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et particulièrement la terre de Doussais, que Robert restilua solennellement aux chanoines de Saint-Martin de Tours, le 27 mars 897, jourdePâques(l). Quanta l'abbaye deSaint-IIilaire, le puissant bénéfice qui avait servi aux rois de France à diverses reprises pour rémunérer de précieux services, elle se trouvait sans titulaire depuis la mort de l'abbé Eble en 892 ; les deux compétiteurs ^e mirent d'accord pour proposer au roi de l'attribuer à Egfroi,évêque de Poitiers, dont les bons offices avaient dû amener le rapprochement qui s'était fait entre eux ; mais Eudes, tout en acquiesçant à leur demande, laissa indécise la question de possession du comlé ; dans son diplôme, il ne donna à aucun d'eux le titre de comte, il les appelle seulement ses fidèles et des marquis dévoués (2). 11 est possible qu'Eudes ait, en outre, laissé à Aymar la jouissance du comté de Limoges, soit qu'il ait été enlevé par celui-ci aux comtes de Toulouse, qui le possédaient encore en 887 (3), soit qu'Aymar l'ait échangé avec Eudes de Toulouse contre l'Agenais qui, après la mort de Wulgrin,en 886, était tombé dans le lot de Guillaume, beau-père d'Aymar (4). Quoi qu'il en soit, ce dernier était reconnu dès 898 comme comte de Limoges. Au mois de novembre de cette année, il se trouvait dans l'abbaye de Beaulieu en Limousin, oii il assista à la donation de l'église de Condat, en Quercy, faite par un particulier à cette abbaye; le donateur, Godefroy, et sa femme Godilane imposèrent dans l'acte, au bas duquel le comte Aymar apposa sa signature, l'obligation pour les moines de prier pour eux et pour le comte (5). Toutefois il est bien possible que ce dernier ne soit véritablement
(i) Mabille, Pancarte noire, n'> lv, p. 94; Martène, Thés. nov. anecd., I, col. 56.
(2) Rédet, Doc. poar Saint-Hilaire, I, p. iG; Arch. de la Vienne, orig., Saint- Ililaire, n» 9. La partie inférieure de ce diplôme ayant été mutilée, la date a disparu, mais elle peut être établie approximativement par la menlion du chancelier Gautier, archevêque de Sens, qui succéda à Anskerick, au commencement de l'année 89/i.
(3) La domination des comtes de Toulouse sur le Limousin est bien constatée depuis le milieu du ix» siècle jusqu'à l'année 887 ; à partir de celte date, les chroniques aussi bien que les cartulaircs de la région ne font plus menlion d'eux en cette qualité de comtes de Limoges ; le dernier acte où leur nom apparaisse est la vente de la villa du Saillant faite par le comte Eudes et sa femme Garsindc à Frotier, archevêque de Bourges, lequel en fit cadeau à l'abbaye de Beaulieu, au mois d'août 887, en présence d'Egfroi, évcque de Poitiers (Cart. de Bcanlicn, éd. Deloche, p. 24).
(4) La possession de l'Agenais par Guillaume, comte de Périgord, fils de Wulgrin, est indiquée à diverses reprises par Adémar {C/iron., pp. 137, i38, 198).
(5) Cart. de Beaulieu, p. 61.
52 LES COMTES DE POITOl'
eniréen jouissance du pays qu'après la mortd'Eudes, qui avait pu avoir l'inlention de réunir le Limousin à ses domaines. Il est un fait qui témoigne de cette mainmise absolue du roi sur le pays, bien plus complète que sur le Poitou, c'est que l'atelier de Limoges, sur l'ordre du roi de France, frappa monnaie en son nom, tandis qu'il n'ya pas trace de ce nom d'Eudes sur les monnaies du Poitou (1). En ce moment, Charles le Simple était monté sur le trône: Aymar avait reconnu son autorité et il pouvait dès lors se considérer comme possesseur incontesté du Poitou; mais Eble n'avait pas renoncé à l'héritage paternel. A l'exemple de ce qu'avait fait son compétiteur, il agit par surprise : une nuit de l'année 902, profitant, sans nul doute, de l'absence d'Aymar, il pénétra dans Poitiers et se rendit maître de la ville ; cet acte fut le principal épisode de la lutte qui reprenait entre eux. Vaincu, Aymar dut se résignera rentrer dans la vie privée et se fixa en Périgord. Bien que les chroniqueurs ne s'occupent plus de lui jusqu'au moment de sa mort, il est peu présumable qu'il soit resté étranger aux événements qui se sont déroulés pendant celte époque si troublée et dont les faits principaux sont seuls parvenus jusqu'à nous. On doit même admettre qu'après la mort de son oncle Audouin, le comte d'Angoulême, arrivée le 27 mars 916, lequel ne laissait qu'un jeune enfant, Guillaume, surnommé plus tard Taillefer, il a pris de gré ou de force l'administration de ce comté (2). Ce qui pourrait faire croire que ce fut par violence, c'est que, peu après, Lambert, vicomte de Marcillac, et son frère Arnaud, vassaux du comte d'Angoulême, tentèrent d'assassiner Sanche, la femme d'Aymar. Celle-ci échappa à leurs coups ; Bernard, son frère, qui fut plus tard comte de Périgord, se chargea de venger cette injure. Il poursuivit les coupables et, s'élant emparé d'eux, il les fit mettre à mort, le 1 0 avril 918 (3) . Or, ceux-ci laissaient un autre frère, Odolric ou Horric à qui Guillaume Taillefer
(i) Ençel et Serrure, Numismatique du moyen-àge, I, pp. 248 et 249.
(2) On peut tirer un indice de l'importance du rôle joué par Aymar dans les affaires de l'Ang-oumois de ce fait que la date de sa mort a été notée par la chronique d'Angoulême qui, en dehors des évêques, ne cite que les comtes de ce pays, et elle le fait dans la même forme concise : « DCCCCXXX. Quarto nonas aprilis Ademarus comes obiit » (Chron. Entjolism., p. 8).
(3) Chron. Engolism., p. 8, et Hist. pontif. el corn. Engolisin., p. 21; Chron, d'Adémur, pp. i38, il^h, 198 el 200.