‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 2)Chapitre 192 sur 1172 · Actes du synode dans Lakota, op. cit., p · texte numérisé non relu

Actes du synode dans Lakota, op. cit., p

après s'être occupés du chapitre des chanoines, ils ne font que codifier les règles et remèdes proposés par Lewicki dans son rapport.

!.. Remerciements à l'empereur d'avoir érigé un chapitre de dix chanoines et décision de placer en hypothèques les sommes offertes par le clergé.

2. Les églises et les presbytères seront restaurés; l'observance des dimanches et jours de fêtes mieux imposée aux fidèles; le catéchisme plus régulièrement enseigné ces jours-là; les livres liturgiques manquants achetés; les ornements et linges d'Église mieux entretenus.

3. Erection d'une école de chantres-sacristains et d'instituteurs auprès de la cathédrale. Divers protoprêtres promettent également d'eu établir dans leur district. Une société est créée pour publier des livres élémentaires de religion.

4. Les prêtres paroissiaux observeront fidèlement les rites et les jeûnes, porteront toujours les habits cléricaux, feront des lectures en vue d'enseigner leurs fidèles, éviteront les familiarités déplacées avec leurs paroissiens, n'exigeront pas de droits d'étole exagérés, seront sobres et modestes, obéiront au protoprêtre, garderont les registres de leur paroisse en bon ordre.

5. Des négociations sont entreprises avec le gouvernement en vue d'ériger de nouvelles paroisses, tout au moins dans les filiales annexées à des églises principales et ne possédant pas de clergé local.

<>. Création d'un fonds pour les veuves et orphelins de prêtres.

7. Les curés inclineront de bonne heure leurs enfants vers l'état ecclésiastique; ceux-ci pourront étudier soit au séminaire général (de Lwovv), soit à l'internat de Vienne.

En cette même année 1818, Lewicki peut se décharger de l'administration du diocèse de Przemysl sur le nouvel évêque Jean Snigurski, homme de valeur1, qui occupera le siège jusqu'en 1847. Le métropolite lui-même aura une carrière plus honorable et plus longue encore : il deviendra cardinal et ne mourra qu'en 1858. Sous ces deuxéminents prélats, l'Eglise ruthène de Galicie est consolidée sur les hases indiquées par le synode diocésain de 1818 : multiplication des paroisses et des écoles paroissiales, recrutement activé du personnel clérical et enseignant et formation sérieuse dans les semimues cl les écoles normales tenues par le clergé séculier. On ne parle presque plus des Basiliens qui sont en pleine décadence, comme d'ailleurs presque tous les ordres religieux d'Autriche-llongrie.

Eu Russie, le bilan est tout négatif. Dès 1839 trois évêques rutliènes adhèrent à l'Église orthodoxe officielle, en sorte qu'il ne

1. .). Zelechowski, Joann Snif^urski, ego zizn i djejatelnost \> Galiiakùf Rlftt, Lwow, 1K%.

reste plus que l'énergique évêque de Chelm, Philippe Szumborski; sa fuite forcée en 1841 marque le début de la longue agonie de son diocèse, qui sera à son tour englobé dans l'Église tsariste en 1875. Le danger d'absorption prévu dès 1589 se réalise.

L'Église ruthène unie a acquis peu à peu une physionomie propre qui la distingue des dissidents russophiles et la rapproche du catholicisme latin. Cette physionomie avait été accentuée par le concile de Zamosc. Aussi incomplète que fût la réglementation édictée par celui-ci, elle devint, au milieu de la désorganisation politique et religieuse accompagnant les partages successifs de la Pologne, la seule base juridique à laquelle se rallier. De par la volonté du Saint-Siège et les circonstances, elle est officiellement acceptée par la province ruthène de Galicie et assure ainsi la continuité de la discipline dans ces régions. Les diocèses dépendant du métropolitain latin de Hongrie ne peuvent non plus, au milieu de l'ignorance juridique générale de l'époque, s'empêcher de s'aligner en partie sur le concile de Zamosc. Le texte de celui-ci est d'ailleurs réimprimé à Rome en 1838. C'est à posteriori qu'il faut donc juger ce document juridique qui, au début, avait appelé certaines réserves, même de la part du Saint-Siège.

Page 1