‹ Histoire des corporations de métiersChapitre 4 sur 214 · AVANT-PROPOS V · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS V

naulés différentes d'esprit et de traditions ont été fondues en une seule, a enlevé à la corporation sa meilleure défense , l'esprit de corps, sans d'ailleurs corriger ses abus, ni élargir ses règlements. Sa résurrection aura été éphémère et elle disparaîtra au premier souffle de la Révolution.

Indiquons brièvement les sources principales auxquelles nous avons puisé :

Origines DE LA CORPORATION. — Pour les collèges d'artisans : les historiens de Rome, le Digeste, le CodeThéodosien, le Codede Justinien, les Novelles; — les recueils d'épigraphie latine d'Orelli, de Steiner, de Gruter, de Mommsen, de de Boissieu.

Pour les guildes germaniques et anglo-saxonnes : les travaux de Wilda, d'Hartwig, d'Otto Gierke, de Lujo Brentano, de Max Pappenheim et de Gross. Les statuts des guildes anglo-saxonnes sont analysés d'après les textes originaux publiés: 1" par Toulmin Smith sous ce titre : More than hundred early english gilds, Londres, 1870, et 2'* par M. Gross dans le second volume de son ouvrage, The gild werchant. A contrihutlon to english municipal history. Oxford, 1890.

Statuts et règlements des métiers. — Nous avons consulté à cet égard : le Livre des Métiers dont deux éditions ont été publiées l'une par M. Depping, l'autre par MM. de Lespinasse et Bonnardot ; — les recueils des statuts corporatifs publiés par les diverses communautés ; — le Guide des corps des marchands et des communautés d'arts et métiers, Paris, 1766, in-8®, — la collection des Ordonnances des Rois de France \ — le Recueil des anciennes lois

VI AVANÏ-PROFOS

françaises de M. Isambert; — le Traité de police de Lamare, 1705-1738; — Métiers et corporations, recueil des statuts des métiers parisiens publiés par M. de Lespinasse dans la collection de l'histoire de Paris ; — les Etudes sur C industrie auXIW siècle par M. Fagniez (Paris, 1877).

Aux Archives Nationales, nous avons consulté sur les statuts corporatifs: \di Collection Rondonne€Ui (AD XI, 12 à 28 et AD XI, 42), les documents relatifs aux maîtrises et jurandes cotés K. 1030 à 1032 et le Livre des Métiers^ coutumes et péages de Paris, au XIV siècle (KK. 1337).

A la Bibliothèque Nationale, département des manuscrits, nous avons consulté les Ordonnances et documents sur les métiers (Ancien Fonds Colbert. Fonds français 5294 ; — Ancien Fonds Saint-Germain 1782 et 1783)\ les Ordonnances sur les arts et métiers F. fr. 8075 à 8100; — les arrêts du Parlement relatifs aux métiers conservés sous les cotes 8114 et 8115; — la Table d'Ordonnances et pièces relatives aux Métiers d'après les livres de couleur du Châtelet (8617), les Extraits des registres du Chàielet (21556), X^Code de police de La Mare {2ib57k 21559), les Ordonnances et pièces diverses tirées des Livres de couleur (Ancien Fonds Saint-Victor. F. fr. 24070).

PbOCKS entre métiers ou entre MAITRES, OU ENTRE MAITRES ET VALETS; LITIGES RELATIFS A l' APPRENTIS- SAGE^ etc. — Boutaric, Actes du Parlement de Paris; — Olim, édition Beugnot; — Fagniez, op. cit. — Levasseur, Histoire des classes ouvrières en France^ 1857.

1, Le volume coté 18783 renferme un curieux Recueil des ordonnances de la prévôté des marchands orné de vignettes représentant les attributs des divers métiers en l'an 1500

wt

AVANT- PROPOS VJI

Les Archives Nationales conservent parmi les archives du Châtelet des registres cVaudience de la prévôté de Paris (1395-1563), cotés Y 5220 à 5246 et des Avis du procureur du Roi relatifs à des con^ testations entre maîtres des métiers^ Y 9372 à 9396. Dans Timpossibilité de dépouiller complètement des collections aussi considérables, nous avons spécialement étudié plusieurs des volumes qui les composent et nous leur avons fait divers emprunts.

Comptes des communautés. Finances corporatives. — Les Archives Nationales possèdent parmi les archives classées sous la rubrique Commissions e:rtraordinaires du Conseil du Roi deux séries de documents, la première cotée V^ 420 à 443, relative à la révision des comptes des communautés au XVIIl* siècle, la seconde cotée V 277 à 296, relative à la liquidation des dettes des communautés supprimées. Nous avons étudié une grande partie de ces documents et nous en avons extrait divers ren.seignements et citations.

Condition économique de l'artisan. Salaires. Statistique DES métiers. — Nous avons consulté à ce sujet divers ouvrages anciens, et modernes notamment Bois Guillebert, le Détail de la France, — Vauban, Dime royale, — Dutot, Réflexions sur le commerce (1735); - Dupré de Saint-Maur, Essai sur les monnaies (1746), in-4**. — Levasseur et Fagniez, op. cit. — Natalis de Wailly, Dissertation sur les dépenses et les recettes ordinaires de Saint-Louis^ tome XXI du Recueil des Historiens de la France. — Géraud, Registre de la Taille de 1292 (1837). — Leber, Essai sur Cappréciation de la fortune privée au Moyen-Age,

VllI AVANT-PROPOS

(1847). — Lefort, Essai sur les salaires au XVIII^ siècle dans la généralité de Rouen. — D'Avenel, Histoire économique de la propriété^ des prix et salaires de l'an 1200 à 1800; — enfin aux Archives Nationales diverses pièces cotées KK. 1338 et 1339.

Elections des jurés. — On conserve aux Archives Nationales les Minutes d'élection des gardes des métiers (de 1725 à 1786) cotées Y. 9396. Nous avons consulté ces minutes dont l'intérêt est d'ailleurs médiocre, car elles ne contiennent guère que les noms des élus et le chiffre des voix obtenues.

Affaires diverses. — Sur le fonctionnement des institutions corporatives et les affaires multiples auxquelles les corporations ont été mêlées, nous avons étudié au moins en partie les documents originaux suivants : aux Archives Nationales, les Registres des Jurandes et Maîtrises (de 1585 à 1789) (Y. 9306 à 9334), les Lettres des communautés d'Arts et Métiers (1776- 1786) (F^* 204 à 206), correspondance du contrôleur général avec les intendants et les procureurs du roi dans les provinces relative à la réorganisation des communautés, Y Inventaire de leurs papiers (F^* 207), mais surtout les Registres des Six Corps des Marchands (KK. 1340 à 1343), où se trouvent relatés jour par jour^ de 1620 à 1789, tous les événements remarquables et toutes les délibérations importantes des Six Corps. Nous avons fait de larges emprunts à ce répertoire dont, à notre connaissance du moins, les précieuses richesses n'avaient pas encore été utilisées \

1. En dehors des sources indiquées ci-dessus nous avons consulté un très grand nombre d'ouvrages dont on trouvera

aVant-phopos IX

Si cet ouvrage avait un caractère purement historique , il devrait avoir pour terme la loi du i7 mars 1791 qui a supprimé les corporations de métiers. Mais il nous a paru qu'assigner de telles limites à notre travail c'eût été renoncer à tirer de riiistoire des corporations l'enseignement qu'elle comporte, cette haute leçon de Texpérience des siècles que le présent est en droit de demander au passé. Aussi bien, la loi du 17 mars 1791 a pu supprimer la corporation.de métier; mais elle n'a pu mettre à néant le principe supérieur dont cette institution n'était plus que l'imparfaite expression : le principe de l'association professionnelle, cette idée éternelle de l'union entre les travailleurs d'un même corps d'état, de la solidarité entre tous ceux qu'un même genre de vie rapproche et qui coopèrent à la même œuvre. Cette persistance de l'idée corporative s'est affirmée presque au lendemain même de la loi de 1791 par les pétitions des corps d'état qui sous l'Empire et la Restauration réclamaient le rétablissement des anciennes communautés; elle s'est affirmée à nouveau sous Louis-Philippe par les écrits des Bûchez, des Yilleneuve-Bargemont, des La Farelle; en 1848, par les associations ouvrières et coopératives qui se sont organisées à cette époque ; sous Napoléon III par la constitution des premières chambres syndicales ouvrières et la multiplication des syndicats patronaux. Enfin on peut dire que l'idée corporative a remporté une première victoire parla loi du 21 mars 1884 qui, en abrogeant la loi du

rindication dans les notes. M. Blanc a publié en 1885 une excellente Bibliographie des GorporaUons ouvrières (en 1141 numéros) qui nous a été d'un grand secours.

Page 1