L'ÉNUMÉRATION ET LA LISTE DES COMMANDEMENTS. IS
France, le précepte du jeune et celui de l'abstinence ; en France, au contraire, il est rejeté au delà des commandements qui imposent la confession annuelle et la communion pascale. Cet ordre est caractéristique de la coutume française dès la fin du xv'^ siècle. Le précepte de ne pas contracter mariage en temps prohibé, celui de payer la dîme et d'éviter les excommuniés se suivent fidèlement dans le même ordre dans tous nos catéchismes français; au dehors, c'est, en général, celui de payer la dîme qui passe le premier. Mais, encore une fois, ce sont là remarques de minime importance : elles n'ont d'autre intention que celle de noter le courant autonome que, dès l'origine, suit, en France, l'énoncé des commandements. Et non seulement le courant est autonome, mais l'énoncé aussi est particulier. La France est la seule qui ait trouvé, pour exprimer les principaux préceptes de l'Eglise, une langue d'une naïveté peut-être enfantine — ce qui serait, dans l'espèce, une qualité — et de plus cette disposition en distiques avec assonances uniformément alternées.
Quand on a étudié les formules plus juridiques et plus savantes usitées chez les théologiens ou chez les autres nations chrétiennes, on revient néanmoins avec une satisfaction sincère à notre vieille liste française du Compost ou Kalendrier des bergers :
Les dimanches messe ouïras Et fêtes do commandement.