‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 2)Chapitre 442 sur 1172 · Luc, i · texte numérisé non relu

Luc, i

2. Publié en 1839. A l'office, seul le patriarche fait mention du pape; l'évêque et les prêtres dépendant immédiatement du patriarche nomment celui-ci; les autres prêtres nomment leur évêque.

du patriarche. Mazloum prononça une allocution, déclarant qu'en effet les canons devaient être immédiatement mis en vigueur, mais que néanmoins ils seraient envoyés pour approbation à Rome. Certains évêques lui firent remarquer que ceci devrait logiquement précéder cela, mais Mazloum riposta qu'il était le maître 1.

Le concile n'était toutefois pas complètement terminé : des réunions privées eurent encore lieu à la résidence jusqu'au 2 juillet 2. Elles s'occupèrent notamment d'assurer un diocèse à Mgr Totungi, ordonné évêque titulaire alors qu'il était supérieur d'Aïn-Traz, mais qui se trouvait sans situation depuis qu'il avait perdu cette charge. De même que Mazloum avait pris sa revanche sur l'évêque de Tyr, il en eut une autre sur son coopposant, l'évêque de Beyrouth, en décidant de détacher du diocèse de ce dernier le district de Gebaïl pour le donner à Totungi. A la réunion du 29 juin, l'évêque de Beyrouth protesta contre ce démembrement de son évêché, décidé après que la séance solennelle de signature des actes avait eu lieu. Il rédigea le même jour une déclaration d'appel à Rome, qu'il fit remettre le lendemain au patriarche. Celui-ci répondit en le suspendant de l'usage des pontificaux.

Le 4 juillet, le patriarche s'embarqua pour Beyrouth, d'où il écrivit un mandement pour notifier aux habitants du district de Gebaïl qu'ils avaient désormais à reconnaître Totungi comme évêque, ce qui provoqua de violents incidents dans la région. Le délégué apostolique ayant fait savoir à Mazloum qu'il avait reçu l'appel de l'évêque de Beyrouth et que cet appel était suspensif, Mazloum dut retirer son mandement.

Pendant le concile de Jérusalem, l'évêque d'Alep avait écrit à la Propagande pour justifier la préséance de son siège contre l'opposition faite par l'évêque de Tyr; il avait invoqué divers documents signés par les prélats melkites depuis leur retour à l'Unité. En apprenant cela, l'évêque de Tyr envoya de son côté un long mémoire à Rome sur la question. En outre, lui et son collègue de Beyrouth racontèrent leurs déboires respectifs à Athanase Obéïd, qui n'était point venu au concile, et à trois ils rédigèrent deux lettres de protestation à Propagande, dans lesquelles ils énuméraient tous les griefs qu'ils avaient contre le concile de Jérusalem.

Leur deuxième lettre date du 15 août 1850, ce qui montre qu'après un an les discussions étaient loin de s'éteindre. En effet, au début de 1851, le général et les quatre définiteurs des Salvatoriens firent

1. Lettre de Mgr Villardel à la Propagande, en date du 13 sept. 1849.

2. Il faut corriger en 20 juin (vieux style) la date du 15 juin donnée par Mansi, t. xlvi, notamment dans le procès-verbal du concile, qui déclare explicitement que le concile dura 40 jours (col. 1142).

également appel à Rome contre la quatrième partie des canons de Jérusalem, qu'ils estimaient léser leurs droits. Les moines chouérites au contraire, une fois de plus en conflit avec leur Ordinaire, l'évêque de Beyrouth, prirent fait et cause pour l'adversaire de celui-ci, le patriarche Mazloum.

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