‹ Histoire des commandements de l'EgliseChapitre 43 sur 129 · Bulle Universa, du 22 décembre · texte numérisé non relu

Bulle Universa, du 22 décembre

2. <t Mulli jam dubitarc videanlur <iuaenam ex praecepto. (luaevc ex libéra cujusque volunlale, sint servanda, piotatis fervore ob nimiani eorumdem numerositalem tepescente; quinimmo etclamorpauperum frequens oslendil ad nos eamdem multitudineni ob (luotidiani viotus laboribus suis comparandi necessilatem, sibi valde damnosamconquerentium, et quod summopere dolendum est, magno cura animi nostri nioerore didicimustanta saepe saepius malignatum inimicumin Sancto,

Le pape, en effet, savait mieux que personne combien, de toutes parts, en Allemagne, en Angleterre (où la réduction des jours de fcte avait été, en particulier sous Henri YIII, tant de fois réclamée), en Italie, bref dans toute la chrétienté, on demandait une réforme.

Aussi, comme conclusion pratique, Urbain Vlll donnait la liste des fêtes qui, seules désormais, seraient obligatoires pour toute l'Eglise. C'était, parmi les fêtes de Notre-Seigneur : Noël, Pâques et la Pentecôte et les deux jours suivants, la Circoncision, l'Epiphanie, l'Ascension, la Trinité, la Fête-Dieu et l'Invention de la Croix ; parmi celles de la sainte Vierge : la Purification, l'Annonciation, l'Assomption et la Nativité; parmi les fêtes des saints, celles de saint Michel archange (8 mai), Nativité de saint Jean-Baptiste, saint Pierre et saint Paul, saint André, saint Jacques le Majeur, saint Jean, saint Barthélémy, saint Thomas, saint Philippe et saint Jacques, saint Mathieu, saint Simon et saint Jude, saint Matthias, saint Laurent, saint Silvestre, saint Joseph, sainte Anne, la Toussaint et la fête du saint Patron de la région.

Si le nombre des jours de fêtes était désormais fixé et uniforme, il n'était pas notablement réduit, puisque aux trente-quatre jours que l'on vient d'énumérer

utipsa multitudine non ad aedificalionem, et ad laudandum in ecclesiis Deum populi utantur, sed ad otia, vanitates et vitia fréquenter abuti non formident, ita ut quae ad glorificandum divinum nomen sunt primitus instituta, temporis decursu inimicus homo corruperit et in magnam illius olTensionem, gravemque jacluram converterit animarum. »

et qui pouvaient tomber en n'importe quel jour de la semaine il fallait ajouter tous les dimanches. Les plaintes continuèrent donc, et l'on dut progressivement leur donner satisfaction.

Mais afin de rester le plus possible fidèle aux traditions anciennes, au lieu de supprimer complètement la fête, on maintenait l'obligation d'assister à la messe tout en permettant de consacrer au travail le reste de la journée ' .

Le pape Benoît XIV qui donnait cet exposé canonique avait été prié plusieurs fois d'intervenir et d'accorder aux évêques le pouvoir de réduire les trop nombreuses fêtes qui restaient encore, après la réduction opérée par Urbain VllI. A l'évêque de Calahorra qui lui avait fait remarquer que les pauvres gens ne pouvaient plus, avec l'excessive augmentation des fêtes chômées, travailler assez pour gagner leur vie, il permettait, par un induit spécial, de réduire à dix-neuf, en plus des dimanches, le nombre des fêtes chômées^. Il ne resterait plus désormais, aux autres fêtes, que l'obligation d'entendre la messe ; on aurait ensuite toute

1. « In nonnullis dioecesibus numerus dierum festorum de praecepto... eatenus est imminutus, ut nempe in aliquibus festis chrislifideles et missam audire,et ab operibus servilibus abstinere debeant; in aliis vero populo permissum sit opéra senilia exercere, firma rémanente obligatione audiendi niissae sacrificium... >• Benedict. XIV, Conslitul. Ciiui scmpcr, V.) au^ust. 174».

2. « Hominil)us, [(\m manu et labore in sudorc vultus vescenles pane suc, ob ingentem festorum numerum, obtenta alcndae vitae necessitale, vetilis laboribus jani laie aperuerunl), si per omnes dics festos hujusmodi a servilibus operibus abslineant, ad vitam lucre sustentandam baudquaquam lempus sufficlat. » Const. Ciim sicut., i" 1, 3 septembr. i~ii.

permission de se livrer au travail, et sans aucun scrupule de conscience'. En faveur de la Pologne on allait même plus loin. Deux induits accordés aux évoques de Wilna et de Posen permettaient, pour les agriculteurs, de transférer au dimanche suivant les fêtes de précepte qui tombaient en semaine pendant les mois de juillet, août et septembre, la seule fête de l'Assomption exceptée^.

Cependant ces concessions partielles ne paraissaient pas encore suffisantes. Tout un mouvement d'opinion exigeait davantage. Benoît XIV raconte lui-même comment, sous la pression de ce mouvement, il demanda l'avis de quarante théologiens ou canonistes réputés, parmi lesquels plusieurs cardinaux, et que, sur les quarante, trente-trois affirmaient qu'une diminution des jours de fête était nécessaire ou tout à fait utile, quinze d'entre eux le suppliant môme d'opérer cette réduction dans toute l'Eglise par une constitution spéciale; les dix-huit autres pensaient qu'il valait mieux ne procéder que sur la demande des évêques. Le pape se conforma à ce dernier avis; en même temps, il décida de n'accorder d'induit à un diocèse que lorsque les diocèses voisins auraient manifesté le

1. « In reliquis diebus festis... praeceptis, audita missa, laboriosis suorum artium exercitationibus, servili busqué operibus, sine uUo prorsus conscientiae scrupulo vacare possint, auctoritate nostra Apostolica concédas... » Ibid., § 2. — Concession à peu près identique pour le diocèse de Nice. Constit. Inler sollicitas, 11 avril ilio. Item, en 1742, 1743, 1744, 1745, constitutions semblables pour divers diocèses d'Espagne.

2. Const. Xuper pro parie tua, 1 septembr. 1745 et Ut per très, 27 mai 1743.

même désir, afin de réaliser autant que possible l'uniformité. Mais les discussions soulevées par cette affaire avaient été tellement vives que le pape se vit forcé d'interdire l'impression et la publication de tout livre que l'on écrirait dorénavant sur ce sujets

On peut voir dans Ferraris^ une liste des villes et diocèses qui, en 1748, avaient déjà réduit le nombre des jours de fêtes, en ce qui concernait l'abstention des œuvres serviles; cette liste dut s'accroître rapidement.

La réduction porta précisément sur la plupart des fêtes qui étaient les dernières venues au calendrier ; ce furent celles-là qui virent leur solennité diminuée. En France, à l'occasion du Concordat, la réduction atteignit les plus larges proportions : il ne demeura que quatre fêtes, pour lesquelles fût maintenue la double obligation d'assister à la Messe et de s'abstenir des œuvres serviles : Noël, l'Ascension, l'Assomption et la Toussaint ; les autres furent ou bien supprimées complètement pour le peuple, ou, ce qui revient au même pour lui, transférées au dimanche.

Touchant les fêtes transférées ou supprimées un côté de la discipline fut toutefois maintenu : celui qui concerne les curés. L'obligation pour le curé d'appliquer la messe pro populo avait été introduite comme corrélative de l'obligation qu'avaient les fidèles d'y assister •''; et c'est pourquoi les constitutions pontificales

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