CONCILE DE CONSTANTINOPLE
fti anoméen. L'empereur Texila d'abord à Mopsueste en Cilicie, " ^jjime Auxence, évêque de cette ville, l'avait trop bien reçu, on
1 relégua à Amblade en Pisidie ^, d'où il put répandre plus loin
doctrines, et écrire un mémoire justificatif que nous connaisg par la réfutation qu'en a donnée saint Epiphane ^. Les revers frappèrent bientôt les semi-ariens ; les acaciens avaient contre eux plus de haine que contre les anoméens, et ils avaient f-t jjyggi une plus grande affinité avec ces derniers» Mais, les semiariens ayant signé à Séleucie et à Rimini le même symbole que les acaciens, jouissaient d'un certaine faveur auprès de l'empereur, ce qui empêcha ces acaciens de les saper au nom de l'orthodoxie : toutefois ils firent usage contre eux de toutes sortes de calomnies. Le premier semi-arien dont ils obtinrent la déposition fut Macédonius^ évêque de Constuntinople, accusé d'avoir communiqué avec un diacre convaincu de luxure. Il avait en outre occasionné la mort de plusieurs personnes^ lorsqu'il avait fait porter de force, et sans tenir compte de la résistance d'une partie du peuple, le corps de Constantin le Grand d'une église (qui tombait en ruines) dans une autre. Le sang avait coulé à flots dans cette affaire et l'eau baptismale en avait été rougie ^. Eleuse, évêque de Cyzique, fut également déposé pour avoir baptisé et immédiatement ordonné diacre un prêtre d'Hercule qui était également magicien. Le même sort atteignit Basile d'An cyre, chef des semi-ariens. Il fut convaincu de brutalité à 1 égard de plusieurs clercs et d'abus de pouvoir en requérant les fonctionnaires impériaux pour faire maltraiter, emprisonner, enchaîner et bannir d'autres clercs qui étaient ariens purs. Il avait, de plus, excité contre Germinius de Sirmium le clergé de la ville épis-
Philostorge, Epit. kist, eccles., 1. III, c. xv, à 1. IX, c. vi, P. G., t. lxv,
col 502 sq.; Socrate. ffcst. eccles., 1. II, o. xxxv, P. G., t. lxvii, col. 298-
299; Sozomène, Hist. eccles,, 1. III, c. xv ; 1. IV, c. xii-xvi, xxiu-xxiv ; 1. V,
'^•^A G., t. LXVII, col. 1086, 1149-1159, 1186-1194, 1230; ïhéodoret, 1. II,
'^•wx, xxin-xxv, i>. G., t. Lxxxii, col. 1059, 1067-1075 ; Baronius, Annales,
^ï^n- 356, n. 119-123; aan. 357, n. 76-79; anii. 359, n. 88-97; Tillemont,
^^"^'hist. eccles., in-4, Paris, 1704, t. vi, ^ria/wsme, articles 64-65,73-74,
/'"92, 98 ; G. Wurm, Dissertatio de rebus gestis Aetii^ iu-4, Bonn, 1844 ;
• 1^« Bachelet, Aetius, d»ns le Dictionn. de théoL cathoL, t. i, col. 516-517. (B.L.)]
!• Philostorge, Epist. hist. eccles., 1 V, c. i, ii, P. G,, t. lxv, col. 528 sq. ^- S. Epiphane, ffœres., lxxvi, P, G , t. xliï, col. 519-639. (H. L.)
2 • Socrate, ffist. eccles., l. II, c, xxxviii, xlii, P, G., t. lxvii, col. 324 sq., *^'* Sozomène, Hist, écoles. ^ 1. IV, c. xxiv, P, (?., t. lxvii, col. 1188 sq.
LIVKE V
copule et occasionné des troubles en lllyrie, en Italie et en AfH et enfin il s'était, une fois, rendu coupable de parjure i. On io'r, * s'il présenta sa défense ; peut-être lui fut-elle interdite, ainsi o 'n arriva à Eustathe de Sébaste, accusé d'avoir été déjà déposé par propre père pour port d'habits indignes d'un clerc, déposé H nouveau par Eusèbe de Constantinople, enfin excommunié par concile de Néocésarée ^. Ce même évéque avait été déposé le concile de Gangres, pour ses opinions et pour sa conduite 3 Furent également déposés Ileortase de Sardes, Draconce de Pergame, Silvain de Tarse, Soplirone de Pompélopolis, Elpide de Satala Néonas de Séleucie * et saint Cyrille de Jérusalem. Ce dernier déposé pour s'être ligué avec Eustathe de Sébaste, Elpide, Basile d'Ancyre et Georges de Laodicée, On motiva cette déposition en disant que, dans un temps de détresse, Cyrille avait vendu les vases et objets sacrés de l'Église ; mais le véritable motif était que, depuis longtemps, Cyrille ne voulait pas, en sa qualité d'évêque de Jérusalem, reconnaître à Acace, évêque de Césarée, les droits de métropolitain, et c'était pour cette raison qu'il avait été déjà déposé une fois par Acace ^.
Dans toutes ces dépositions, les acaciens s'étaient conduits d'une manière brutale et illégale, étant k la fois juges et accusateurs; aussi saint Grégoire de Nazianze et saint Basile n'ont-ils parlé de ce concile de Constantinople qu'avec sévérité ^. Mais Constance confirma les décrets du concile, exila les évêques déposés et disposa de leurs sièges. C'est ainsi qu'Eudoxe d'Antioche fut, le 27 janvier 360, transféré à Constantinople à l'époque précise de la dédicace solennelle de l'église de Sainte-Sophie commencée par Constance en 342 '^, Les acaciens firent nommer k l'évéché de Cyzique
1. Socrate, HisU eccles., 1. II, c. xlu, P. G,, t. lxvii, col. 350 sq. ; Sozorneoe, loc, cit,
2. Socrate, Hist. eccles., 1. Il, c, xliii, P, G. y t. lxvii, col. 353 sq, ; Sozomène, loc. cit.
3. D'après Sozomène, loc. cit,, la déposition d'Eustathe au concile de uan» gres avait eu Heu avant sa déposition à Conslantinople, en 360. [Le concile Gangres étant de 343, d'après le Synodicon orientale, p. 278, note 4. (H. 1^)J