CONCILES A ARLES ET A LYON
ne ; 2) l'opinion portant que par la chute originelle le libre arbitre aurait été totalement anéanti ; 3) l'opinion que le Christ n'était pas mort pour tous ; 4) l'opinion que la prescience divine obligeait l'homme à mourir de la mort de l'âme, et que quiconque se perdait, se perdait conformément à la volonté de Dieu ; 5) l'opinion que celui qui péchait après avoir reçu le baptême mourait à cause de la faute d'Adam mais ne se perdait pas à cause de ses propres fautes : 6) l'opinion, que quelques-uns étaient destinés à la mort (deputati) et d'autres étaient prédestinés à la vie (prœdestinati) ; [600] 7) l'opinion que, depuis Adam jusqu'à Jésus-Christ, nul païen n'avait pu arriver au salut par la loi naturelle, et en prévision de l'avènement du Christ, tous ayant perdu leur libre arbitre dans nos premiers parents ; 8) l'opinion que les patriarches, les prophètes et les saints étaient entrés dans le paradis avant l'époque de la rédemption. Il condamnait ces propositions comme impies et sacrilèges, mais il croyait fermement à la grâce, sans exclure cependant les efforts de l'homme, et croyait que le libre arbitre de l'homme n'avait pas été anéanti, mais simplement diminué et affaibli (attenuatum et infirmatum) ; en outre, que celui qui fait son salut a pu être en danger au sujet de ce salut, et que celui qui se perd aurait pu faire son salut. « Il avait cru auparavant que le Christ n'était venu sur la terre que pour ceux dont il savait par avance qu'ils seraient fidèles ; mais il croyait maintenant que le Christ était également venu pour ceux qui se perdaient, et qu'ils s'étaient perdus eo nolente ; enfin, il croyait que, en prévision de l'avènement du Christ, les uns avaient fait leur salut par la loi de grâce, les autres par la loi de Moïse, d'autres enfin par la loi naturelle que Dieu a gravée dans tous . les cœurs ; mais que, depuis le commencement du monde, à cause de l'union qui existe entre le père et les enfants, nul n'avait pu être sauvé qu'en vertu du sang adorable de Jésus-Christ 1. »
Nous apprenons encore par Fauste de Riez que, de concert avec le concile d'Arles, l'archevêque Léonce l'avait chargé de réunir dans un ouvrage tout ce que le concile avait décidé au sujet de la doctrine sur la grâce et contre les prédestinatiens. Pour s'acquitter de cette mission, Fauste composa ses deux livres : De gratia Dei et humanœ mentis libero arbitrio dont le prologue dédié ad Leontium,
1. Sirraond, Conc. Gallix, t. i, p. 150 ; Hardouin, op. cit., t. n, col. 809; Mansi, op. cit., t. vm, col. 1010.
indique le contenu *, Cet ouvrage est infecté de semi-pélagianisme, [601 et, sous prétexte de combattre le prédestinatianisme,mène une campagne très vive contre saint Augustin. A la fin de ce prologue on lit : « Comme à l'issue du concile d'Arles, après les signatures données aux décisions de ce concile, de nouvelles erreurs avaient fait leur apparition, un nouveau concile tenu à Lyon ordonna des additions à l'écrit Degratia Dei, » etc. Nous n'avons plus de détails sur ce concile de Lyon, à moins qu'il ne faille lui rapporter cette indication d'après quelques anciens manuscrits : « Le saint archevêque Patiens de Lyon a présenté à ce concile un livre De ecclesiasticis dogmatibus 2. » On croit qu'il s'agit de l'écrit de Gennade qui portait ce titre, et s'il en est ainsi, il faut admettre que le concile de Lyon, comme celui d'Arles, s'est laissé dominer par le semi-pélagianisme représenté par Fausle, le trop habile évêque de Riez.