VI. — Concile d'Aïn-Chaqiq en
Le patriarche Estéphan montra son ressentiment à l'égard de Michel El-Khazen et sa reconnaissance à Joseph El-Tian, en ordon-
1. Texte italien aux Archives de la S. Congr. de la Propagande, Congr. part, dei Maroniti dell'anno 1781, vol. cxxxvm, fol. 111-114, v°.
2. Décisions de la commission cardinalice spéciale des 18 sept. 1781 et 15 sept.
3. Lettre de Pie VI au clergé et au peuple maronites, du 20 oct. 1783 (dans Anaïssi, Bullarium..., n. 177, p. 419-421).
4. Collect. Lac, t. n, col. 495-500; de Martini», t. iv, p. 291-296; Anaïssi, Bullarium..., n. 178, p. 421-429.
nant celui-ci évêque et en lui attribuant le siège de Damas. Il éleva également à la dignité épiscopale Jean El-Hélou dit Dolci, qui reçut le simple titre de Saint- Jean-d' Acre. Mgr Craveri ordonna à Rstéphan de tenir le plus tôt possible un concile; de décider du sort des bâtiments de Békorki, attribués par le Saint Siège à la nation maronite, et éventuellement d'y établir la résidence patriarcale; de veiller à l'élection d'évêques aux sièges vacants de Gebail et Batroun, de Tripoli et de Chypre 1 ; de régler le cas des évêques titulaires ; de rassembler les écrits d'Hendiyé, de l'enfermer elle et la vice-supérieure Catherine dans deux monastères différents.
Les notables laïques et spécialement Gandour Saad El-Khoury, fils de feu l'ancien ministre de l'émir Joseph Chihab et lui-même attaché à la personne de celui-ci, suivaient, depuis que le pape avait fait appel à leur appui dans les récents événements, l'évolution de la situation, notamment en ce qui concerne les élections épiscopales et l'établissement de la résidence patriarcale à Békorki, endroit d'accès facile — projets auxquels ils étaient favorables. Joseph Estéphan eut l'idée de leur suggérer de présenter au concile une supplique; il semble avoir inspiré jusqu'aux termes mêmes de celle-ci, puisqu'il y fit inclure d'autres desiderata, qui lui tenaient personnellement à cœur et qui modifiaient ou interprétaient dans son sens les décrets du Mont-Liban. Le patriarche voulait manifestement prendre sa revanche sur le terrain et avec les armes — l'appui du pouvoir civil — qu'avait choisis Craveri, qui ne fut d'ailleurs pas invité l'assemblée.
Le concile eut lieu du 6 au 11 septembre 1786 en l'église Notre- Dame à Aïn-Chaqiq 2. Le mercredi 6, à 2 heures de l'après-midi, s< réunirent autour du patriarche les évêques résidentiels Arsène Choukri, d'Alep; Gabriel Moubarak, de Baalbek; Joseph El-Tian, d( Damas; les évêques titulaires Germain Diab, de Homs; Paul Estéphan, de Cyr; Jean El-Helou, de Saint- Jean d'Acre, et Josepl Nejeim; en outre, le prêtre Joseph El-Khazen, procureur de Micht Fadel, évêque de Beyrouth; les abbés généraux des trois congrégations monastiques; les supérieurs des monastères ne dépendanl d'aucune de ces congrégations; les anciens élèves du collège maronite à Rome; quelques prêtres séculiers et réguliers; Gandour El- Khoury et un grand nombre de notables laïques.
Après une prière récitée par l'évêque d'Alep, les litanies des saint*