‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 148 sur 407 · Continuation du différend au sujet de 1 appel à Rome · texte numérisé non relu

Continuation du différend au sujet de 1 appel à Rome

Les évèques africains présents au concile cnvovérent au pape Bonilace une lettre svnodale ainsi conçue - : « Ils voulaient lui laire part de ce tiu! avait été conclu entre le concile et les léuats du '- ■" "*J pape, et qui eût lait la joie de Zosime. Apiaiius repentant avait été admis à la communion ; Urhain de Sicca avait auparavant et sans hésiter adouci sa sentence dans la mesure demandée par le pape. Pour éviter désormais toute division, on avait décidé de maintenir Apiarius dans l'ordre sacerdotal, mais de l'éloigner de l'Eglise de Sicca. On lui avait remis un epîstoliiim, l'autorisant à exercer les fonctions sacerdotales partout où il voudrait ou partout où il pourrait. Avant la solution de cette affaire les évèques avaient demandé, après de longues délibérations, aux légats romains de donner lecture de leurs instructions écrites ; ceux-ci avaient lu, outre ces instructions, le commonitoriitm énonçant qu ils devaient traiter avec les Africains sur les quatre points suivants :

1) Sur l'appel des évèques à Rome,

2) Sur les trop nombreux voyages des évèques ii la cour,

3) Sur l'appel porté aux évè(jucs voisins par les prêtres et les diacres excommuniés par leur propre évèque.

4) Au sujet d'Urbain de Sicca, et de son excommunication ou de sa citation à Rome, au cas où il ne s'amenderait pas.

1. Mansi, op. cit., t. m, col. 827 sq. ; t. iv, col. 435 sq. ; Ilardouin, up. cit., 1. I, col. 938 sq. Le document fui, du reste, rédif^é au nom des 217 évèques qui avaient assisté à la première session, et qui se trouvaient ensuite représentés p.Ti- des députés.

2. On voit que celte lettre a été écrite le lendemain du jour de la seconde séance, par conséquent le 31 mai 419, par ces mots de l'archevêque Aurélius, dans le canon 133 du CoJe.r canonum Jicclesix africanx : Die set/ueiiti... venerabili fratri et coepiscopo nostro Bonifacio rescribemus.

Sur le premier et le troisième point, on avait déjà l'année précédente, fait connaître au pape Zosime la bonne volonté du concile qui consentaitk observer ces deux points jusqu'aprèsavoir étudié les actes de Nicée. On renouvelait ces déclarations au pape Boniface, et on lui recommandait de veiller à ce que ces deux canons (attribués à tort au concile de Nicée et appartenant en f<iit au concile de Sardique) sur l'appel des évéques et des prêtres, fussent observés non-seulement en Afrique, m;iis encore en Italie ^. On avait fait insérer ces canons dans les actes jusqu'à l'arrivée de copies fidèles des actes de Nicée. Dans le cas où les deux canons se trouveraient dans ces copies, de même qu'ils sont dans le commonitoriiim, on ne porterait cependant pas contre les Africains une accusation dont le nom seul est insup- |

portable, et ceux-ci s'assurent qu'ils ne seront jamais traités d'une i

manière si hautaine, aussi longtemps que Boniface sera pape. Du reste, ils n'avaient trouvé ces canons dans aucun exemplaire du concile de Nicée, pas plus dans le Codex grec que dans le Codex lalin, et c'est ce qui les avait décidés de faire venir de l'Orient des copies exactes des actes de ce concile. Le pape pouvait faire de même, et écrire dans cette intention à Antioche, à Alexandrie, et à Constantinople, ou enfin là où bon lui semblerait. Jusqu'à l'arrivée de ces copies authentiques ils promettaient d'observer fidèlement [135 1 les deux canons. Quant aux autres décisions du concile, les légats en informeraient le pape ^. «

Les Africains écrivirent à saint Cyrille d'Alexandrie et lui demandèrent par le prêtre Innocent une bonne copie des actes de Nicée. Cyrille satisfit immédiatement à leurs désirs, ainsi que le prouve une courte lettre de cet évêque à ce sujet ^ ; elle porte, pour répondre h une demande des Africains, que la prochaine Pâque tombera le 15 avril.

Nous avons une lettre analogue * d'Atticus, évêque de Constan-

1. On n'a pas perdu de vue qu'il s'agit toujours ici de deux canons du concile de Sardique, regardés à tort par le pape comme étant du concile de Nicée.

2. Mansi, op. cit., t. m, col. 830 sq. ; Hardouin, op. cit., t. i, col. 939 j en allemand, dans Fuchs, Biblioth. der Kirchenvers., t. m, p. 404 sq.

3. Dans Mansi, op. cit., t. ii, col. 835; Hardouin, op. cit., t. i, col. 946.

4. Dans Mansi, op. cit., t. m, col. 838 ; Hardouin, op. cit., t. i, col. 946. D'après une ancienne tradition (dans Mansi, op. cit.^ t. iv, col. 434), l'évèque Atticus aurrait aussi écrit au pape Boniface ; mais les Ballerini [loc. cit., t. m, p. 102) ont montré l'inexactitude de cette allégation. On a prétendu, en outre, qu'Atticus avait saisi l'occasion de sa réponse aux Africains, pour donner une explication sur la prétendue forme prescrite par le concile de Nicée au sujet

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