‹ Histoire des conciles d'après les documents originauxChapitre 65 sur 403 · LE CONCILE d'ANTIOCHË · texte numérisé non relu

LE CONCILE d'ANTIOCHË

Gan. 15.

Lorsqu^un évêque a été accusé de diverses fautes et que tous 1 évéques de Téparchie ont été unanimes à porter sur lui un jugement défavorable, ce jugement est sans appel; il ne peut être révisé oar d'autres évéques ; cette unanimité des évéques de l'éparchie le rend irrévocable ^.

Gan. 16.

Si un évêque sans diocèse s'introduit dans un évêché vacant, et s'empare du siège épiscopal sans l'autorisation d'un concile proprement dit, il doit être déposé, quand même il serait parvenu h se faire élire par l'Église qu'il a occupée par intrusion. Un concile proprement dit est celui auquel assiste le métropolitain ^.

Can, 17.

Si, après avoir reçu la consécration épiscopale et le pouvoir de juridiction, un évêque néglige de remplir son ministère et s'obstine à ne point se rendre dans l'Eglise pour laquelle il a été ordonné, il doit être excommunié jusqu'à ce qu'il se voie dans la nécessité d'accepter ce qui lui est offert ou bien un concile des évoques de l'éparchie statuera sur son cas ^.

Can. 18.

Si après avoir reçu la consécration épiscopale un évêque ne peut se rendre dans l'Église qui lui est destinée, non par sa faute mais parce que son peuple refuse de le recevoir, ou pour tout autre motif indépendant de sa volonté, il conservera son rang, et les honneurs qui y sont attachés ; il aura soin seulement de ne pas s'ingé-

1. Causa VI, quest. iv, can 1. Ce canoa ne défend pas, en général, d'en appeler à une autorité, supérieure, par exemple à Rome (voyez le concile de Saraique, c, 3-5) ; il ne vise que le cas particulier du tribunal de première instance rendant une sentence à l'unanimité. Cf. Ballerîni dans S. Leonis, Opera, t. Il, p. 943.

2 Causa VI, quest. iv, can. 5. Le concile œcuménique de Chalcédoine a, dans sa xie session, rappelé ce canon, qui est le 95« dans sa collection. Une partie "* canon de Nicée émet des prescriptions semblables.

^- Dist. CXII, can. 7. La première partie du 37e canon apostolique renferme ^ûe prescription analogue • ce 17* canon du synode d'Anlioche a été, à part H'^elques variantes, renouvelé par le concile de Chalcédoine (sess. xi), et dans ^ collection de ce dernier concile il forme le u. 96. Hardouin, Collect» '«"»l., t. «, p. 551.

rer dans les affaires de TÉglise où il se trouve el il acceptera la r décision que le concile de Teparchie prendra à son sujet '^.

Can. 19.

Un évêque ne peut être sacré sans concile et sans la présenc du métropolitain de l'éparchie. F^a présence du métropolitain ne rend pas moins souhaitable celle de tous ses collègues de l'cparchie; le métropolitain les convoquera par lettres. Si tous viennent, ce sera pour le mieux; si cela est difficile, il faut que la majorité au moins des évêques soit présente, ou qu'elle envoie par écrit son assentiment à l'élection. L'intronisation (d'un nouvel évêque) n'aura lieu qu'en présence de la majorité des évêques de l'éparchie, ou avec l'approbation écrite de cette majorité. Si on contrevient à la présente ordonnance, le sacre sera invalide; si, au contraire, tout se passe selon les règles et si quelques-uns font de l'opposition par esprit de dispute, le vote de la majorité décidera la question ^.

Can. 20.

Pour le bien de l'Eglise et la solution des affaires contestées on a sagement décidé qu'il y aurait, chaque année, deux conciles dans chaque éparchie, le premier se tiendra après la troisième semaine qui suit la Pâque^ de manière à se terminer dans la quatrième semaine de la Pentecôte ^ ; le métropolitain doit y convoquer ses collègues de l'éparchie. Le second concile se tiendra aux ides d'octobre (15 octobre), c'est-à-dire le 10 du mois asiatique d'hyperbérété. A ces conciles pourront comparaître les prêtres qui se prétendent lésés et le concile examinera leur cause.

Il n'est pas permis aux évêques de tenir concile entre eux sans en avoir reçu la mission du métropolitain "*.

Can. 21.

Un évêque ne doit pas passer d'un diocèse dans un autre, s'en

1, Dist. XGII, eau. 5. Voyez la seconde partie du 37e canon apostolique.

2, Dist. LXV, can, 3, Cf. les canons 4« et 6e du concile de Nicée.

3. On appelait nevTSxo<7TY)ç le temps qui s'écoulait entre la fêle de Pâques et celle de la Pentecôte ; cette expression de la quatrième semaine de la Pentecôte signifie donc la quatrième semaine après la Pàque. Voir Beveridge, Annot ad canon 87 apostoL

4. Dist. XVIII, can. 4. Can. apost, 38ö et can. Nicaen. 5. Cf. Kober, op, cit, p. 222.

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