Dandini, op. cit., 1. I, c. xxxm, p
3. L'archevêque Moïse Anaïssi lui conféra tous les ordres, jusqu'à la prêtrise inclusivement, suivant le pontifical romain; le patriarche l'ordonna archiprètre cl eveque selon le rite maronite. On voit ici comment l'idée d'introduire le pou lifical romain pour les ordinations n'avait pas complètement disparu. Dans une lettre du 25 déc. 1596, Amira annonça à Clément VIII son élévation à l'épiscopat et sollicita une pension personnelle, qu'il obtint d'ailleurs (Anaïssi, Collectio documentorum, n. 58, p. 92-93).
24 LIVRE l, CHAPITRE I
et qu'il continuât, à s'occuper au Liban de la correction et de l'impression des livres.
Le synode du 13 novembre ne fut pas un succès pour Dandiui '. En dehors du patriarche et des deux évêques nouvellement créés, Anaïssi et Amira, un seul archevêque y assista. L'assemblée approuva le concile précédent et adopta six canons assez peu importants.
1. Les prêtres mettront les vêtements sacrés avant de préparer le pain et le vin de la messe 2.
2. Il ne faut pas exiger le mariage des candidats aux ordres, le célibat étant un état plus parfait 3.
3. Les évêques doivent porter les habits de leur dignité 4. Sauf au patriarcat, il ne peut y avoir plus d'un évêque en un même lieu 5.
4. On désignera pour la prédication ceux qui sont particulièrement aptes. Personne ne prêchera sans y avoir été autorisé par le patriarche ou par son évêque.
5. Les prêtres ne s'occuperont plus dorénavant de rassembler les impôts pour les Turcs 6.
6. Les moines vivront à l'écart des femmes; celles-ci ne pourront avoir accès aux monastères d'hommes, si ce n'est dans les églises.
Pour ménager la susceptibilité des Maronites, un ajouté spécifiait que ces canons n'introduisaient aucune nouveauté, mais rappelaient simplement des usages moins observés dans les derniers temps.
Les conditions atmosphériques étant devenues favorables, Dandini ne voulut pas tarder plus longtemps à s'embarquer pour la Palestine. Mais avant de partir, il laissa au patriarche un mémoire dans lequel
1. Le procès-verbal latin donne la date d'ancien style, 3 novembre. Il reproduit les six canons adoptés (Dandini, op. cit., p. 128-130), dont le récit italien de Dandini donne un texte plus abrégé (ibid., p. 119-120). Seule la version arabe (G. Manache, op. cit., p. 30-37) dorme la liste des présences. Le texte latin figure dans l'Appendice, sous le n. m, dans les éditions latines du concile du Mont-Liban de 1736 et se trouve aussi isolément dans Mansi, op. cit., t. xxxv, col. 1027-1028.
2. Cette préparation est en effet effectuée par le prêtre dans les rites orientaux. Elle se fait généralement avec les ornements sacrés. Mais, dans sa description de la messe maronite, Dandini raconte que certains prêtres ne revêtaient les ornements qu'après cette préparation des oblations (op. cit., 1. I, c. xxiv, p. 80). Ce double usage correspondait à des variantes dans les formulaires liturgiques en vigueur (cf. Dib, Étude sur la liturgie maronite, p. 46-47).
3. Dans les Eglises orientales, le mariage des ministres sacrés était autorisé, mais il devait avoir lieu avant le diaconat.
4. Les évêques maronites portaient l'habit noir, et ceux qui habitaient les monastères ne se distinguaient souvent en rien des moines.
5. Le cas se produisait souvent dans les monastères. — Tout ce can. 3 semble bien inspiré par l'enquête que venait de faire Dandini dans les monastères maronites.
6. Cet impôt était prélevé par les prêtres de paroisse, qui répartissaient sur chaque tête la somme à fournir aux Turcs.
il lui indiquait toutes les questions laissées en suspens \ Ce mémoire comprend quinze articles. Il demandait de faire exécuter des copies des décrets du double concile de 1596 et de les remettre aux évêques et aux prêtres des localités les plus importantes (art. 1). Il rappelait les conditions requises des jeunes gens à envoyer au collège maronite (art. 2) et la promesse de donner des occupations convenables aux anciens élèves (art. 3). L'un d'eux serait demandé à Rome comme évêque de Chypre (art. 4), un autre comme évêque à Aqoura 2 (art. 5) ; entre temps un visiteur serait envoyé dans ces territoires. Le patriarche enverrait des mandataires à Rome pour faire hommage au pape, demander la confirmation de son élection et l'octroi du pallium (art. 6). Il désignerait quelqu'un pour composer les livres à l'usage des Maronites — Dandini proposait une fois de plus que le nouvel archevêque Georges Amira soit employé à cet effet (art. 7). La réforme monastique à accomplir comporterait, outre les trois points déjà signalés qui n'avaient pas été repris au concile (art. 8, 9 et 11), un renforcement de l'obéissance au supérieur (art. 10), et l'observance stricte d'un an de noviciat, suivi d'une profession publique des trois vœux (art. 12). Dandini demandait de tenir davantage compte des irrégularités aux ordinations, notamment des défectuosités corporelles (art. 13) ; de libérer de l'impôt turc les prêtres qui, sans paroisse fixe, assureraient le ministère des âmes (art. 14); enfin de rechercher en tout uniquement la gloire de Dieu (art. 15). Le 22 novembre 1596, Dandini quittait Tripoli pour la Terre sainte. A son retour à Rome, il fut reçu par Clément VITÏ, le 27 octobre 1597, et lui rendit compte de sa mission 3.
Deux ans après les conciles de 1596, Joseph Risi tint une nouvelle assemblée au village de Moïse (Baïat-Moussa), dans l'église du lieu4. Six évêques et quelques prêtres l'entourèrent, trente-cinq canons furent adoptés, dont quelques-uns reprennent des décisions déjà arrêtées antérieurement. Le but du concile semble avoir été de fournir un relevé systématique des règles nouvelles en matière de sacrements, auxquels se rapportent la plupart des canons.
1. Le baptême sera conféré dans un délai de huit à douze jours après la naissance5.