‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 418 sur 505 · Haddan-Stubbs, Councils, t. i, p · texte numérisé non relu

Haddan-Stubbs, Councils, t. i, p

6. Calixte II avait menacé le roi de l'excommunioation et l'archevêque de Cantorbéry de la suspense, s'ils différaient plus longtemps d'autoriser le retour de Thurstin en Angleterre. Eadmcr, Hist. nov., 1. VI.

G13. CONCILES SOUS LE l'APE HONORIUS II 659

[391J assistèrent à rassemblée ^. A[)i'ès avoir Lraité, dit la Pruefalio^ un certain nombre d'affaires, le concile proclama dix-sept canons, la plupart identiques aux ordonnances des deux conciles de Londres célébrés sous Anselme de Cantorbéry (en 1102 et 1108). En voici le résumé :

1. Nul ne doit être ordonné pour de l'argent. 2. Il ne faut rien demander pour le chrême, l'huile sainte, le baptême, la pénitence, la visite des malades, l'extrême-onction, la communion et l'enterrement. 3. Rien non plus pour la consécration des évoques, la bénédiction des abbés et la dédicace des églises. 4. Nul iie doit recevoir un bénéfice d'un laïque sans l'assentiment de l'évêque. 5. On ne doit pas hériter des bénéfices. 6. Quiconque possède un bénéfice et n'entre pas dans les ordres le perd par le fait. 7. Nul ne peut devenir doyen ou prieur s'il n'est prêtre, ni archidiacre s'il n'est diacre. 8. Personne ne doit être ordonné sans titre. 9. On ne doit pas expulser un clerc de sa charge sans une sentence épiscopale. 10. Aucun évêque ne doit ordonner les diocésains d'un autre évêque. 11. Un excommunié ne doit pas être reçu par un autre évêque que le sien. 12. Nul ne doit cumuler plusieurs dignités ecclésiastiques. 13. Les prêtres, diacres et sous-diacres, et les chanoines doivent s'abstenir, sous peine de déposition, des femmes ou des concubines ; ils n'auront dans leurs maisons d'autre femme que leur mère, sœur, tante, ou en général des personnes à l'abri de tout soupçon. 14. Les clercs ne seront pas usuriers. 15. La superstition sera punie par l'excommunication. 16. Les parents par le sang ou par alliance ne doivent pas se marier entre eux jusqu'au septième degré. S'ils sont déjà mariés, on doit les séparer. 17. Lorsque des hommes, afin de se séparer de leurs femmes, s'en disent parents, on ne doit pas les écouter.

Un contemporain, l'archidiacre Henri de Huntingdon, porte une grave accusation contre le cardinal Jean de Crème : il raconte que, le jour même où il promulguait dans le concile le canon contre les clercs incontinents, il fut surpris chez une femme publique. Quelques historiens se sont empressés d'accueillir l'anecdote

1. Coll. regia, t. xxvii, col. 56 ; Labbc, Concilia, t. x, col. 912-918 ; Hardouin. Conc. coll., t. VI, pari. 2, col. 1123 ; Coleti, Concilvi, t. xu, col. 1355 ; Willdns, Conc. Drilann., t. i, p. 40G-409 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xxi, col. 327, Sur ce concile, cf. Syméoii de Durluun, dans Twyaden, Ilisl. Anglic. script, deceni, p. 257. (H. L.)

66Ô Livre xxxm

scandaleuse, mise en doute et réfutée non seulement par Baronius \ [3921 mais encore par des adversaires de l'Église, comme Bower ^. Aucun autre contemporain ne porte un.e telle accusation contre Jean de Crème, quoique le légat et la cause qu'il représentait eussent des ennemis déclarés ^.

Le légat aborda aussi l'interminable querelle enire les archevêques de Cantorbéry et d'York, qui se décidèrent à aller à Rome, avec Jean de Crème, y traiter en personne leur afi'airc ^.

Vers ce temps. Ponco, abbé de Cluny, lr(Mil)la forl ce monastère. ISOus Taxons rcnconlré cherchanl à se faiic acccpicr comme médiateur entre l'empereur J lenri V et les papes Pascal llet CalixtcII ; mais après ces honorables commencements, Ponce se livra à de telles l)rodigalités qvie, pour échapper aux plaintes de ses moines, il dut abdiquer sa charge en 1P22. Il partit j)our la Palestine, où, dans l'été de l'année suivante, il tint la sainte lance (ou ce qu'on prenait pour elle), le jour de la victoire d'Ibelim 5. Hugues II lui succéda à Cluny, mais il mourut peu de temps après et fut remplacé par Pierre le Vénérable (Pierre Maurice de Montboissier). Ponce, retour de Palestine, émit des prétentions sur Cluny, et, comme un certain nombre de bourgeois de la ville lui étaient dévoués, il attaqua le monastère à main armée, en chassa ses adversaires et donna à ses amis des bénéfices ecclésiastiques. Humbald, archevêque de Lyon, l'excommunia aussitôt et la censure fut renouvelée par le cardinal Pierre, dans un grand concile tenu à Lyon, le 26 mai 1125 ^. Ponce y fut invité à faire valoir auprès du pape ses droits prétendus sur Cluny, Pierre le Vénérable et Ponce partirent pour Rome, où ils arrivèrent au commencement d'octobre 1125. Tout d'abord, on ordonna à Ponce de donner [393j satisfaction pour le sacrilège commis, afin d'être relevé de l'excommunication. C'était, d'après le droit canon, une condition préalable et nécessaire pour ((ue l'on pût traiter

Page 1