Voir
9. Brouillon incorrigible, une vieille connaissance (voir le volume précédent),
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en Espagne, afin de maintenir auprès d'E valus, comte de Roccio ^ et d'autres grands, les prétentions autrefois émisse par Alexandre II ; par exemple, ({uc tous les pays enlevés aux Sarrasins devaient être regardés comme des fiefs de l'Église romaine, parce que l'Espagne avait autrefois appartenu à cette Eglise 2. De plus, Hugues était chargé d'annoncer l'élection du
dont Grégoire s'imagina persévéramment pouvoir se faire un ami. (H. L.)
1. Sous ce déguisement il faut reconnaître Ebles, deuxième du nom, comte de Rouci et de Montdidier, .4^7 de vérifier les claies, t. n, (178'i), p. 738. II avait épousé Sibille, la fille de Robert Guiscard, ce (jui l'avait fait d'emblée le beaufrère de Raymond, comte de Barcelone, une parenté suggestive pour un homme qui ne manquait pas d'idées ni de moyens d'exécution. Ebles était brave, avait même des talents d'homme de guerre (à la mode du temps), et Guillaume de Fouille lui reconnaissait autant d'adresse à enjôler son monde par de belles phrases que de capacité à s'en rendre maître par la force : facundus eraf, linguaque manuque vigebat, Gesla Roberti Wiscardi, 1. III, v. 11-16, dans Monum. Germ. hisL, Script., t. ix, p. 279; Anne Comnènc ne lui est pas moins favorable, Alexiadis, I, 12, edit. Bonn, p. 72. Ebles avait conclu une alliance avec le Saint-Siège qui songeait sans doute à débarrasser l'Espagne des Sarrasins, mais tout en se faisant la part du lion. Derrière Alexandre II on entrevoit la politique de son archidiacre qui se retrouve lors de la mission de Hugues Candide. Eblespromit tout ce cju'on vovdut ; il serait toujours temps de rei)rcndre la conversation quand on aurait chassé les Sarrasins. L'accord avait abouti à un commencement d'action ; une expédition eut lieu qui eut pour résultat la prise de Barbastro. On n'a pas la certitude cju'Ebles s'y trouvât, cependant une phrase de Suger dans la vie de Louis le Gros favorise cette opinion : Erat enim (aiiiœ inagnanimitatis ul alicjuando cum exercitu mcigno, qua solos reges deceret in Hispaniam proficisceretur, Suger, Œuvres, édit. Lecoy de la IVIarche, p. 19. Sur l'expédition de Barbastro, cf. O. Delarc, Saint Grégoire VII, t. ii, p. 395-404. (H. L.)
2. Grégoire avait en vue la Donatio Constantini, par laquelle cet empereur donnait au pape Silvestre et à ses successeurs le palais de Latran, la ville de Rome et omnes liaUœ seu Occidentalium regionum provincias, ne se réservant pour lui-même que l'Orient, cf. c. 14, dist. XCVI ; Gfrorer, Paps/ Gregorius iind sein Zeilalter, t. iv, j). 4G7 sq. La lettre du pape, Registr., 1. I, 1 ; Monum. Gregor., p. 16-17; Delarc, op. cit., t. m, p. 20-21, est catégorique : Non latere vos credimus, — ■ regnuni Ilispaniie ah antiquo proprii juris sancti Pétri fuisse, et adhuc licel diu a paganis sit occupatunt, lege tamen justitix non cvacuata, ■ — • nulli morlcdium sed soli apostolicx Sedi ex lequo perlinere. Quod enim auctore Deo semel in proprietales ecclesiarum juste pervenerit, mniicnle eo, ab usu quidem, sed ah earum jure, occasions transeuntis temporis, sine légitima concessione divelli non poterit. C'était cette lettre qu'emportait Hugues dans son portefeuille, en avait-il connaissance ? II est vrai qu'il était homme à n'être jamais dans l'embarras pour le compte d'autrui. Mais la commission aurait eu de quoi troubler un plus intrépide que lui, d'aller annoncer que le comte Ebles avait obtenu du Siège apostolique la propriété, à des conditions fixées d'avance, des provinces dont il pourrait se rendre maître.