels les nommés Bellegarde, Lemaître, Masson et Pepin, s'était rendu au pays des Sioux dans le dessein de nouer des rapports avec ces peuples. L'été de 1680, il entendit parler de la captivité de trois Français et se mit en devoir de les retrouver. La rencontre eut lieu au mois de juillet, sur le Mississipi, aux chûtes Saint-Antoine ; Du Luth fut assez heureux pour délivrer ses compatriotes et les ramener à Michillimakinac, où il passa l'hiver. En cet endroit, il eut connaissance qu'on l'accusait de faire le métier de coureur de bois, c'est pourquoi, printemps de 1681, il descendit à Québec afin de se disculper en expliquant ses découvertes et démontrant que, le 2 juillet 1670, il avait planté les armes de France dans le grand village des Sioux, du consentement de ces sauvages.
Dans une position plus humble que celle de La Salle, Tonty, Du Luth et Jolliet, un
voyageur du nom de Nicolas Perrot a rendu de grands services au milieu des peuples de
l'ouest. et a contribué pour sa bonne part à l'extension de la puissance fran au delà des lacs. Dès l'année 1660, il était employé à la baie Verte par les pères jésui lont il paraît avoir quitté le servir. vers 1666. On le trouve l'année suivante, ainsi que Gilles Perrot,
prêtre, chez les sulpiciens de Montréal. Au printemps de 1670 il revenait de nouveau de l'ouest. C'est vers ce temps qu'il se maria avec Madeleine Raclot, dont une sœur ou une parente épousait, à la même époque, Michel David, habitant de Champlain. Perrot établit
sa famille à Bécancour, d'où sa descendance s'est répandue ‘ans les environs ei y existe
encore. Le prestige qu'il avait acquis sur les sauva et le goût prononcé qu'il possédait pour les découvertes l'attirèrent encore une fois du côté de l'ouest, mais in ‘journa que peu de ‘emps à la fois, puisque de 1672 à 1680, il lui naquit six € aants baptisés dans le Bas-
Canada. Jusqu'à cette dernière date, il faisait par occasion le métier d'interprète mais plus
régulièrement celui de coureur de bois et de traiteur. Le recensement de 1681 donne l'état
de sa famille dans la seigneurie de Lintot, prés Bécancour. De 1684 à 1699 1l exerça des commandements qui en firent à peu près le principal personnage de cette époque parmi les
Sioux, les Mascoutins, le Outagamis, les Poutéouatamis, les Maloumines et les Miamis, La ’ fameuse nation des Outaouais reconnaissait comme toutes les autres, sa prudence, son
adresse à manier les esprits et son caractère plem de ressources. Tandis que les forts de
Frontenac et de Michillimakinac protégeaient les gonvois de traite des Français contre les
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Anglais et leurs alliés les Iroquois, Perrot balançait dans l'ouest les influences nombreuses
qui militaient contre ses compatriotes. Il sut enrôler !ss sauvages et les conduire jusque sur le Saint-Laurent pour soutenir la guerre contre les Iroqu Le récit de ses aventures remplirait un volume. Ayant été malheureux dans son commerce du côté de la
baie Verte et se voyant ruiné, il tourna de nouveau ses regards vers le pays des Sioux, et partit, en 1687, avec de nouvelles marchandises, à la tête d’une quarantaine de Français, porteur des instructions de M. Denonville, En 1690 il conduisit une nouvelle expédition plus considérable. Nous constatons la présence de Perrot dans le Bas-Canada presque tous Jes ans de 1670 à 1700, et co dui tte période il ne cessa d'être en rapport directe avec les nations de la baie Verte et du Mississipi, on voit qu'il a mérité par excellence le titre de voyageur qu'on lui jours de :. Il paraît s'être détaché de cette vie errante en 1701, au grand regret des nombreuses tribus qu'il avait en quelque sorte souvernées, Au moment ou il prenait ainsi sa retraite Perrot, ruiné derechef, était en butte aux tracasseri de ses créanciers. Il iitenta un procès à M. de Monseignat, et à des marchands de Montréal, et le perdit avec dé’ens ; de plus, un incendie ayant ravagé son magasin, et s'étant conduit avec trop de prodigalité à l'égard des sauvages, il soutenait que le souvernement de la colonie était tenu en honneur de lui rembourser certaines sommes. L'intendant ne voulut pas l'écouter, tout en recommaissant que Perrot avait dépensé beaucoup d'argent et qu'il se trouvait dans la situation la plus misérable, Ses enfants à cette époque (1702) étaient mariés et pouvaient à la rigueur l'empêcher de mourir de faim. S'étant donc fixé à Bécancour, d'où sa famille n'avait pas bougée depuis trente ans, il y fut nommé ‘“ capitaine de la côte,” ce qui, outre l'honneur de la ch?rge lui procurait quelques honoraires, puisque les officiers de milice étaient revêtus ‘d'une espèce de caractère qui les distinguait des autres habitants et leur donnait plus d'autorité.” On les employaient pour porter les ordres du gouvernement et ils touchaient cent francs. Les seigneurs et les juges locaux leur confiaient ‘es fonctions d'huissiers. Nous le voyons instrumenter de la sorte en 1710. Quelques années plu {, il figure comme parrain avec madame la baronne de Bécancour. À sa mort survenue ,5 13 aoûc 1717 il est dit âgé de soixante-et-quatorze ans. Sa femme mourut à Bécancour également, en 1724, à soixante-rt-quatorze ans. Perrot a laissé des Mémoires extrêmement curieux sur les pays qu'il a parcourus, les mœurs et coutumes des sanvages, et la vie des Français dans ces contrées lointaines.
Ce voyageur célèbre n'a pas acquis la fortune et à dû contribuer autant que personne à dépeupler le bas Canada pour lancer la jeunesse dans les courses aventureuses où elle s'est distinguée pendant plus d'un demi siècle. Son mérite est d'avoir contenu les sauvages dans l'obéissance française.
Er dépit des ordonnances, le nombre des coureurs de beis augmentait. L'automne de 1680, M. Duchesneau écrivait au ministre que huit cents hommes avaient de cette façon déserté la colonie, “ Je pense, ajoute-t-il, qu'après toutes les pièces convaincantes que je
vous ai envoyées de ce qui m'avait fait croire que monsieur le gouverneur donnait sa
protection à plusieurs coureurs de bois, vous ne me blâmerez pas d'avoir sur cela de fortes impressions et quoique la parole formelle qu'il m'a donnée de les poursuivre me persuade qu'il n'est plus dans ce sentiment, cependant je crois que ma fidélité pour vous exige de moi que je vous avertisse que tout le monde dit qu'il entretient un commerce de lettres avec Dulut et qu'il est vrai qu'il en reçoit des présents et qu'il n'a pas voulu que je fisse emprisonner le nomre Patron, oncle du dit Daulut, qui reçoit ses pelleteries et qui sait la fin de son entreprise, qui n'est pas ignorée, à ce qu'on assure, du supérieur du séminaire de Montréal, nosamé monsieur Dollier, qui est un très honnête homme, qui ne manquera pas peut-être d'en instruire monsieur TFronson, Je vous dirai de plus, monseioneur, que monsieur le gouverneur a défendu aux interprètes de me faire entendre ce que voudraient dire les sauvages des nations éloiwnées ; qu'il a commandé au prévost, qui est un fort honnête homme, et qui a beaucoup envie de s'acquitter de sa charge, d'en arrêter aucun coureur de bois en conséquence de mes ordonnances, sans lui en donner avis, et qu'il a envoyé dérechef Lataupine, ce fameux coureur de bois que je fis arrêter l'année dernière et duquel je vous envoyai linterrogatoire. C'est celui dont il se sert pour porter ses ordres et pour traiter dans Îles rations outawases et aussi pour en rapporter les pelleteries qui v ont été laissées par le nommé Randin qui était ce prétenda ambassadeur avec lequel et ses autres associés M. le gouverneur avait fait une convention pour la traite dont je vous envoie une copie coilationnée sur l'original.” L'année suivance, il expose qu'il v a deux ciasses de coureurs de bois : les uns qui vont aux Assiniboines, aux Sioux, aux Flinois, aux Miamis ; les autres qui ne se rendent qu'au ‘ Long-Sault, à la Petite-Nation et quelques fois jusqu'a Michillimakinac” pour y rencontrer soit des Français soit des sauvases avec lesquels ils traitent, Du Luth appartenait à la première catégorie.
Ft au milieu des ces tiraillements des hauts fonctionnasres, le commerce prospérait entre les mains des Français qui avaient l'adresse d'entraîner à leur service les Canadiens déjà épris de la passion des voyages et du goût du déplacement qui les à fait remarquer par tous les historiens. C'était la vigueur, la sève de la colonie qui s'en allait, Huit cents hommes
dans les bois : huit cents terres restées en friches. N'all
ons point croire que la misère chassait ainsi les habitants de chez eux, car la situation du pavs était très belle, Un coup d'œil sur le recensement de 1681 que nous donnons au chapitre suivant le démontre en toutes lettres, De plus, la dette publique se uouvait réduit ne bagatelle, mais l'irréflexion d'une rart et l'appât d'un gain subit de l'autre, faisaient que nos gens prêtaient l'oreille aux protnesses de ceux qui étaient venus de France pou: tirer du castor, Dans ces jours de paix, où l'on ne ‘. + eo A | r ' ‘ | . 2 + Ur « : +4 . * ‘1 comprenait prs le danger qu'il y avait le trop nous étendre et d'éparpiller nos forces, chacun song ait à l'ouest, à l'inconnu, à la fortune acquise en deux ou trois campagnes. Toutes les pensées se portaient vers la traite, Si l'on continue de gêner les coureu:s de bois, disait La Hontan, c'en est fait de la colonie car nos marchands vont manquer de bras pour leur trafic Félas ! ces faiseurs d'argent trouvaient commode de dépeuplr: uvs jeunes paroisses et
d'arrêter l'élan de la colonisation,
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