‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 2)Chapitre 82 sur 1172 · Usage d'origine judaïque (cf. Lev., xn · texte numérisé non relu

Usage d'origine judaïque (cf. Lev., xn

2. Les chrétiens, comme les autres Indiens, adoptaient librement qui ils voulaient, même au détriment de leur descendance légitime.

22. Cette adoption aura lieu, suivant l'usage du pays, devant l'évêque. Celui-ci fera préciser explicitement que, si l'adoptant a des enfants dans la suite, l'adoption sera sans valeur.

23. Les chrétiens s'efforceront de vivre dans les mêmes villages et hameaux, afin d'éviter la promiscuité des infidèles et l'éloignement de l'église. On construira des villages spéciaux et de nouvelles églises pour ceux qui, en vue de se conformer à ces directives, abandonnent leur domicile actuel.

24. Le synode demande au métropolitain de solliciter du roi du Portugal qu'il prenne tous les chrétiens du diocèse sous sa protection, afin de les défendre contre les exactions des rois païens K

25. L'autographe du synode signé par tous ceux qui y ont été convoqués sera conservé aux archives des jésuites de Vaïpicota2; un autre exemplaire, signé par le métropolitain, l'archidiacre Georges et ceux que le métropolitain désignera à cet effet, sera déposé aux archives de la cathédrale d'Angamalé. Des copies seront faites d'après le texte malayalam de l'autographe et signées par l'archidiacre et le supérieur de Vaïpicota ; un exemplaire sera remis à chaque paroisse; on en lira une partie au peuple chaque jour férié, à moins qu'il y ait sermon, et tant que le catéchisme ne sera pas parvenu.

Après ce dernier décret, le diocèse fut partagé en soixante-quinze paroisses, et un vicaire désigné pour chacune d'elles 3. A tour de rôle les prêtres ainsi nommés s'approchèrent de Menezes pour recevoir de ses mains leur lettre de nomination. Le métropolitain leur exposa brièvement leurs devoirs; dans le délai d'un mois ils devaient dresser la liste de leurs paroissiens ; ceux-ci devaient venir se confesser au cours des deux mois suivants.

Menezes adressa ensuite une allocution plus solennelle 4 à toute l'assemblée. Il l'invita à venir signer les actes du synode, tout en lui permettant encore une dernière fois de proposer les doutes et difficultés qu'elle voudrait voir résoudre. Certains membres du synode présentèrent quelques objections auxquelles le métropolitain s'empressa de répondre. Les actes du synode lui furent alors présentés

1. Le synode reprenait ainsi et étendait la déclaration faite par Menezes à la fin de la deuxième journée. Il est possible que ce dernier canon ait été ajouté, au cours du synode même, aux actes préparés d'avance.

2. Cet autographe était sans doute rédigé à la fois en portugais et en malayalam.

3. Ces nominations avaient été proposées dans les séances préparatoires au synode (de Gouvea, Iornada, 1. I, c. xxn, fol. 70, r°). — II semble qu'en général Menezes ait nommé un prêtre appartenant déjà à l'église du lieu; il choisit cependant quelques prêtres étrangers à leur nouvelle paroisse et en installa plusieurs au cours de sa visite après le synode (de Gouvea, op. cit., 1. II, c. i, fol. 74, r°).

4. Elle se rapproche fort du modèle indiqué dans le pontifical romain.

et il les signa de son trône. Ils furent déposés sur une table au milieu du chœur, et l'archidiacre Georges, les cassanares, les clercs, les délégués laïques vinrent apposer leur signature tout en déclarant qu'ils le faisaient librement et de plein gré. Pendant cette cérémonie, le même cassanare qui avait profité de la prestation initiale de serment pour susciter des troubles, organisa un nouveau tumulte sous le portail. Menezes fit appeler devant lui les coupables ; il leur demanda s'ils avaient encore une objection à formuler : ils ne surent que répondre.

Menezes entonna le Te Deum et une solennelle procession se mit en marche : le peuple en tête chantait des cantiques en malayalam, le clergé malabare venait ensuite et psalmodiait en syriaque, le clergé latin et Menezes chantaient des hymnes latins et clôturaient la marche. Au moment où la procession allait sortir de l'église, elle fut arrêtée par une véritable pluie d'orage. Déjà les mécontents y voyaient une revanche de S. Thomas. Par deux fois l'archevêque dut ordonner, même avec colère, de sortir malgré tout. Lorsque la croix processionnelle franchit le portail, la pluie cessa subitement, et on se plut à y reconnaître la réponse définitive du ciel1. La procession étant rentrée à l'église, le synode fut clôturé suivant les formes prévues au pontifical romain.

L'assemblée se dispersa. Menezes demeura à l'église avec son entourage. Avec l'aide des jésuites connaissant le malayalam, il fit passer aux vicaires l'examen sur la manière de confesser. Il remit à chacun d'eux une pierre d'autel, une boîte des saintes huiles, le rituel traduit en syriaque, un surplis. Il trancha, avec l'aide de quelques notables laïques, certains conflits qui lui étaient soumis; il accorda des dispenses de mariage et leva des censures. Il eut à s'occuper spécialement du cas d'un cassanare qui prétendait chasser le diable. Si ce n'est donc pas au synode même que, selon l'usage ancien, ces questions contentieuses furent traitées, ce fut cependant à son occasion et devant une élite de clercs et de laïques.

Après le synode, Menezes veilla d'abord à l'application des décrets à Diamper même 2, puis continua la visite des localités habitées par les Malabares, qu'il avait entreprise avant l'assemblée, en compagnie des mêmes collaborateurs et de quelques cassanares.

En chaque lieu, il ne se contenta pas d'accomplir toutes les céré-

1 . Cf. de Gouvea, ïornada, 1. I, c. xxn, fol. 72, r°, et la fin des Actes du synode (éd. de 1606, fol. 58, v°-59, r°; Mansi, t. xxxv, col. 1361) : les deux textes présentent une parenté certaine.

2. La formule du baptême ayant été jugée corrompue dans les livres litur- '.;i<|ii< s de l'église, Menezes fit rebaptiser en secret tous les chrétiens de Diamper.

monies prescrites par le pontifical romain x et de conférer le sacrement de la confirmation à tous les chrétiens 2, mais il veilla spécialement à la mise en vigueur du synode 3. Il en faisait lire au peuple les principaux décrets, il exigeait des clercs et des laïques notables qui n'avaient pas assisté à l'assemblée le serment prescrit par celle-ci 4. Lorsque le vicaire de la paroisse, parce que étranger à celle-ci, n'avait pas encore pris possession de ses fonctions, Menezes l'y installait lui-même. L'archevêque faisait élire par le peuple les quatre économes prévus par le synode 5, vider les troncs, discuter de l'emploi de l'argent et aussi de la rémunération que les paroissiens devraient dorénavant payer au vicaire 6. Il faisait subir un examen aux cassanares et donnait aux plus capables d'entre eux le pouvoir de confesser; pour instruire le peuple et l'engager à la pénitence, il se confessait lui-même dans le chœur, à la vue de tous, à son confesseur habituel. Il faisait apporter tous les livres syriaques; le P. Roz, aidé de quelques cassanares, corrigeait les uns et on brûlait les autres. Menezes conférait le baptême aux chrétiens qui ne l'avaient pas encore reçu; il faisait prêcher aux païens, dont parfois quelques-uns se convertirent. Il prenait un contact direct avec le peuple, circulait dans les rues, visitait les malades.

Menezes rencontra encore certaines oppositions venant du clergé 7 ou des laïques8; il eut des difficultés spéciales avec quelques cassanares qui tombaient sous l'obligation de se séparer de leur femme 9. Il veilla à la délimitation des circonscriptions dans les localités où il y avait plusieurs églises; il érigea quelques paroisses nouvelles et

t. Menezes profitait de l'absoute des morts pour faire donner d'abord une brève explication sur l'existence du purgatoire, dont les Malabares n'avaient aucune idée.

2. A cette occasion, il faisait changer de nom ceux qui s'appelaient Jésus (cf. can. 16 sur le baptême).

3. De Gouvea, op. cit., 1. II, c. i, fol. 73, r°-75, v°, et la fin des Actes du synode (éd. de 1606, fol. 59, r°-60, r°; Mansi, t. xxxv, col. 1361-1364) donnent un récit assez semblable de la manière ordinaire dont se déroulaient les visites. De Gouvea consacre ensuite les autres chapitres du livre II (fol. 75, r°-114, v°) à décrire dans le détail le voyage de Menezes et les épisodes caractéristiques qui se passèrent en chaque endroit.

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