CONCILE ROMAIN DU CAREME DE
Werner de Strasbourg, Henri de Spire, Hermann de Bambcrg, Emerich d'Auo;sbourg et Adalbéron de Wùrzbourg, i|iii auraient à justifier de leur élévation à l'épiscopat et de la façon doni il exerçaient leur charge. En cas de maladie, l'archevêque devait envoyer des fondés de pouvoir en mesure de fournir sur les suffragants les renseignements demandés. L'archevêque ne devait pas s'étonner si on convoquait pour le synode romain un plus grand nombre d'évêques de sa province ([ue de toute autre. [37] Cela tenait à son importance et aux bruits fâcheux qui couraient sur plusieurs de ses suiïragants.
Parmi eux, se trouvait Otton de Constance, auquel le pape avait communiqué les décisions du concile de 1074, et qui faisait précisément le contraire, permettant aux clercs mariés de garder leurs femmes, et autorisant ceux qui n'en avaient pas à se marier. Grégoire le convoqua donc au synode romain du carême de 1075 ; des deux lettres de décembre 1074, l'une était adressée à l'évêque, lui reprochant paternellement sa conduite, l'autre à ses diocésains, les déliant de toute obéissance à l'égard d'Otton, si celui-ci s'obstinait dans sa résistance. Le pape envoya en outre à tous les clercs et laïques d'Allemagne, une lettre les invitant à résister aux évêques qui ne feraient pas observer la loi du célibat ^.
Le 7 décembre 1074, Grégoire écrivit au roi Henri IV pour le remercier de l'accueil bienveillant qu'il avait fait aux légats, et de sa promesse de détruire dans le clergé la simonie et le concubinage. Le pape exprimait la joie (ju'il avait ressentie lorsque l'impératrice-mère Agnès et les comtesses Béatrix et Mathilde, lui avaient annoncé les bons sentiments du roi à l'égard de l'Eglise -. Grégoire notifiait ensuite à Henri la citation envoyée à l'archevêque de Mayence et à ses suffragants^; s'ils
1. Rci^i.-ilnun, 1. 11, ii. l!8 ; I. 11, n. 21» ; 1. II, n. 30; Epitsl. tullcclw, n. 3-5, 8: Momnn., Gregor., p. l'iO. 141, 143, 523-526, 528, 529, 532 ; Watterich, vp. cil., p. 490 sq.; Mansi, Coiic. atnpliss. coll., t. xx, coi. 025 sq. ; Pertz, Mon. Gerni. hist., Script., t. viii, p. 426-428 a cru à tort que la citation visait le concile du carême de 1076.
2. Regislrum, 1. II, n. 30 ; Moiium. Gregor., p. 142 ; Reg. rom. pont., n. 4903; O. Delarc, op. cit., t. m, p. 108-109. Pour la date, Dûnzelmann, dans Forschungen zur deutschen Geschichlc, t. xv, p. 526 : Beyer, mcme revue, t. xxi, n. 411. (TI.L.)
3. Regialntin, 1. 11, n. 29 ; Monunt. Gregor., p. 141 sq. (IL L.)
refusaient d'y déférer, le pape priait le roi de les y contraindre et d'envoyer de son côté à Rome des hommes sûrs, qui pourraient faire connaître le vérilable état des choses. Il assure le roi qu'il prie pour lui à la messe, afin que Dieu le rende heureux pour lui-même et pour l'Eglise. Grégoire était moins satisfait de la coiiduite d'Henri à l'égard de l'Eglise de Milan, oiî il favorisait l'archevcque intrus Godfried ^. Néanmoins le pape se déclarait disposé à des concessions, si le roi lui faisait connaître les motifs qui pourraient motiver l'annulation des décisions [38] antérieures sur cette affaire ^.
Le même jour, Grégoire adressa une seconde lettre au roi pour le détourner d'écouter les brouillons qui voulaient semer la zizanie entre eux afin d'échapper à la peine réservée à leurs crimes, allusion aux évcqucs déconsidérés vivant à la cour. Il annonçait que les chrétiens d'Orient ont imploré son secours contre les mauvais traitements qu'ils ont à subir. A son appel plus de cinquante mille hommes sont prêts, en deçà et au delà des Alpes, à guerroyer sous sa conduite, contre les ennemis de l'Église, et aller délivrer le Saint-Sépulcre. C'est une belle occasion pour réunir l'Orient à l'Eglise ; il lui incombe de réaliser cette œvivre désirée par la plupart des Orientaux. Il demande qu'Henri l'aide de ses conseils et de ses troupes si, avec le secours de Dieu, il se rend de sa personne en l'Orient, son intention est de confier, au roi après Dieu, son Eglise romaine ^. — dès le 1^^ mars 1074 Grégoire avait fait appel à toute la chrétienté, engagé les fidèles à secourir les chrétiens d'Orient et avant