Voir plus haut, § 572, p. 131, note 5. (H. L
10. C'était une manière portative de résumer la doctrine cl les idées connues
ion LIVRE XXXI
Après lo synode, Cir('o;olrr annonça à Ion te la chréfîenté, par la bulle Audisti ^, la sentence portée contre Henri. « Vous avez entendu, mes frères, les empiétements inouïs, les assertions éhontées et hlasphcmatoires, l'eiTronterie des schismatiques; vous avez appris les mauvais Irailements et les injures prodigues à ce saint Siège apostolique, tels que jamais rien de semblable ne s'est produit... Si vous croyez réellement (\uo le Christ a donné à saint Pierre les clefs du ciel, et si vous voulez vous ménager par cet apntre l'accès au 1)onlienr éternel, vous devez
(lu pape. Deusdedit, s'il en est l'auleur, a arrangé ce qu'il avait peut-être rcouoilli parmi ces idées qui se traînent jusqu'au moment où on les dresse debout. Quant à l'ai liihulion au pape, elle accréditait du premier coup ces sentences et les jetait toules vives dans la discussion. Les dictaius furent, en leur temps, un syllabus. (H. L.)
1. Ce concile romain du carême de 1076 excommuniait Henri IV d'Allemagne avec le groupe d'évêques qui lui était resté fidèle. C'était une grave décision ot qui entraînait diverses questions de droit canonique. Deux clercs de Constance, que ce décret rendait fort perplexes, consultèrent un de leurs amis [P.L., t. cxlviii, ccl. 1141, et dans Libelli de lite, t. ii, p. 27) relativement aux ordinations laites par les simoniaques et par les excommuniés. Les consultants penchaient pour la nullité et se retranchaient derrière un texte de Prosper, un autre de saint Léon et un troisième de saint Grégoire. Le destinataire paraît fort embarrassé, enfin il estime que 1° les simoniaques et les excommuniés dont le crime et la condamnation ne sont pas notoires peuvent administrer validement les sacrements ; 2° les mêmes ministres, dans le cas où leur situation vient à être connue, ne peuvent plus administrer les sacrements. Suivent les preuves ou prétendues telles. Cette indigente doctrine manquait de tout soutien et même de logique. L'auteur s'en doutait, mais on l'avait questionné : il fallait, coûte que coûte, répondre. Et il en venait à cette solution plus qu'étrange d'après laquelle un même personnage administrera ou non les sacrements selon qu'il est disqualifié publiquement ou non. Les correspondants ne furent ni convaincus ni satisfaits et demandèrent autre chose [P. L., t. cxlviii, col. 1166 et dans Libelli de lite, t. ii.) On ne pouvait admettre que la consécration eucharistique dépendît de l'habileté avec laquelle un coupable dissimulait son crime. Quant aux ordinations, la validité et la nullité sont également soutenues par de belles raisons. Qui croire ? Et Bernold de Constance proposait d'appliquer à l'ordination la dispense que le cardinal Humbert ne consentait à accorder qu'au baptême. «^ïout fait croire que Bernold n'a pas connu l'ouvrage du cardinal. Dès lors, il est remarquable que ces deux auteurs s'accordent pour interpréter de façon identique la foj'ma sacramenti dont ont parlé saint Augustin et saint Léon. Cette forma n'est qu'une apparence, un rite extérieur ; interpréta lion «pii prouve que Bernold et Deusdedit n'avaient qu'un soupçon très lointain de la doctrine du caractère. Il va sans dire que, sur ce point, ils sont solidaires et représentatifs de la doctrine de leurs contemporains. Pareille théorie laissait admettre la possibilité de réordination. » L. Saltet, Les réordinations, 11)07, p. 209 •.:!1.
579, l'opinion sauvegarde le pape 167
comprendre le profond chagrin que nous causent ces injures... Aussi demandons-nous à votre charité de prier le Seigneur pour qu'il incline les cœurs des méchants à la pénitence, qu'il traverse leurs projets et montre la folie de qwiconque veut renverser la pierre fondée sur le Christ et cherche à détruire des privilèges divins. Les documents ci-joints vous apprendront poiirquoi et comment saint Pierre a frappe le roi d'anathème ^. » Le pape fait allusion à la sentence transcrite plus haut et qui débute ainsi : « 0 Pierre, vénérable prince des apôtres, etc. » Hugues de Flavigny ^ s'est trompé en disant que le pape avait en vue dans ce passage la bulle Audivimus quosdam inter cos, qui est plus récente. Gfrorer se trompe aussi, en supposant que le pape fait allusion à un passage aujourd'hui perdu de la chartida dont nous avons parlé ^.