Cf. supra, I, iv
8. Le canon précise que pour apporter quelque changement au rite, de même que pour toute affaire importante, le patriarche doit consulter les évêques, tout comme ceux-ci lo consulteront conformément au can. 9 d'Antioche qui est cité en entier.
9. Alors que les autres canons du concile sont rédigés à la forme impersonnelle, celui-ci émane de « nous tous métropolites et évêques ».
10. Basés, précisent les évêques, tant sur les sacrés canons que sur la coutume immémoriale et la concession expresse ou tacite des Souverains pontifes.
même que le patriarche vis-à-vis du pape h Ils commémorent le nom du patriarche dans les offices après celui du Souverain pontife. Le patriarche doit également mentionner le pape et ne peut rien entreprendre d'important sans son assentiment.
4. Le patriarche a juridiction sur tous les Maronites d'Orient, même en dehors des limites de l'ancien patriarcat d'Antioche.
5. Le patriarche aura un diocèse dépendant immédiatement de lui et une curie pour l'administration de celui-ci. La résidence actuelle du patriarche est Qannoubin 2 et ne peut être changée sans approbation du concile des évêques.
6. La curie patriarcale proprement dite sera composée de prêtres et d'un ou de deux évêques titulaires.
7. L'élection du patriarche est faite par les seuls évêques du rite. Elle commence le dixième jour après le décès du patriarche précédent; le vote définitif ne peut être acquis que si les évêques sont au moins au nombre de six. On ne peut voter par procureur. L'élection se fait par bulletins écrits et secrets et l'élu doit réunir 2/3 des voix. L'élection ne peut avoir lieu par acclamation qu'à l'unanimité. L'élu doit avoir au moins quarante ans et être prêtre. Mais on observera l'ancienne coutume de choisir un évêque. Après son élection, le patriarche enverra un procureur à Rome, muni de sa profession de foi et d'une lettre d'obéissance au pape, lui demandant confirmation de l'élection et le pallium. Celui-ci est distinct de 1! ' omophorion, que le patriarche porte aussi et peut lui-même accorder aux évêques 3.
8. Aucun clerc, ni aucun laïque ne peut se mêler de l'élection patriarcale.
9. Tous les dix ans, le patriarche doit faire, au moins par procureur, la visite ad limina apostolorum.
10. De même que les clercs et les laïques ne peuvent former des conjurations contre les évêques, ceux-ci ne peuvent conspirer contre le patriarche. Le patriarche n'est justiciable que du pape 4.
Ce dernier canon a pour but d'empêcher que se reproduisent les abus dont avait été victime le patriarche Jacques Aouad. Le statut respectif des évêques et du patriarche est une des pièces maîtresses du concile du Mont-Liban; il voulait mettre fin à une situation confuse existant jusqu'alors et fut sans doute l'objet de quelques retouches,
1. Le canon cite les deux textes du pontifical maronite (cf. J. A. Assemanus, Codex liturgicus EccUsise universx, rééd. anastatique, Paris, 1902, t. ix, p. 22-24, et t. x, p. 91-92).
2. Ce canon donne la liste traditionnelle des patriarches maronites et de leurs résidences successives.
3. Ce canon cite le can. 27 du concile de Constantinople de 869-870.
4. Le concile cite le can. 21 du concile de Constantinople de 869-870.
ainsi que l'atteste la forme solennelle par laquelle les évêques reconnaissent les droits du patriarche. Mais, d'autre part, ils ne sont plus de simples délégués de celui-ci dans leur diocèse, ils y exercent une autorité propre et doivent y résider.