Dandini, op. cit., 1. I, c. xxx, p
conciles. — XI. — 3 —
avec extension de l'empêchement de mariage jusqu'au quatrième degré. Mais il ne parvint pas à faire adopter ces décisions par le concile. Par contre, le patriarche proposait de suivre en matière de jeûne et d'abstinence les moins rigoureuses observances romaines. Mais Dandini s'y opposa, disant que ce serait abandon du rite : il rendait aux évêques la monnaie de leur pièce.
Enfin, le légat aborda les deux autres questions à traiter au synode et qui concernaient les élèves du collège maronite en la Ville Éternelle l. Il ne rencontra aucune difficulté à faire admettre qu'on n'y enverrait plus à l'avenir que des jeunes gens âgés de quatorze ans, qui feraient d'abord au Liban une année d'études préparatoires. Il y eut moins d'unanimité lorsqu'il parla de l'utilisation des anciens élèves, actuels et futurs. L'idée du Saint-Siège était de leur donner, outre des évêchés ou des paroisses importantes, des fonctions sortant des cadres traditionnels : confesser et prêcher, diriger les cas de conscience, censurer les livres, assurer les missions de confiance auprès ou au nom des évêques. Pour rémunérer ces fonctions, il aurait fallu prendre sur les revenus des évêques ou des prêtres de paroisse, et Dandini dut promettre qu'il demanderait au Saint-Siège une petite pension pour les anciens élèves ainsi employés, avant que les évêques ne s'engageassent de leur côté à entrer dans les vues pontificales. Dandini avait ouvert les voies, il se garda prudemment d'exiger des accords définitifs et de les faire acter par écrit, se réservant de revenir sur ces questions en temps opportun. De même, il évita de parler au concile de problèmes plus brûlants encore : la réforme des moines, les besoins des Maronites de Chypre. Il en conféra avec le patriarche et obtint de celui-ci satisfaction sur le dernier point : le patriarche écrirait à Rome pour qu'on y conférât la charge épiscopale de l'île à un ancien élève du collège maronite. D'ailleurs Dandini avait hâte de clôturer le concile. Celui-ci durait déjà depuis trois jours et avait attiré beaucoup de monde, dont des Turcs, qui auraient pu ébruiter la chose et attirer des ennuis de la part des autorités musulmanes. L'assemblée fut donc levée le 20 septembre 1596.
Dandini partit faire une tournée dans les monastères 2, afin de voir de plus près en quoi devrait consister cette réforme pour laquelle il avait rencontré aussi peu d'appui. Mais il fut rappelé le 5 octobre par le décès du patriarche Serge. Prétextant de sa volonté de laisser pleine liberté aux Maronites, il ne voulut point assister à l'élection du successeur; en fait, il prévoyait que cette fois encore un Risi,