‹ Histoire des canadiens-français, 1608-1880 [microforme] (volume 4)Chapitre 39 sur 39 · WEB · texte numérisé non relu

WEB

Ré 42 u Ré LES | = |

SCiENnCes orporation

déjà dans le nord-ouest ; en tous cas, ses jeunes frères n'ont dû l'y suivre que plus tard. Son neveu, Christophe Dufrost de La Jemerais, semble ai oir eu surtout la conduite des expéditions qui allaient en Canada porter les pelleteries et qui revenaient avec des marchandise: de traite, * Il s'était, dit M. Margry, associé aux travaux et à la fortune de son oncle dès le commencement de son entreprise.” Les fatigues de ces voyages son inimaginables. Entre les deux giaces, ce qui signiñe entre la débâcle du printemps et les gelées de l'automne, les voyageurs avaient juste le temps d'accomplir leur course, l'aviron à la main, du matin au soir, ne changeant de travail que pour “ faire portage, ” et ne s'arrêtant qu'un peu pour manger et dormir,

Le gouverneur de la Nouvelle-France s'était proposé d'écrire de nouveau au ministre, du moment où La Vérendrye serait parvenu au lac Winnipeg, et de solliciter pour lui les secours nécessaires à la poursuite du -este de son entreprise. Il tint parole et représenta à la cour que l'effort suprême étant fait de la part des particuliers, il devenait impossib'e de passer outre, fante de moyens pécuniaires, et que l'on espérait des secours du roi. La Vérendrye, harcelé par ses équipeurs avides de profits et très peu sensibles aux charmes des découvertes, lassait leur patience à force de s'éloigner dans les terres, tandis qu'il eut été si aisé.de pratiquer un commerce lucratif aux portes du lac Supérieur. Pris entre ces deux sentiments opposés, celui du trafic et celui des découvertes, notre héros leur faisait face à tous deux à la fois. D'un côté il versait des dividendes dans la bourse de la société et d'autre part il sacrifiait tous ses bénéfices personnels, ceux de ses fils, et de plus s'endettait de quarantetrois mille francs, uniquement pour payer ses propres frais de découvertes. Quel exemple, comparé aux exigences des marchands et aux mesquineries de la cour !

Le 10 octobre 1733, le gouverneur et l'intendant Hocquart écrivaient à M. de Maurepas : “ M. de la Jemerays, neveu de M. de la Vérendrye, nous a représenté que, si Sa Majesté voulait en faire la dépense, on pourrait aisément réussir à la découverte de la mer de l'ouest, étant présentement au lac Ouinipigon, mais que, pour eux et leurs associés, ils étaient hors d'état de pouvoir faire cette entreprise, ayant perdu plus de quarante-trois milie livres, et les voyageurs ne voulant aller plus loin qu'ils ne soient payés de ce qui leur est dü, ni les équipeurs fournir des marchandises pour continuer leur voyage. La dépense ne serait pas considérable. Les frais des engagés pendant trois ans, et ce que l'on pourrait fournir des magasins du roi, suivant le calcul que nous en avons fait en présence de M, de la Jemerays, ne monterait tout au plus qu'à trente mille livres. Nous avons l'honneur de vous avertir que, par le traité, nous ne pouvons les obliger d'aller plus loin que le lac Ouinipigon, que nous ne croyions pas si éloigné. ” Après avoir cité cette dépêche, M. Margry ajoute : “ Il fut répondu de la cour qu'il n'était pas convenable que le roi entrât dans la dépense que MM. de Beauharnois et Hocquart proposaient : — ceux qui étaient dans l'entreprise devaient être en état de continuer, par les profits de pelleteries qu'ils étaient à portée de traiter. Mêmes paroles, à peu près, le 12 avril 1735. Le sort en était jeté, M. de la Vérendrye devait

abandonner la découverte ou la faire seul, à ses risques et périls, sans autre moyen qu'un

| | | HISTOIRE DES CANADIENS-FTANÇAIS 157 | privilège de traite. Dans cette alternative, il prit le parti de l'honneur qui fait braver les | dangers et impose des sacrifices. Endetté d'un premier équipement, il s'endetta d’un second ; il employait déjà son neveu et trois de ses fils, ! il prépara son quatrième, âgé de dix-huit ans ?

à accompagner ses frères, l'année suivarte, lui faisant enseigner l'art de lever des plans et de

dresser une carte, et il s'engagea dans cette entreprise où, à force d'énergie, il devait encore

obtenir, malgré tous les obstacles, assez de résultat pour jeter un éclat durable sur son nom

| et sur .elui de l'homme qui avait encouragé ses efforts. ”

Un autre écrivain fait cette observation : “ En lisant la correspondance qui s'étend de la lettre de Talon au roi, du 2 novembre 1671, aux réponses de Maurepas à M. de beauharnois concernant les expéditions des Varennes de la Véranderye en 1735, on est frappé de la condition imposée aux découvreurs de se contenter comme mise de fonds des profits qu'ils

À étaient supposés devoir retirer des privilèges que le gouvernement leur accordait.” Après le nouveau refus essuyé en 1735, M. de Beauharnois crut devoir permettre néanmoins à la Vérendrye d’affermer pendant trois ans à des négociants ses postes de traite, à la condition qu'il n'y ferait aucun commerce, ni directement ni indirectement, * de façon qu'il put s’'avancer davantage vers le but où tendaient tous ses efforts. Cette espèce de demie faveur ne relevait pas la Vérendrye de la dépendance sous laquelle le tenaient les marchands ; elle lui imposait plutôt un surcroît d'obligations, mais il eut le courage de tout accepter.

La ligne de coinmunication, par eau, du lac Supérieur au lac Winnipeg était conime une borne frontière tirée entre les territoires des nations du nord et du sud. Un mémoire officiel, daté de 1736, nous fournit les renseignements qui suivent : “ Les Têtes-de-Boule sont des sauvages errants, qui n'ont aucun village et leur intelligence est fort bornée. Il ont des rapports avec les gens du iac Abbitibis. [ls fréquentent les lacs et les montagnes de l'intérieur eatre ies Trois-Rivières et le lac Supérieur, A la Kamanistigoya, les Ouacé sont au nombre

de soixante ouerriers. Les Indiens des parages du lac Tecamamiouen ou la Pluie comptent cent guerriers ; ce sont les mêmes qui fréquentent le lac Nipigon. Les Cristinaux répandus

aux alentours du lac des Bois comptent deux cents guerriers. Il y a à peu près soixante

| guerriers Cristinaux autour du lac Ouinipevon.” Les Christinaux, peuple pacifique, allaient en | traite tantôt chez les Français, tantôt chez les Anglais. Durant vingt années qu'ils comman-

h dèrent au nord-ouest les La Vérendrye restèrent en bons termes avec eux. Au sud, les

tribus des Sioux, féroces et pilardes, occupaient les plaines et se rencontraient avec les

à Français sur le Mississippi. Elles ne tardèrent pas à avoir connaissance de la marche de nos f découvreurs qui s'avançaient dans la direction de la rivière Rouge, C'est entre ces deux

grandes nations que la Vérendrye se frayait un chemin.

L'expédition de 1736, conduite par l'un de ses fils et par le père Auneau, jésuite, appor-

! Nous les supposons âgés réciproquement de 18, 19 et 20 ans en 1733-4. d'| 2 Il est possible, en effet que ce quatrième fils eut 18 ans en 1734-5. Les garçons de La Vérendrye seraient donc nés en 1713, f 1714, 1715 et 1716, fl # Nous empruntons beaucoup à M. Margry qui a eu l'avantage de consulter certaines pièces dont nous n'avons ni les originaux ni les copies en Canada,

tait du Canada la nouvelle de la mort de ia Jemerais, lequel, dit M. Faillon, après avoir déployé un courage et une intrépidité supérieurs à ses forces, succomba à la suite des privations et des fatigues qu'il avait endurées durant l'hiver de 1736. La Vérendrye paraît avoir quitté le fort Maurepas, sur le lac Winnipeg pour aller au devant de son fils et des vingt et un hommes qui l'accompagnaient. Il était rendu au fort Saint-Charles, au fond du lac des Bois et y attendait, dans un cruel dénuement, des secours du Canada. Au mois de juin (1736) cinq voyageurs canadiens lui apprirent que son fils, le père Auneau et toute leur suite avaient été massacrés récemment sur une île de ce même lac des Bois.! Les voyageurs. “ avaient vu les têtes des Français posées sur des robes de castor, la plupart sans chevelure. Le missionnaire avait un genou en terre, une flèche dans la tête, le sein ouvert, sa main gauche contre terre, la droite élevée. Le sieur de la Vérendrye était couché sur le ventre, le dos ciselé à coup de couteau, une houe enfoncée dans les reins, sans tête, le corps orné de

jarretières et de bracelets de porc épic.”

1 La carte de Jefferys, 1762, indique l'ile au Massacre, côté sud du lac des Bois,

En nettotiee ot em memes

Abénaquis, . seooe sos coogesresess 3 Acadie ue sesseo vooo vues 3718, 21, 40 Ange-Gardien (l}...ses soseeo sosuse

Assiniboils,s os sosie cov60e 0000. 131-3

DAUOR Ni cel ssh di der ester 70 Beaubassin.,.,,.,,,.., Ta r 4, 8, 13, 14 Beauharnois (M. de)....,.,,,..,:,.., 135 Beaumont... sv ceesores pose 699 75 Beauport,..,,,...., detoenoreres e + 70 Bécanconrts. sie sesevcescsoscse vero 78 Bellechasse., .., PR DA 74 Bergier, ..,,.se..oe0 cveeseserseo ee 5 Berthier, ..,..,...esesssesoso sos 79 PSG se sos vovess sers vestes 12

RE Vivace Vend Dee ne 8080 010.6 66 Dodo cnsnosss sos 132 Boisbriant 27, 107, 114 Boucherville, .,,.,,.,. Siéeevere 85, 139

Bcurgeois (Jacrues)..,..,,.,,..,,+. 4 Bouthier..…..

Cap Breton, , . 4 + soso soon soso 96 CRroT (le) re bo isonreevuscer

Cataracoui,.,,.,,.,..

Chambly (M. de)...

Chamean (le)... sue Champlain ...,.....,

Charlesbourg. ,..,,...,4 0, ses Charlevoix .,..,....,..

CRAMOAURMANS enr dass cessent Château-Richer ..,,..,,., PAC ES ANT 69 Chédabouctou...,....,..,,...:. 44, 5 Chignitou. 40, sovses soso sesece 4 Church (colonel)..... cnehoss ose 19 Clarke, , son ssoete eos oo socos co 152

Commerce. .,,. s.sses sossesvese 31» 89 Contrecœur, , .. se sos sos coosvsose 84 Corsaires., , se, so00 osov0e 49 139 171 32 Coureurs de bois. ...,0, «soso soso. 123 Crozat., ..,,00 sovovooovoos vooces se 106

Daigremont.....,.......es.000s 91; 106 Damours (famille), .,.,, sos vo 9-17 Dandonneau ...,,,,:,, ,...0 Denys (Nicolas). .....,,,.,,..

Denys de Fronsac (Richard) .......

Denys de la Rende (Louis) ...,...,,,

Page 1