‹ Histoire des commandements de l'EgliseChapitre 74 sur 129 · Cf. Didaché, vui · texte numérisé non relu

Cf. Didaché, vui

4. C'est de là qu'ils seront implantes en Angleterre, en Germanie et en F"rance. L'Espagne ne les connaîtra que plus tard, et plus tard encore l'Église de Milan.

nous en pouvons suivre l'hisloire, qui n'est pas d'ailleurs très compliquée.

Les plus anciens documents que nous possédons, et qui nous les montrent déjà tout organisés, sont les sermons de saint Léon. L'institution doit évidemment remonter plus haut. Non seulement le pape en dénonce Torigine dans l'Ancien Testament, affirmant à mainte reprise que ce jeûne participe à la permanence de certains autres préceptes comme celui-ci ; Tu ado~ reras le Seigneur ton Dieu et tu ne serviras que lui seul, et ajoute qu'il faut en attribuer l'institution définitive aux Apôtres ' ; mais dès lors la discipline est complète et l'on donne, avec l'indication des jours de jeûne, la signification religieuse qu'on y attache. Les Quatre-Temps reviennent quatre fois l'an, aux quatre saisons, pour des raisons symboliques diverses^. Chacune des séries avait, en plus, sa signification particulière ; celle du dixième mois, par exemple, avait pour

1. « Jejuniorum vero utilitatem Novi Testamenti gralia non removit : quoniam sicut permanet apud intelligenliam christianam : Dominum tuuni adorabis et illi soli servies... et caetera talium mandatorum; ita quod in eisdem libris de jejuniorum sanctificatione et curatione praeceptum est, nulla iolerpretationc vacuatur. » [Senn. 15, De jej. decimi mensis, c. ii. P. L., t. LIV, 175.) Cf., d'un sermon pour le jeûne du septième mois : « Cui medicinae, dilectissimi, licet tenipus omnesit congruum, hoc tamen habemus aptissimum, quod et apostolicis et legalibus mstihttis videmus clectum. » {Serm. 93, c. m, ?6.,457.)

2. « Ita per totius anni circulum distribula sunt, ut lex abstinentiae omnibus sitascripta temporibus. Siquidem jejunium vernum in quadragesima, aestivum in Pentecoste, autumnale in mense septimo, hiemale autem in hoc, qui est decimus, celebramus, intelligentes divinis nihil vacuum esse praeceptis, et verbo Dei ad eruditionem nostram omnia elementa servire; dum per ipslusmundi cardines, quasi per quatuor evangelia, incessabiliter discimus quod et praedicemus et agamus. » Serm. 19, De jej. decimi mcania, c ii. P. L., t. LIV, 18G.

but de remercier Dieu de la récolte et pour fruit spirituel l'invitation à faire l'aumône '.

Dès lors aussi, la formule par laquelle on les annonce est pour ainsi dire stéréotypée : « Jeûnons donc mercredi et vendredi, et le samedi célébrons la vigile auprès de l'apôtre saint Pierre^. »

Pour saint Léon, les Quatre-Temps étaient un jeûne renouvelé des Juifs, mais qui n'entraînait pas comme chez eux, le pape le fait sonner très haut, l'abstention obligatoire du travail^.

Les quatre saisons avaient chacune sa série de Quatre-Temps. Mais à quelle partie de la saison, à quel mois chaque série était-elle fixée? Nous avons entendu le pape l'annoncer : le jeûne du printemps tombait en Carême, celui de l'été à la Pentecôte, les deux autres en septembre et en décembre. Quant à la partie du mois où l'on devait jeûner, il est malaisé de donner une réponse précise pour l'époque de saint Léon et celle qui le suit immédiatement. De bonne heure, écrit dom Morin, on chercha à rattacher les Quatre-Temps à des semaines déterminées du cycle liturgique, mais on n'y réussit pas aussitôt. Longtemps après, il y avait encore une certaine indétermination.

On a fait observer, de plus^*, que le passage du

1. « ut omnium fructuum collectionc concIusa...circa pauperes esset effusior. • Serm IG, c. ii, i6., 177.

•2. € Quaria igilur el sexta feria jejunemus; sabbato autem apud beatissimum Petrum aposlolum vigilias celebremus. »

3. Saint Léon oppose aux « oliosa jejunia » des Juifs le « nec a justis et necessariis operibus abstinentes » des clirétlens. Cf. Scrrn. 89, 1. P. L., t. LIV, 344.

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